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En 1975, Kaja, Mie et Heidrun avaient fuit le studio de photographes qui auraient bien couché avec elles mais elles avaient reproché à Kaja sa pruderie et leur discours un peu haut les avaient fait renvoyer d'un café. En 1985, dans le spa de la salle de sport, Kaja avait déclaré, qu'à 40 ans, elles étaient en pleine maturité sexuelle et, dans les toilettes d'un bâtiment, avaient juré de ne pas attendre dix ans avant de se retrouver. Aujourd'hui, en 1995, Mie et Heidrun entourent Kaja, un sac en papier lui couvrant la tête. Elles l'ont emmenée là où un tramway privatisé, empli des amies d'enfance, servira de lieu pour lui souhaiter un bon anniversaire. Les cadeaux et discours s'enchaînent. Pour Mie, c'est le premier jour du reste de sa vie et elle lui offre un poisson décoratif ; Heidrun une essoreuse à salade et lui chante une chanson à la nuit tombée alors que la fête se poursuit la nuit durant.
Au petit matin, elles s'arrêtent dans le café où elles discutèrent toutes les trois pour la première fois en 1975, s'étonnant qu'en 1985 elles l'avaient cru remplacé par un magasin de vidéo. Du coup, elles recherchent leur disposition d'autrefois, commandent café et œufs au plat. Kaja a divorcé de Jens et est tombée sous le charme d'un démon, Endre, que ses enfants détestent. Mie est tout récemment mariée et se dit heureuse : elle a repris ses études et est devenue directrice d'école. Heidrun déclare avoir voulu faire du commerce d'essoreuse à salade mais cet échec l'a conduite au chômage. Elles proposent de passer la journée ensemble. En cette journée du 17 mai, fête nationale, elles sont néanmoins très occupées : Mie doit prononcer un discours à son école puis accompagner le défilé des enfants et Kaja doit aussi y retrouver sa fille. Fatiguées de leur nuit, elles s'écroulent tête en avant sur la table avant même commencer leurs œufs au plat.
Un peu plus tard, toujours tirant la poussette aux cadeaux, elles arrivent dans la boutique de bibelots et antiquités de Kaja qui s'est agrandie mais est toujours tenue par sa mère qui est manifestement désorientée. Dans la boutique, Kaja découvre le buste en bronze de Henrik Wergeland (1808-1845), le grand poète norvégien, dont la télévision vient d'annoncer le vol dans un parc public de la ville. Elle redoute que ce soit Endre qui l'a volé et mis là pour la compromettre. Ses amies proposent de le cacher dans un sac et d'aller le remettre à sa place. Mais, sur place, le monument est gardé par un policier : Heidrun tente de faire diversion pendant que Mie essaie de reposer la statue mais le sac refuse de s'ouvrir et la statue est trop lourde. Elle renonce.
Les trois femmes repartent donc avec le buste dans le sac à dos. Sur le fameux chemin de pelouse bordé d'arbres, Kaja jette le sac dans la bouche d'égout, ce qu'elle se reproche aussitôt. Heidrun se dirige vers l'échelle posée contre un arbre mais tombe dans une autre bouche d'égout avant de l'atteindre : elle remonte finalement de la première, le sac à dos émergeant le premier.
Dans son école, Mie prononce un discours rappelant la nécessité du vivre ensemble. Kaja et Heidrun lui rajustent sa robe puis la rejoignent dans l'appartement de fonction de son école alors qu'elle se costume pour le défilé de la fête nationale. Kaja débusque une photo du mari de Mie en costume de plongée et elle avoue bien volontiers qu'il s'agit de Fredrik, son amant d'autrefois chez qui, ils sen souveinnet ils avaient pris un petit déjeuner il ya dix ans. Ses amies perçoivent toutefois qu'elle est préoccupée et Mie avoue attendre avec la plus grande anxiété un diagnostic possible de cancer du sein le lendemain. Kaja déclare que oui le temps leur est compté et que l'on se rend mieux compte du temps en ralentissant ses mouvements et déplacements. Elles s'y essaient mais une vieille femme dans la cour qui avance prudemment vers une poubelle leur en donne un exemple encore plus frappant. Alors que Mie est partie, Kaja et Heidrun prennent une douche dans l'école, se souvenant de leurs mouvements gymnastique, il ya vingt ans, pour muscler le dessous des bras puis elles vont assister au défilé.
Kaja éprouve le besoin de s'allonger dans l'herbe pour soulager son dos endolori par le port du sac à dos.Elle voit approcher Endre et entraîne alors Heidrun à traverser le défilé et atteindre l'autre côté de la route. Les deux femmes tentent alors de déposer le buste sur la rambarde d'une place mais elles sont prises de court par les regards inquisiteurs des voisins et l'approche du défilé. Elles se réfugient dans une rue adjacente où elles voient des motards tourmenter une famille émigrée. Heidrun les insulte et l'un deux revient alors vers elles. Heidrun lui balance le lourd sac à dos au visage et il tombe de sa moto. Kaja s'en empare et, déclarant à Heidrun qu'elle a pris des cours de conduite, l'emmène vers le domicile de celle-ci avant de se rendre chez elle chercher un appareil photo. Là, elle a la mauvaise surprise d'y trouver Endre qu'elle filme au caméscope s'approchant d'elle et lui intimant l'ordre de se déshabiller.
Quand Kaja reprend sa moto, elle croise Mie qui se rend en taxi chez Heidrun. Quand elles y arrivent toutes les deux, elles surprennent leur amie en pleine conversation érotique et croient qu'elle gagne illégalement sa vie en faisant du porno par téléphone pour arrondir ses revenus du chômage. Alors qu'elles s'en offusquent, Heidrun leur révèle qu'elle enregistre des conversations érotiques fictives sur un magnétophone pour écrire un roman : l'histoire d'une femme qui perd pied après avoir acheté le manteau d'une prostituée qui la conduit à des expériences sexuelles de plus en plus dangereuses : devra-t-elle garder ce manteau ? Elles sont stupéfaites, et plus encore, de voir un cheval blanc dans la cour. C'est cette fois, Mie qui explique qu'elle l'a commandé tout exprès : n'avait-elle pas dans le train qui les conduisait vers Malmö dix ans auparavant rêvée d'être enlevée par un prince sur un cheval blanc ?
Kaja est stupéfaite de voir que Heidrun habite avec deux hommes, Victor et Hugo, qui viennent faire la cuisine, tout en savourant des huîtres. Curieuse, Kaja tente d'en savoir un peu plus sur leurs relations amoureuses et sexuelles qu'ils admettent bien volontiers tout en restant discrets.
Mie arrive en cheval près de la chorale en plein air où Fredrik chante pour la fête nationale. Mie l'enlève sur son cheval et ils vont faire l'amour sous les bois près du bord de mer où passe un immense navire. Fredrik rassure Mie : il continuera de l'aimer avec un sein en moins. Heidrun retrouve Kaja chez la mère de celle-ci mais Kaja est affolée de ne pas l'y trouver, d'autant que personne en répond à la boutique. Eles finissent néanmoins par la retrouver à la boutique, hébétée sans qu'elle ait répondu au téléphone et laissant une cigarette allumée près d'elle. Mie arrive alors et prend soin d'elle et l'allonge près de la fenêtre, se souvenant comment vingt ans auparavant elle avait été bien accueillie par la mère de son amie.
Arrive alors Katline, la fille de Kaja, qui demande un peu d'argent à sa mère mais se détourne de ses conseils de prudence, lui renvoyant sa propre immaturité. Elle affirme par ailleurs ne pas être venue pour elle mais pour Heidrun qui lui a donné rendez-vous. Et en effet Heidrun arrive avec la statue de Henrik Wergeland qu'elle remet à Katline et tous ses ami.e.s étudiant.e.s qui la portent en triomphe dans un tramway vers le centre ville. Kaja est furieuse que Heidrun ait contacté sa fille sans le lui dire et en plus lui ai remis le buste de bronze. Du coup, elle lui déclare que son roman ne vaut rien, un écrivain célèbre ayant eu auparavant la même idée avec un pantalon maléfique emprunté à un clochard. Déstabilisée, Heidrun se précipite sur la bouteille d’alcool de Kaja. Ses amies la mette sous une camisole de force qui traînait là afin de l’empêcher de mettre fin à trois ans d'abstinence. Elles la réconforte ensuite lui faisant promettre de continuer son roman qui ne peut être que différent puis qu’écrit par une femme. Kaja, ayant promit de montrer Endre à ses amies, met alors en marche la K7 qu'elle a filmé au magnétoscope sur la télévision.
C'est alors que la police débarque avec une clocharde qui leur a affirmé avoir vendu ici le buste de Henrik Wergeland. Kaja se rend alors compte qu'elle a accusé Endre à tort. La police va exiger la restitution du buste quand la télévision montre que le buste est utilisé par les étudiants comme porte parole symbolique de leurs revendications pour réclamer plus d'argent pour l'éducation : un enseignement digne dans des bâtiments dignes.
Les trois amies voient arriver Peik avec joie : il va garder sa grand-mère pendant qu'elles font voyage en montgolfière pour terminer la journée. Elles passent au-dessus des étudiants; Kaja qui reconnaît ceux mobilisés autour de Katline lui crie que 50 ans est un âge merveilleux.
C'est avec regret que l'on quittera Mie, Heidrun et Kaja après ce film tant leur histoire est bouleversante et toujours pleine d'énergie même si des problèmes lourds viennent assombrir le présent.
Kaja a fini par divorcer de Jens et est tombée sous le charme de Endre, voyou qui l'a déjà compromis dans une arnaque mais la satisfait sexuellement même s'il la contraint vraisemblablement parfois. Ses enfants, Peik et Katline, le détestent préférant vivre avec leur père. Elle doit aussi faire face à la sénilité avancée de sa mère.
Heidrun est au chômage. Elle tente d'écrire un roman à l'avenir incertain. Elle a cessé de boire et vit un amour libre avec deux hommes épicuriens avec qui elle cohabite.
Mie a fait preuve de courage après que Jon l'ai quittée en reprenant ses études une fois ses enfants indépendants pour devenir directrice d'école et s'est mariée récemment à Fredrik, son amant de toujours. Elle est terrifiée par l'annonce d'un probable cancer du sein même si Fredrik et ses amies la soutiendront.
L'amitié entre les trois femmes reste ainsi indéfectible même s'il est sans doute artificiel de ne les faire se rencontrer qu'une fois tous les dix ans alors qu'elles habitent Oslo toutes les trois. Les échos entre présent et passé n'en sont néanmoins que plus forts. Ce filmage sur vingt ans dépasse ainsi celui de Boyhood (Richard Linklater 2014), tourné sur une période de douze ans, avec la même distribution et la même équipe technique. Il retrouve celui de la saga Antoine Doinel de François Truffaut depuis les 400 coups (1959), premier opus complété par quatre épisodes, Antoine et Colette (1962), Baisers volés (1968), Domicile conjugal (1970) et L'amour en fuite (1979). Mais il s'agit de suivre trois femmes sur un schéma narratif à chaque fois semblable privilégiant donc ce ce jeu d'échos beaucoup moins présent chez Truffaut.