Samuel G. Fulton avait, dans sa jeunesse, proposé le mariage à une jeune fille prénommée Millicent. Mais celle-ci avait refusé. Quarante ans plus tard, et après être devenu milliardaire, il pense à ce qu'il serait devenu si cette dernière avait accepté et décide de léguer la totalité de sa richesse à la famille de Millicent - désormais décédée - pour la remercier de son refus.

Le vieil homme part pour Hilverton afin d'observer la famille Blaisdell. Howard est le fils de la femme que Fulton était sur le point d'épouser. Il tient une mercerie-pharmacie-bar où son employé, Dan Stebbins, est l'heureux soupirant de sa fille Millicent. Fulton rédige une fausse annonce dans le journal et se fait accepter comme locataire dans la maison des Blaisdell grâce au soutien de la petite Harriet ravie d'avoir pour compagnon celui qui se fait passer pour un artiste peintre.

Samuel Fulton d'abord ronchon, se montre bien vite séduit par cette famille où Roberta lui fait un excellent dîner, Harriet apprécie sa peinture surréaliste et Howard l'accepte comme salarié de sa mercerie.

Il veut à présent voir s'ils seront dignes de son héritage et leur fait parvenir anonymement 100.000 dollars. Roberta voyant enfin son rêve frustré de devenir riche se réaliser ne pense bientôt plus qu'à égaler la haute bourgeoisie de la ville et oblige Howard à vendre leur maison et leur commerce. Elle oblige aussi Millicent à renoncer à son mariage avec Dan pour épouser le fils de la plus riche famille de Hilverton. Millicent qui n'éprouve pourtant qu'indifférence envers ce bellâtre alcoolique et amateur de voiture de sport se laisse convaincre.

Samuel Fulton qui essaie de la protéger d'une rafle de police dans un speak easy et tente vainement de la réconcilier avec Dan se retrouve deux fois devant le juge et passe bientôt pour un satyre. Il sauve néanmoins Charles, le frère de Millicent d'une dette de jeu.

Fulton apprend bientôt de son avocat que Howard sollicite un nouveau don de son généreux bienfaiteur. Il refuse mettant ainsi Howard dans l'obligation de demander à sa future belle-famille de lui avancer l'argent qui lui manque pour faire face à ses pertes en bourse. La belle-famille apprenant ainsi que les Blaisdell ne sont pas aussi riches que la rumeur le laissait croire rompt sur-le-champ les fiançailles.

Si Roberta s'évanouit de désespoir, tout le reste de la famille est finalement ravi de revenir aux habitudes de leur ancienne vie. Fulton peut repartir vers sa solitude dorée le cœur content : ceux auxquels il léguera sa fortune sauront désormais se méfier des pièges de la richesse.

Qui donc a vu ma belle ? trouve un ton médian entre le lyrisme du Chant du Missouri (Vincente Minnelli) et la satire évoquée par les images coquines de John Held qui constituent le générique.

Sirk se révèle un coloriste délicat. Il détache des teintes très saturées et les répète en des échos et des familles de couleurs. Costumes, décors et personnages se répondent alors dans une même affirmation de l'artifice d'une douceur qui semble aplanir les tensions. Mais ce style tranquille s'applique à des émotions dont il emprisonne la violence et empêche la libération rendant d'autant plus amère la séparation d'avec les émotions profondes que finissent par accepter les personnages.

Les questions financières viennent faire exploser la sympathique famille provinciale. La mère voyant enfin son rêve frustré de devenir riche se réaliser ne pense bientôt plus qu'à égaler la haute bourgeoisie de la ville, le fils perd au jeu, le père perd à la bourse et la fille accepte un mariage de convention. Seul Dan Stebbins, incarné par Rock Hudson semble rester imperméable à l'appât du gain, préfigurant son personnage de Ron Kirby dans Tout ce que le ciel permet (1955).

Test du DVD

Editeur : Carlotta-Films, juillet 2008. Nouveaux masters restaurés, versions originales, sous-titres français.

   

DVD1 : No room for the groom. DVD2 : Qui donc a vu ma belle ?

Suppléments : Souvenirs de Groom (11mn) : Tony Curtis se souvient d du tournage du film. - Fille d'Eve (12mn) : Piper Laurie évoque son partenaire Tony Curtis et les problèmes survenus sur le plateau. La comédie humaine de Douglas Sirk (27mn) : analyse par Pierre Berthomieu. Plaisirs sur le plateau (29mn) : Piper Laurie et Gigi Perreau évoquent le tournage du film. - Bande-annonce

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Qui donc a vu ma belle ?
1952
(Has anybody seen my gal ?). Avec : Charles Coburn (Samuel Fulton), Piper Laurie (Millicent Blaisdell), Rock Hudson (Dan Stebbins), Gigi Perreau (Roberta Blaisdell), Frank Ferguson (Edward Norton), Skip Homeier (Carl Pennock), Lynn Bari (Harriet Blaisdell), William Reynolds (Howard Blaisdell), Larry Gates (Charles Blaisdell). 1h29.
DVD Carlotta Films
Genre : Comédie sentimentale
Voir : photogrammes