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Le viol

1971

(Voldtekt). Avec : Svein Sturla Hungnes (Anders), Anne Marie Ottersen (Wilhelmine Hansen), Liv Thorsen (Rita), Per Carlson (le procureur), Olav Hestenes (un avocat), Kjell Stormoen (un avocat), Sverre Horge (Frank Iversen), Erik Øksnes (Holen), Katja Medbøe (Karen). 1h36.

Un matin d’hiver, une femme est violée dans une banale banlieue enneigée. Les jurées se réunissent dans la salle de délibération. Anders, jeune ouvrier, discute avec ses collègues des vêtements à porter en hiver. Bientôt, une seconde agression est perpétrée. Anders, jeune ouvrier, est remarqué aux abords du lieu des crimes. La police l’arrête.

 Il y aura bien deux agressions sexuelles dont un viol au début du film mais le sujet est ailleurs. Le propos du film porte sur le fonctionnement de la justice norvégienne, d'où le sous-titre, Le cas Anders, parfois accolé.

Le film documente toutes les étapes judiciaires et dénonce un système qui fabrique un faux coupable. Les scènes de l’univers carcéral, reconstitué avec minutie, sont criantes de vérité.

Anja Breien amorce dans ce premier film son sujet constant de l'oppression des structures sociales sur l'individu. Le fait de reconstituer le procès à l'envers, depuis l'entrée des jurés dans la salle de délibération jusqu'à la déclinaison de l'identité de Anders, accroit l'impossibilité d'échapper au système judiciaire. Anders, dont la personnalité est vue au travers de quelques flash-backs, n’a ni les codes ni l’éducation pour se défendre.

Anja Breien poursuit l'étude de l'oppression au travers des liens familiaux dans L'héritage (1979) avant d'atteindre un lyrisme plus intense lorsque c'est l'amour même qui devient oppression dans Un jeux sérieux (1977) et La persécution (1981). La trilogie Wives, poursuivie sur vingt ans (1975, 1985, 1996), offre l'amitié comme antidote à ces oppressions multiples.

Jean-Luc, le 7 mai 2026.

 

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