1951

(Scène 1a). Blanche Dubois arrive à la Nouvelle Orléans. Elle prend un tramway nommé "Désir" et finit par atteindre l'appartement minable que sa sœur Stella habite dans le vieux quartier français de la ville. Elle rejoint Stella au bowling et lui dit être en congé de longue durée après des semaines éprouvantes dans son  lycée. (fondu enchaine)

(Scène 1b). Stella prépare un bain chaud pour sa sœur. Blanche découvre que c'est un deux pièce qu'elle qualifie de taudis mais accepte de bonnes grâce de coucher dans un lit pliant. Elle lui apprend qu'elle a perdu Belle-Rêve, leur propriété familiale de la ville d'Auriol. Stella pleure et s'enferme dans la chambre. C'est Blanche seule qui accueille Stanley (fondu au noir)

(Scène 2). Stanley a ramené la malle de la gare. Le soir, il doit faire un poker elles ont prévu le cinéma. Stanley prend très mal la perte de Belle-Rêve. Le code napoléon lui donne le droit à la moitié de l'héritage de sa femme. Il s'en prend aux lettres de Blanche. La vente semblait inéluctable. Il apprend la naissance à venir. Blanche pense s'en être bien tirée. Elles vont au cinéma (fondu enchainé).

(Scène 3) Plus tard dans la nuit, Eunice proteste contre les joueurs de poker qui font du bruit. Puis c'est au tour de Blanche et Stella de rentrer. Blanche met la radio ce qui indispose Stanley qui perd aux cartes. Mitch vient flirte avec Blanche lui présentant un étui offert par sa mère sachant qu'elle va mourir bientôt. Blanche se présente comme Mlle Dubois, nom français qui parle de forêts. Elle est Blanche de la forêt tel un verger au printemps. Mitch est charmé. Stanley balance la radio par la fenêtre et bat Stella. Il est dessoulé sous la douche par ses amis regrette ses coups sur Stella qui s'est refugiée chez Eunice. Stanley l'appelle : elle redescend. Blanche en est terriblement déçue. Mitch revient vers elle. Elle avoue avoir besoin de gentillesse (fondu au noir)

(Scène 4) Le lendemain matin Stanley revient de la vidange. Blanche fait la leçon à sa sœur lui reprochant son désir brutal, comme le nom de ce vieux tramway qui roule bruyamment. Lui fait la leçon sur leur éducation distinguée. Mais lorsque Stanley parait, Stella fond dans ses bras. (fondu au noir)

(Scène 5). Eunice et Steve se battent puis se réconcilient. Stanley interroge Blanche sur un certain Shaw qui l'aurait vu à Auriol à l'hôtel Flamingo de mauvaise réputation. C'est jour d'orage. Blanche, effondrée déclare à sa sœur qu'elle a besoin de Mitch pour se sentir au calme. Un jeune vendeur de journaux entre. Elle tente de le retenir et en obtient un baiser. Mitch survient alors pour l'inviter à sortir (fondu enchaine).

(Scène 6). Blanche et Mitch sortent de boite de jazz bruyante. Blanche est  attendrie par la disparition prochaine de la mère de Mitch pourtant terriblement pataud. Elle lui raconte son histoire avec Allen qui s'est suicidé au Moon Lake Casino :  "Tu es un faible, je n'ai aucun respect pour toi, je te méprise" avait-elle dit (fondu au noir)

(Scène 7). Stanley dans son usine a révélé la vérité à Mitch. Ca fait cinq mois qu'il la supporte. Il explique à Stella qu'il ne pouvait se taire avec son pote  de l'armée et du travail. Blanche, qui sort du bain, se doute de quelque chose.

(Scène 8). Le repas d'anniversaire est pénible, la chaise de Mitch restant vide. Stella accuse son mari de manger comme un porc. Il débarrasse la table en cassant les couverts. Il se réconcilie avec Stella dans le jardin pendant que Blanche téléphone vainement à Mitch. Il puis se met de nouveau en colère quand elle le traite de Pollack. Avant d'aller au bowling, il offre cruellement à Blanche comme cadeau d'anniversaire un billet de retour pour Auriol. Stella se met en colère. Elle est prise de contractions et demande à Stanley de l'amener à la clinique pour accoucher. (fondu au noir)

(Scène 9). Mitch vient tard et saoul.  Elle entend la musique. Ne li ne veut pas d'être plus âgée mais de ses vieux principes surannés. Elle explique que la panique la poussait d'homme en homme dans l'espoir de trouver une protection éphémère même auprès d'un garçon de 17 ans. Elle a été  jugée alors moralement inapte à l'enseignement. Mitch un petit abri ou se cacher dans ce monde de pierre. L'eau peut être pur l'air aussi mais le cœur d'un être humain, vendeuse de fleurs mortuaires. La mort côtoyée son opposé c'est le désir. Il l'embrasse mais ne veut plus l'épouser pas assez pure pour sa mère. Elle le chasse en criant. Les passants s'inquiètent et appelle la police mais Blanche ne leur ouvre pas (fondu au noir).

(Scène 10). Blanche s'est vêtue des ses beaux habits. Stanley la surprend ainsi alors qu'il revient de la clinique où Stella a accouché. Blanche invente qu'un millionnaire de Dallas l'a invité par télégramme pour une croisière aux Antilles sur un yacht. Stanley ravi propose d'enterrer la hache de guerre. Blanche raconte aussi comment elle chasser Mitch revenu lui demander pardon. Du coup, Stanley ne croit plus au télégramme. Son mensonge découvert, Blanche veut fuir mais elle en est empêchée par la vendeuse de couronnes mortuaire. Désespérée, elle appelle le service des télégrammes pour un appel au secours puis, affolée, se précipite vers la porte que Stanley ferme. Il croit qu'elle croit qu'il en veut à sa vertu. Il s'en amuse puis comme elle se bat, il la pousse vers le lit alors qu'elle brise une glace (fondu au noir).

(Scène 11). La rue est nettoyée aux grandes eaux. Stella prend le bébé dans le berceau. A la maison Stanley, Mitch, Steve et Pablo jouent au poker. Eunice les réprimande; ce jour ne devrait pas être festif. Blanche prend son bain. Elle croit qu'elle part aux Antilles. Stanley doit se justifier devant ses amis de ne pas l'avoir touchée. Un docteur de l'asile et une infirmière vienne chercher Blanche qui a basculé dans la folie. Stella accompagne sas sœur jusqu'au porche et refuse que Stanley la touche. Il appelle Stella. Mais cette fois, Stella est  bien décidée à se séparer de son mari trop violent et, son bébé dans les bras, elle monte chercher refuge chez Eunice.

Un film mythique, qui marqua presque l'irruption des pulsons dans l'univers, jusque là soigneusement calibré des conflits sentimentaux hollywoodien. Adapté d'une pièce à succès de Tennessee Williams, le film a révélé un comédien qui allait faire une carrière de star, Marlon Brando, lequel avait déjà triomphé dans le même rôle au théâtre, dans une mise en scène du même Elia Kazan.

Une pièce et un film avec deux auteurs travaillant ensemble

La pièce, Un tramway nommé Désir, est jouée pour la première fois en décembre 1947 au théâtre Ethel Barrymore. Elle remporte en 1948 le prix Pulitzer, le Drama Critics circle award et le Donaldson qui pour la première fois dans l'histoire sont attribués tous les trois à la même production. De son côté, l'association américaine des critiques de théâtre distingua Un tramway nommé Désir comme la pièce la plus importante du XXe siècle devant Mort d'un commis voyageur d'Arthur Miller et Long voyage du jour à la nuit d'Eugene O'Neill.

Déjà réticent pour la mise en scène de théâtre qu'il n'aurait sans doute pas accepté sans l'instance de sa femme, Elia Kazan le fut à nouveau pour la version grand écran : "Oh mon Dieu Tenn, c'est comme si j'épousais la même femme deux fois" (Elia Kazan a life, New York 1997). Néanmoins il accepta en reprenant l'essentiel de la distribution à une exception près : Vivian Leigh. L'actrice britannique qui avait été Blanche à Londres sous la direction de son mari, Laurence Olivier. Elle remplaça, notoriété oblige, Jessica Tandy. Qui plus est Vivian Leigh s’était déjà illustrée comme «belle du Sud» dans Autant en emporte le vent en 1939.

Comme la pièce, le film connut en 1951 un succès instantané, collectionnant les récompenses. Nommé à cinq reprises aux oscars, il en obtint quatre dont trois pour les acteurs : Kim Hunter, Karl Malden et Vivian Leigh, cette dernière distinguée aussi par la coupe Volpi à la Mostra de Venise où le prix spécial du jury fut décerné à la réalisation de Kazan. Le film obtint aussi l'Oscar de la meilleure direction artistique alors que Humphrey Bogart ravit à Marlon Brando l'Oscar du meilleur acteur.

Pour éviter une condamnation de la Ligue pour la vertu (Legion of Decency), le studio Warner Bros ordonna au monteur de réaliser un total de 12 coupes (soit environ 4 minutes de film), sans tenir le réalisateur au courant (Elia Kazan n'avait pas les droits de final cut à l'époque). Les morceaux coupés ont été retrouvés en 1989 et réintégrés au film. Warner Bros a ressorti le film dans son intégralité en 1993.

Néanmoins, toute allusion à l'homosexualité d'Allan Grey avait déjà été écartée par Williams et Kazan pour l'écran. Dans la scène 6, Allan reste "faible, nerveux, sans rien d'efféminé", autant de termes présents dans la pièce mais il se contente, la veille du drame, de "pleurer dans la nuit" et la phrase malheureuse de Blanche qui cause le suicide est : "Tu es un faible, je n'ai aucun respect pour toi, je te méprise" Ce qui est bien différent du texte de la pièce :

Un jour est arrivé où j'ai compris. Dans la pire des circonstances. Je suis entrée dans une pièce où je me croyais seule, et où il y avait déjà deux personnes... mon mari avec un autre homme. (On entend le bruit d'une locomotive qui s'approche. Elle couvre ses oreilles avec ses mains et se recroqueville. les  phares de la locomotive illuminent la pièce, le temps que le train passe. Comme le bruit décroit, Blanche se ressaisit et reprend). Après on a fait comme de si rien n'était. Nous sommes partis passer la soirée au casino de Moon Lake, on a ri et bu toute la soirée (Une polka se fait entendre en mineur à proximité). On a dansé la Varsovienne. Soudain en pleine danse, le jeune homme que j'avais épousé m'a planté là et est sorti en courant du casino. Un peu plus tard, on a entendu un coup de feu ! (La polka s'interrompt brusquement)... Cela venait de ce que, sur la piste, pendant que nous dansions, incapable de me contrôler, je lui avais dit tout à coup "Maintenant je sais ! Je sais. Tu me dégoûtes". Alors cette grande lumière qui avait illuminé le monde s'est éteinte et depuis, jamais je n'ai reçu de lumière aussi forte que cette flamme.

La scène du viol cloture la scène 10 de la pièce. La dernère réplique de Stanley est : "Une vraie tigresse ! Lâche le goulot ! Lâche ça! Ce rendez-vous est prévu pour nous deux depuis le début !" suivi d'une didescalie : "Elle gémit. Lâche le goulot de la bouteille. Elle se laisse tomber à genoux. Il prend dans ses bras son corps inerte et la porte sur le lit. On entend la trompette et les tambours jouer bruyamment aux Quatre Diablese. Cette séquence fut fortement remise en question. Tennessee Williams refusa de transiger et Kazan tourna deux plans célèbres encadrant l'ellipse : le miroir et la rue nettoyée à grandes eaux.

Une ellipse dans le fondu au noir entre ces deux plans

En échange du maintien de la séquence du viol, Joseph Breen, le censeur officiel de la MPPA, exigea que Stanley fut puni pour son acte criminel ce qui se manifesta par le départ de Stella, laquelle, à la fin du film quitte son mari, bébé sous le bras, contrairement à l'issue de la pièce.

Stanley : (avec une douceur souveraine). Maintenant chérie. Maintenant l'amour. Maintenant, maintenant l'amour (Il s'agenouille devant elle et ses doigts trouvent l'ouverture du chemisier de Stella et s'y glissent). Maintenant, maintenant, l'amour. maintenant l'amour... (Le laisser aller superbe de Stella, le murmure sensuel de Stanley se mêlent à la musique du "piano triste" qui grossit et à la trompette bouchée en sourdine)
Steve :  sept cartes, les jeux sont faits.
Fin.

On note aussi quelques changement mineurs. Blanche ne vient plus de Laurel mais de Auriol. A la fin de la scène 2, Blanche et Stella ne sont pas invitées chez les Galatoires mais vont au cinéma.

Kazan respecte le découpage en onze scènes dont des fondus-enchainés ou des fondus au noir assurent les transitions. La scène 1 est coupée en deux scènes : la 1a, depuis la gare jusque chez Stella puis au bowling et la 1b chez Stella uniquement. En revanche les scènes 7 et 8 s'enchainent sans discontinuité. Les clairs-obscurs expressifs ou pathétiques de Kazan isolent corps et sentiments aux prises avec le décor quasi unique de la maison de Stella. La dramaturgie est donc identique dans la pièce et le film.

Onze scènes pour une tragédie

La pièce comporte onze scènes qui s’organisent en trois temps, en trois actes, rythmés par les trois bains de Blanche. Entre ces actes, les ellipses donnent leur intensité au drame. Les quatre premières scènes se passent en deux jours, au printemps en mai, où domine l'amour de Stella et Stanley. Il est conforté par la chaleur et l'humour de leurs voisins, Eunice et Steve, les voisins du dessus, qui représentent la vie de quartier populaire qui anime le Vieux Carré et Pablo. Associés à des moments de détente comique, ils font également ressortir l’isolement de Blanche. Pablo représente également la vie de quartier et l’univers de Stanley. Ses répliques en espagnol font "couleur locale". Avec Eunice et Steve ils forment une sorte de chœur, rappelant l’inscription tragique de la pièce,

Les scènes 5 et 6 se passent en été, et expriment la romance qui naît entre Blanche et Mitch mais aussi le cœur de la tragédie, le suicide d’Allan dont Blanche ne s'est jamais remise et qu'elle essaie d'oublier en le renouvelant par des amours illusoires avec des jeunes gens qu'elle veut purs mais dont elle attend maintenant aussi protection. Les scènes 7 à 10, qui se passent toutes mi- septembre, le jour de l’anniversaire de Blanche, retracent le basculement de celle-ci dans la folie. La scène 11 fait le constat tragique d'un monde, le vieux carré de La nouvelle Orléans, dorénavant disloqué : Blanche folle et Stella ayant l'intention de quitter Stanley.

Les noms des tramways, Desire et Cemeteries, et celui de la rue, Elysian Fields, au 632, où habitent Stella et Stanley expriment dès le départ ce cheminement du désir impossible à assouvir conduisant à la mort en passant par les champs élyséens.

Les deux scènes de poker (scènes 3 et 11) rythment la pièce dans une symétrie emblématique de la tragédie. A la scène 3, Stanley perd, et Blanche prend un ascendant qu’elle conservera jusqu’à la fin de la scène 6. A la scène 11, Stanley gagne, et Blanche est perdue. Jusqu’en 1946, l'un des titres de la pièce était The Poker Night, révélant l’importance de ces scènes.

Thomas Hart Benton a aussi intitulé Poker Night, le tableau réalisé en 1948 en s'inspirant de la pièce. Dans une lettre à Tennesse Williams, Jessica Tandy, représentée par Thomas Hart Benton dans une pose provocante qui lui déplaisait, explique que le tableau a le tort de présenter exclusivement le point de vue réaliste et sensuel de Stanley, auquel les spectateurs semblent naturellement adhérer.

Le Vieux carré de la Nouvelle Orléans disloqué

Blanche du Bois avec ses toilettes extravagantes, signes d'une coquetterie maladive est prête à plonger dans la souillure avec n'importe qui. A l'inverse, le tricot de corps troué de Marlon Brando est devenu une sorte de symbole sexuel, une image de virilité qu'il doit surtout au fait qu'il résiste au désir.

Blanche DuBois est un personnage particulièrement complexe, et même schizophrène. Dès la scène d’exposition, la schizophrénie de Blanche est évoquée par sa relation avec sa soeur, Stella, marquée par une oscillation entre des élans d’affection presque étouffants, et des reproches. Elle éclate dans la dernière scène, qui révèle un déchirement psychique entre le ça et le surmoi, la libido de Blanche et son idéal de raffinement et de pureté. Ses fourrures, ses couronnes, son histoire, ses rêves, son désir marquent un déchirement entre sa libido et son idéal de pureté. Professeur de lettres, elle a quitté son collège d'Auriol en cours d’année, a vendu la plantation de Belle Rêve, dans le Mississippi, demeure familiale des DuBois, onéreuse d’entretien et placée sous le sceau de la mort successive de ses occupants. Une image a nourri la genèse d’Un tramway nommé Désir dont le premier titre était Blanche’s chair on the moon (la chaise de Blanche sur la lune)

De retour de l’hôpital où Stella va accoucher,Stanley propose à Blanche d’enterrer la hache de guerre.. Blanche refuse avant de comparer dédaigneusement Stanley à un cochon en particulier dans les première et dernière scènes. Le jeune homme de la scène 5 est une figure du désir de Blanche et renvoie à l’élève de dix-sept ans à qui elle aurait fait des avances. Le sort que Stanley fait subir à Blanche est la répétition tragique de ce qu’elle a infligé à son jeune mari Allan, comme elle démasqué, dénoncé et détruit.

La musique d'Alex North se partage entre reconstitution de la moiteur de La Nouvelle-Orléans populaire et montée angoisse. Dans le Vieux Carré de La Nouvelle-Orléans dominent le blues et les chansons populaires. Le blues, évoqué dès le début de la première scène, correspond à "l’esprit de la vie qu’on mène ici". C’est la musique "objective" que tous entendent. Le blues est d’abord lié historiquement à La Nouvelle-Orléans. Mais dans la pièce, il représente aussi, comme le dit Kazan, la "solitude et le rejet"  dont est victime Blanche. Son caractère improvisé renvoie également à la structure épisodique de la pièce.

En plus du blues, apparaît aussi la "Varsouviana", valse populaire que seule Blanche entend, et sur laquelle elle dansait au casino Moon Lake lors du suicide d’Allan (scène 6). Kazan utilise la "Varsouviana" comme leitmotiv évoquant la déchéance progressive de Blanche.

Jean Luc Lacuve le 18/12/2014

Sources :

 

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(A streetcar named Desire). D'après la pièce de Tennesse Williams. Avec : Vivien Leigh (Blanche DuBois), Marlon Brando (Stanley Kowalski), Kim Hunter (Stella Kowalski), Karl Malden (Mitch Browning), Rudy Bond (Steve), Nick Dennis (Pablo), Peg Hillias (Eunice). 2h02.
Un tramway nommé Désir
Voir : Photogrammes
Genre : Portrait de femme