Une grande salle nue et presque vide. Au centre des pupitres de musiciens. Le copiste, une sorte de vieux clown, sautillant et hilare, dispose des partitions sur leurs supports. Il explique aux spectateurs du film qu'une répétition d'orchestre va se tenir dans ce lieu qui est un oratoire du XII' siècle désaffecté. Peu à peu, les artistes arrivent et s'installent. Ce sont des gens ordinaires, certains pittoresques. Ils tiennent des propos prosaïques, tantôt drôles, tantôt ridicules. Une équipe de télévision est censée être là pour interroger les musiciens de l'orchestre, mais nous ne verrons jamais cette équipe dans le film, nous entendrons seulement la voix de l' " interviewer".

La répétition commence. Le chef d'orchestre, peu patient, s'énerve. Il a un accent germanique très prononcé. A la suite d'un différend avec le délégué syndical, la répétition s'interrompt. Pendant cet entracte, les musiciens s'ébrouent. Le maestro répond à son tour à l' " interviewer " de la télévision. Il se montre hautain, blasé, cassant.

Quand il reprend sa place au pupitre, il trouve son orchestre en pleine effervescence contestataire; les murs sont barbouillés de slogans et graffitis vengeurs.

Ce long " happening " de défoulement cesse brusquement lorsque l'un des murs de l'oratoire s'effondre à la suite d'un mystérieux coup de bélier. Tout le monde prend peur devant ce qui semble être une menace extérieure. Le chef reprend son orchestre en main et le conduit avec de plus en plus d'arrogance et de colère. Ses réprimandes sont clamées sur un ton guttural qui rappelle les discours hitlériens.

 

Film a petit budget pour la télévision. Le film sera regardé comme une fable sociale, métaphore du désordre où sombre l'Italie prête à basculer dans le fascisme. Mais Fellini affirme qu'il s'agit d'un "apologue éthique" où la cacophonie d'un orchestre durant les répétitions ne sert qu'à mettre en valeur l'harmonie qui lui succède. Le film est dédié à Nino Rota, disparu le 10 avril 1979.

Prova d'orchestra
1978
(Prova d'orchestra). Avec : Balduin Baas, Clara Colosimo, Elisabeth Labi.