Avec : Robert de Niro (Don Vito Corleone), Al Pacino (Mike Corleone), James Caan (Sonny Corleone), Robert Duvall (Tom Hagen), Diane Keaton (Kay), John Cazale (Fredo corleone). 2h20.
Depuis
la mort de Don Vito Corleone, son père, Michael Corleone règne
sur la "famille". Il est ainsi amené à négocier
avec Hyman Roth le chef de la Mafia juive, malgré l'opposition d'un
de ses lieutenants Frankie Pentangeli. Michael Corleone échappe à
un attentat il fait semblant de croire que Frankie en est l'instigateur tout
en soupçonnant en fait Hyman Roth. À Cuba, Michael règle
définitivement sa transaction avec Hyman Roth et il tente de faire
assassiner ce dernier. L'opération échoue et Michael découvre
que le traître n'est autre que son propre frère, Freddie Corleone.
De plus, une enquête sénatoriale met en cause Michael en révélant qu'il est l'un des chefs de la Mafia américaine. Frankie refuse heureusement de témoigner contre Michael mais Kay, la femme de Michael, le quitte.
Entouré d'ennemis. Michael voit au contraire le nombre de ses amis diminuer et il décide alors, se souvenant des méthodes de son père, de passer à l'offensive. Hyman Roth est tué. Freddie Corleone est assassiné au cours d'une partie de pêche. Michael se sent plus seul que jamais et voit sa famille et son empire commencer à se désintégrer.
Le
parrain 2 est la suite du Parrain. Mais, paradoxe,
il en est également la première partie, racontant de nombreux
faits se déroulant avant le début du premier film. En effet,
si nous assistons à l'intronisation et à la prise de pouvoir
du fils de Vito Corleone, Michael (Al Pacino), un retour en arrière
nous fait découvrir quels étaient les débuts de ce fameux
Vito (interprété cette fois par Robert de Niro et non par Marlon
Brando comme dans le Parrain), émigré
sicilien.
Les deux prises de pouvoir sont montées en parallèle. Mais alors que Vito construit une famille autour de lui, Michael détruit sa famille proche en voulant rester un Parrain. La catastrophe, la solitude, va avoir lieu, Michael faisant le vide autour de lui. C'est la rupture de ce lien familial que Coppola présente comme l'aspect le plus tragique du monde du crime, et non la corruption d'un sénateur ou les mensonges de Mike devant la commission d'enquête du Congrès.
Le parain 2 commence comme le 1. C'est le moment sacré d'une première communion et Mike vaque lui aussi à ses affaires en forçant un sénateur à lui accorder une patente de jeu à Las Vegas. Mais à la joie poulaire du mariage à l'Italienne s'est substitué une fête vulgaire qui révèle à quel point la famille s'est éloignée de ses origines. Pignatelli s'en rend compte quand, pris de boisson, il reproche à Michael de s'être coupé de ses racines ; son frère Fredo, accompagné d'une blonde ivre et complotant une trahison, incarne ce changement.
Les raisons qui justifient en partie les actions de Vito- la famille, le voisinage, le devoir- sont inconnues de Michael. Coppola a dit du premier film qu'il était "l'épopée classique sur les chefs" et du second qu'il montrait " la succession du pouvoir et le fait que la Mafia a cessé de n'être qu'une forme de gangstérisme pour devenir partie intégrante du credo américain, selon laquelle toute chose est bonne aussi longtemps qu'elle rapporte de l'argent".
Lorsqu'il parcourt les rues de New York, Vito Corleone vole les riches et donne aux pauvres. Il tue l'élégant Don Fanucci qui s'en est pris à des gens sans défense ; c'est un redresseur de tort qui a le sens de l'honneur. Vito reste une figure teintée d'héroïsme ; on le reconnaît comme le "Don" qui aide les pauvres. Il élimine la Main Noire avec une brutalité désinvolte durant la procession de San Gennaro. La tuerie se déroule sur fond de fanfares, et la Madone est couverte de dollars, symbole de la foi. Lorsque Michael se rendra à Cuba, il ne comprendra rien aux changements politiques. Il abat sans raison fondée son vieil ennemi, et faux associé de Cuba, Hyman Roth.
Il accepte le retour repentant de Connie, mais agresse le fidèle Tom Hagen (Robert Duvall) en néglige sa femme Kay (Diane Keaton) qui avorte de leur troisième enfant et deuxième fils ce qui entraîne le divorce irrémédiable. Et surtout fait supprimer sur le lac son frère qui l'avait autrefois trahi. Perdant sa femme et son fils il se retrouve seul avec un pouvoir sans limites et un avenir stérile.
A la fin du film, comme par ironie, Coppola nous montre l'autre moment de la vie de Mike Corleone où celui-ci s'était trouvé seul, lorsqu'il était l'unique fils à partir pour la guerre, celui sur lequel le vieux Don Vito concentrait ses espoirs de respectabilité et pour lequel il convoitait peut-être la Présidence des Etats-Unis.
Au rayonnement de l'amour que le jeune Vito porte à sa famille- lorsqu'il regarde sa femme et son fils avec une tendre attention- succèdent des paysages enneigés, des jouets abandonnés, une porte que Michael claque au visage de Kay et la certitude que Kay a choisi d'avorter parce qu'elle ne supporte pas de mettre au monde son enfant dans un milieu aussi corrompu.
Coppola tente en effet aussi de cerner ce que Kay Corleone appelle la "chose sicilienne", vieille de "presque deux mille ans" en assimilant la vendetta à une maladie. Un enfant arrive aux Etats-Unis porteur d'une maladie, la vendetta. Nous sommes en 1901 et l'enfant essaie d'échapper à l'homme qui a tué son père, sa mère et son frère. Il débarque d'abord à Ellis Island, où on lui donne le nom de sa ville natale, Corleone. On découvre qu'il est porteur du de la variole et on le met en quarantaine.
source : Les enfants terribles du cinéma américain, Michael Pye, Lynda Myles, pp 103-108
