Valençay, une ville
de province de moyenne importance. Le député maire, un prévaricateur de droite,
ne pouvant satisfaire son épouse, Lucienne Delamare, midinette sortie du rang,
celle ci se jette dans les bras d'un conseiller municipal Pierre Maury qui
affiche avec prudence des idées de gauche. Leur passion devient dévorante.
Pierre empoisonne sa femme, toujours malade et les amants assassinent le maire
qui voulait le sfaire chanter. La fille de Lucienne relance l'enquête : les
coupables avouent.
Le film s'ouvre
sur une citation d'Eschylle tirée des Euménides (actes IV scène 1): Oreste:
"Déesses, décidez si je suis innocent ou coupable. Quel que soit votre arrêt,
je m'y soumets". Minerve: "Cette cause est difficile. Quel mortel oserait
la juger ?"
Construction dramatique solide : 10 mn sur la situation actuelle: l'adultère. 20 mn. de flash back sur cette relation coupable vécue sur le mode idyllique. 20 mn d'amours coupables jusqu'à leur découverte par le mari. 25 mn pour mettre au point et exécuter le meurtre du mari. 15 mn d'enquête policière jusqu'à l'arrestation finale.
Remarquable flash back: repos de Stéphane Audran qui ayant ouvert la fenêtre perçoit des bruits de rue ponctués de nombreux klaxons, flou et distorsion musicale. Cette distorsion se poursuit sur une partie des 11 séquences du flash back. Les 4 premières évoquent les premières rencontres avant la première relation sexuelle qui constitue la séquence la plus longue du flash back. Viennent ensuite les moments forts de cette relation (échange de billets, adultère dans le château, scène du conseil municipal raconté) puis deux séquences où Michel Piccoli, qui occupait déjà le rôle central depuis deux séquences prend nettement le pas sur Stéphane Audran, qui assume théoriquement les souvenir du flash back: il vit puis raconte la neurasthénie de sa femme. Nous sommes revenus à un paysage d'automne, saison des premières séquences. Néanmoins la sortie du flash back se fait, non pas sur son personnage origine : Stéphane Audran mais sur le personnage qui a pris le plus d'importance au fil du récit : Michel Piccoli. Il ouvre la fenêtre et entend les même bruis de klaxons qu'au début dans la rue. Dans cette scène de sortie, habituellement neutre, il commet un acte décisif : il empoisonne sa femme.
