Le deuxième souffle

1966

Avec : Lino Ventura (Gustave Minda, dit Gu), Christine Fabrega (Manouche), Michel Constantin (Alban), Raymond Pellegrin (Paul, Marcel Bozzuffi (Jo), Paul Meurisse (le commissaire Blot), Paul Frankeur (le commissaire Fardiano). 2h30.

Gu, 48 ans dont 8 en prison, s'évade de la prison de Castres et rejoint à Paris Manouche et son garde du corps Alban. Pendant ce temps, à Marseille, Paul Ricci met au point un hold-up. Gu arrive à temps pour sauver Manouche des griffes des hommes de Jo Ricci, frère de Paul. Il les abat froidement. Pour le commissaire Blot, qui a l'air d'avoir bien connu chacun des protagonistes dans le passé, ces meurtres portent incontestablement la marque de Gu.

Après s'être caché dans une minable chambre de Montrouge, Gu se rend à Marseille, d'où il compte gagner l'étranger avec Manouche, mais il lui faut de l'argent. Paul Ricci, dont l'un des hommes a été tué, le contacte sur les conseils d'Orloff, et malgré les réticences de son associé antoine, qui considère Gu comme un homme fini.

Bien que le hold-up doive s'accompagner de la mort de deux motards, Gu accepte. Le coup réussit parfaitement. Mais quelques jours plus tard, un gardien de prison le reconnaît alors qu'il assiste à une partie de pétanque. Le commissaire Blot va alors monter une formidable mise en scène qui va complètement l'abuser. La presse relatera son arrestation, en précisant que, selon les dires de Fardiano, commissaire de police à Marseille, Gu a donné Ricci.

Déshonoré, il est tabassé par le commissaire Fardiano mais réussi à s'évader et à faire rédiger au commissaire Fardiano une confession avant de l'exécuter.

Ses anciens complices, manoeuvrés par Jo, lui tendent une embuscade. Blessé à mort, il tire sur la police avant d'être abattu. Blot ne révélera pas à Manouche qu'il a prononcé son nom avant de mourir mais laissera tomber le carnet contenant la confession de Fardiano devant les journalistes.

Gu, qui tient à laver son honneur, s'évade. Il mourra au cours d'un sanglant règlement de comptes après avoir tué Fardiano. Le commissaire Blot saura de son côté faire éclater la vérité, en particulier sur les méthodes de son collègue Fardiano

Thèmes : La dignité, signe véritable de grandeur pour l'homme condamné de toute façon à mourir. La fatalité, le destin est implacable, la date et l'heure s'inscrivent sur l'écran.

Plus le monde décrit est ténébreux plus la noblesse de l'homme y brille.

Séquence initiale de l'évasion très formaliste. Fascination pour les héros taciturnes, cadrés en plan rapproché épaule, les truands à la grande silhouette efflanquée style gangster, les voitures étrangères américaines surtout.

Quelques décharges de violence (la mort du jeune évadé, de Jacques le notaire, des deux truands dans la voiture, des deux motards, de Fardiano) entourées de beaucoup d'attentes. Très peu de dialogues (très littéraires), le cass est précédé de 15 minutes sans paroles avec très peu de musique. "L'auteur de ce film ne prétend pas assimiler la "morale" de Gustave Minda à la morale." "A sa naissance, il n'est donné à l'homme qu'un seul droit : le choix de sa mort. Mais si ce choix est commandé par le dégoût de sa vie, alors son existence n'aura été que pure dérision".