Intolérance
1916
Genre : Drame épique

Dans ce film destiné à stigmatiser l'intolérance, quatre histoires s'entremêlent.

1914. Le jeune homme aime sa bien aimée qui vit misérablement car elle n'a pas d'argent. Reconnu coupable d'un crime dont il est innocent, le jeune homme est condamné à être pendu. Il est sauvé au dernier moment.

La vie du Christ. Les Noces de Cana. Le chemin de croix. Le calvaire.

1572. Le soldat catholique Prosper Latour s'éprend de "Brown Eyes", fille de Huguenots. Catherine de Médicis fait signer l'ordre de massacre des Huguenots. La Saint Barthélemy. Prosper et celle qu'il aime sont tués.

539 avant J.-.C. Cyrus marche avec son armée sur Babylone. La ville est prise et la fille de la montagne est mortellement blessée.

Analyse de Jacques Lourcelles :
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Le succès colossal de Naissance d'une Nation ainsi que certaines critiques que Griffith avait dû personnellement supporter, principalement sur le racisme, décuplèrent ses ambitions et le poussèrent à imaginer un film dont le gigantisme et le message à portée universelle imposerait silence à tous. A partir du noyau de The mother and the law, mélodrame contemporain terminé avant d'entreprendre Naissance d'une Nation, il greffa ainsi trois métaphores historiques : la chute de Babylone, la crucifixion du Christ, la saint Barthélémy pour donner à l'ensemble une ampleur spatio-temporelle jamais vue. Le tournage allait durer 16 semaines et coûter 400 000 dollars (chiffre énorme pour l'époque que les échotiers puis les historiens multiplièrent généreusement par cinq).

Le film perdit l'équivalent de la moitié de son budget et laissa Griffith endetté pour longtemps. Pour récupérer un peu d'argent, il remonta et sortit séparément en 1919 l'épisode moderne sous son titre initial, The mother and the law et l'épisode babylonien sous le titre The fall of Babylon.

L'épisode The mother and the law présente seul quelque originalité formelle. Il est basé sur le massacre de Ludlow, au Colorado, où plusieurs dizaines de grévistes d'une mine de Rockfeller trouvèrent la mort. C'est un mélodrame dans la lignée des nombreux courts métrages tournés par Griffith pour la Biograph, auquel est donné un accent social plus prononcé.

L'épisode du christ évoque les passions produites par Pathé et tournées autour de 1900, tableaux vivants à caractère édifiant. L'épisode de la saint Barthélémy se réfère aux films d'Art et notamment au célèbre Assassinat du duc de Guise de Calmettes (1908) auquel il emprunte cette théâtralité solennelle et rigide qui impressionna tant les cinéastes dans le monde entier. The Fall of Babylon est clairement inspirée des premiers péplums italiens, Quo vadis de Guazzoni (1912) et Cabiria de Pastrone (1914) que Griffith révait d'égaler
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Jacques Lourcelles

 

(Intolerance). Avec : Mae Marsh (la bien-aimée, 1914), Robert Harron (Le jeune homme, 1914) , Howard Gaye (Le christ), Lillian Langdon (Marie), Olga Grey (Marie Madelaine) , Margery Wilson (Brown Eyes,1572), Eugene Pallette (Prosper Latour, 1572), Elmer Clifton (Le Rhapsode), Alfred Paget (le prince Belshazzar), Seena Owen (la princesse), Lillian Gish (La mère éternelle). 2h43.