Téhéran, un après-midi de jour férié; il règne pourtant une activité fébrile. Monsieur Badii parcourt en Range Rover les faubourgs puis les petites routes des collines désertiques alentour, au milieu de chantiers et de carrières. Il s'arrête auprès d'hommes qu'il croise et leur pose une étrange question : accepteraient-ils un travail vite fait et bien payé ? L'un d'eux, que Badii a entendu avouer au téléphone des besoins d'argent, se méprend même sur cette proposition et semble furieux.

M. Badii ramène un jeune soldat originaire du Kurdistan vers sa caserne et précise ce qu'il veut : il va se suicider dans un trou qu'il a déjà creusé, en contrebas de la route, près d'un arbuste; il faudra venir le demain matin à six heures s'assurer de sa mort puis ensevelir son corps avec vingt pelletées de terre. Il montre l'endroit au soldat, qui s'enfuit en courant. Reprenant son périple en voiture dans les collines, il aperçoit une section de soldats. Un peu plus loin, il se retrouve dans le fossé. Un groupe de gens le secourt.

Le candidat au suicide renouvelle l'offre auprès du gardien d'une cimenterie. Pas de succès; même refus chez l'homme que le gardien héberge, un séminariste afghan qui ne veut pas être complice d'un geste interdit par la religion. Badii repart sans partager une omelette avec eux. Plus loin, il est fasciné par une machine qui concasse et trie de grosses pierres.

Il rencontre ensuite un vieil homme, qui braconne des oiseaux pour le musée d'histoire naturelle, dont il est taxidermiste. Ce dernier, bien qu'opposé au suicide après y avoir songé il y a longtemps, accepte le marché. Durant le trajet en voiture vers le musée, il s'efforce de présenter toutes les joies qu'offrent la nature et la vie, dont " le goût de la cerise". Badii semble touché par ses paroles. Ils se donnent néanmoins rendez-vous le lendemain près de l'arbre. La nuit tombe, Badii passe chez lui, repart en taxi avec ce qu'il faut pour mourir, s'allonge dans le trou. Un orage éclate, des éclairs trouent la nuit... Écran noir.

Rupture. Des images vidéo montrent le tournage de jour, près de l'arbre et du trou; la nature semble revivre, les soldats (des figurants ?) jouent avec des fleurs, on aperçoit même furtivement Abbas Kiarostami, portant ses lunettes teintées, qui annonce la fin du tournage...

 

Test du DVD

Editeur : MK2, mars 2007. : 95’ - Durée du DVD : 170’ Format image : 1:66 - Version originale farsi stéréo - Sous-titres et menus : français

   
Alalyse du DVD

Suppléments :

  • Préface de Jean-Michel Frodon, directeur de la rédaction des Cahiers du Cinéma (7’)
  • “Projet”: making-of réalisé par Bahman Kiarostami (44’)
  • Séquences commentées par Jean-Michel Frodon (16’)
  • La collection Abbas Kiarostami (8’)

Retour à la page d'accueil

Le goût de la cerise

(Ta'm e guilass). Avec : Homayon Ershadi (Mr. Badii), Abdolrahman Bagheri (Mr. Bagheri), Afshin Khorshid Bakhtiari (un soldat), Safar Ali Moradi (un soldat) et Mir Hossein Noori (le seminarien). 1h39.

1997
dvd chez Mk2
Genre : Road-movie