Alors qu'il vient juste d'être appelé sous les drapeaux, Alvah s'enfuit à Las Vegas en compagnie de sa petite amie Lee pour se marier en secret. À peine installé à l'hôtel, Alvah est atteint de la varicelle et conduit tout droit à l'hôpital. Privé de sa nuit de noces puis soigné, il embarque pour la Corée. De retour pour une permission de dix jours, il est persuadé de pouvoir rattraper le temps perdu.

Mais il constate que la famille de Lee s'est installée dans sa maison et qu'elle n'a pas parlé de son mariage à sa famille. Sa mère a assemblé autour d'elle les membres de sa famille qui lui doivent aussi leur emploi dans la cimenterie de Herman Strouple et qui sont à ses petits soins. Elle simule une maladie de cœur pour garder Lee près d'elle et la persuade qu'elle ferait mieux d'épouser Herman Strouple, le puissant patron de la cimenterie. Celui-ci propose d'ailleurs à Alvah de lui racheter sa maison et ses vignes pour construire une voie en béton capable de transporter son ciment à moindre coût.

D'abord conciliant, Alvah qui se voit priver de sa femme, de sa maison et de ses vignes refuse la "généreuse" proposition de Strouple provoquant la colère de celui-ci, l'indignation de la famille et l'évanouissement de la mère de Lee. Croyant Alvah devenu égoïste, Lee rompt avec lui. Cependant lorsque Strouple essaie de faire passer son mari pour fou et de lui extorquer une signature en attendant son divorce pour l'épouser, elle vole le contrat que, résigné, Alvah avait signé. La tante de Lee lui ouvre aussi les yeux sur le comportement de sa mère.

Grâce à un ami d'Alvah qui avait prêté son appartement à celui-ci, Lee rejoint in extremis son mari avant son retour de permission. Et avec son charme, n'a aucun mal à le convaincre qu'elle est enfin à lui.

Pour Sirk, les personnages vivent au milieu des normes visuelles qui les environnent et les conditionnent. D'où, au début, les mains des deux futurs mariés en gros plan qui enchaîne sur la pancarte publicitaire pour les marieurs professionnels de Las Vegas.

Légèreté et comique se mêlent dans ce film où couloirs, chambres et cuisine sont progressivement envahis par la belle-famille toujours plus nombreuse et empêche l'intimité du couple. On est loin ici des mélodrames furieux où se combinent frustration et autodestruction et sans doute plus proche des mélodrames intimes où la parole est feutrée.

Test du DVD

Editeur : Carlotta-Films, juillet 2008. Nouveaux masters restaurés, versions originales, sous-titres français.

   

DVD1 : No room for the groom. DVD2 : Qui donc a vu ma belle ?

Suppléments : Souvenirs de Groom (11mn) : Tony Curtis se souvient d du tournage du film. - Fille d'Eve (12mn) : Piper Laurie évoque son partenaire Tony Curtis et les problèmes survenus sur le plateau. La comédie humaine de Douglas Sirk (27mn) : analyse par Pierre Berthomieu. Plaisirs sur le plateau (29mn) : Piper Laurie et Gigi Perreau évoquent le tournage du film. - Bande-annonce

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No room for the groom
1952
Genre : Comédie sentimentale
Avec : Tony Curtis (Alvah Morrell), Piper Laurie (Lee Kingshead), Don de Fore (Herman Strouple), Spring Byington (Mama), Jack Kelly (Will Stubbins), Lee Aaker (Donovan), Lilian Bronson (Elsa), Stephen Chase (M. Taylor), Paul Mc Vey (Dr Trotter). 1h22.
DVD Carlotta Films
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