(1909-1999)
47 films
   
   
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Cinéaste italien, Riccardo Freda est né à Alexandrie, (Égypte), le 24 février 1909, de parents napolitains. Formé à la sculpture à Milan, ses premières commandes pour le septième art sont des statues pour décorer le «Centro Sperimentale di Cinematografia» romain où il poursuit ses études. Passé à l’écriture, il collabore à l’écriture de nombreux mélodrames puis devenu producteur, il aide ses amis Goffredo Alessandrini ou Raffaello Matarazzo à monter d’ambitieux projets. En 1942, il lance en Europe, le film de cape et d’épée avec un coup d’essai remarqué, Don César de Bazan, incarné par Gino Cervi.

Suivront plusieurs films appartenant au même genre : L’aigle noir et La vengeance de l'aigle noir, gros succès dont Rossano Brazzi est la vedette et Le chevalier mystérieux où Vittorio Gassman, interprète de Casanova, séduit Maria Mercader, Yvonne Sanson et Gianna Maria Canale. En 1947, il retrouve Gino Cervi en Jean Valjean pour L'évadé du bagne une adaptation des Misérables de Victor Hugo, son écrivain de chevet avec Alexandre Dumas — dont il tire d’ailleurs, peu après, l’idée de son film Le fils de d'Artagnan. En 1952, Riccardo Freda remet cette fois au goût du jour le péplum — qui fit les beaux jours du cinéma muet italien — avec Spartacus (interprété par Massimo Girotti) antérieur de huit ans à la version de Stanley Kubrick avec Kirk Douglas.

L’année suivante, Riccardo Freda défie Hollywood avec la superproduction en couleurs de la «Lux», Theodora, impératrice de Byzance dont la vedette, Gianna Maria Canale est alors son épouse :

«Pendant que je préparais Theodora, la M.G.M. préparait une superproduction sur le même sujet avec Ava Gardner. Ils n’avaient pas eu le temps de finir le script que j’avais bouclé mon film. Avec 350 millions de lires. Ce que la Fox et Mankiewicz ont dépensé en eau minérale et en bière sur le plateau de Cléoâtre. C’était le premier film italien en Eastmancolor, la pellicule devait être développée aux États-Unis. On la mettait chaque soir dans des valises métalliques emplies de glace, on les expédiait et on attendait. J’ai fait ce film en cinq semaines sans pouvoir vérifier une seule fois ce que je tournais. Mes acteurs sont médiocres mais je m’en fous. J’ai toujours négligé les acteurs. J’ai tout misé sur les scènes spectaculaires. Si vous avez les moyens de vous endormir après la course de chars et de vous réveiller pour la bataille finale, ne vous gênez pas : vous ne manquerez pas grand-chose. Pourtant, le «New York Times» m’a fait un grand compliment sur Theodora : Si Monsieur Cecil B. De Mille pense avoir le monopole du film à grand spectacle, il n’a qu’à voir ce film pour savoir qu’il l’a perdu…»

En 1956, Riccardo Freda s’attaque au fantastique dans la plus pure tradition du gothique anglais et précède là encore, la renaissance du genre. Font partie de cette catégorie : Les vampires, film dont l’excellent Mario Bava signe la photographie et L'effroyabe secret du docteur Hichcock suivi de Le spectre du docteur Hichcock, dytique qui fait de Barbara Steele une star.

Auparavant, en 1960, il est revenu au péplum pour Le géant de Thessalie, variation personnelle sur l’odyssée de Jason à la poursuite de la Toison d’or, suivi en 1962, d’un autre fleuron du genre : Maciste en enfer, savoureux clin d’œil à Dante. La même année, dans Sept épées pour le roi, il s’inspire avec bonheur de Velasquez comme il l’avait déjà fait avec Le Caravage pour Le château des amants maudits. Puis, en 1963, fasciné par les mémoires de l’orfèvre Benvenuto Cellini, il porte à l’écran sa vie tumultueuse dans L’aigle de Florence.

Par la suite, Riccardo Freda alterne le mélodrame (Les deux orphelines, Roger la honte) et le film d’espionnage (Coplan FX18 casse tout, Coplan ouvre le feu à Mexico) et réalise même un western (Quand l'heure de la vengeance sonnera).

Retiré bien malgré lui à la fin des années 1970, il signe encore un ultime film grâce à Simon Mizrahi et devient le conseiller technique de Bertrand Tavernier pour deux films de ce dernier : La passion Béatrice (1987) et La fille de d'Artagnan (1994), librement inspirés de son œuvre.

Freda a rédigé en 1981, ses mémoires, hautes-en-couleurs : Divoratori di celluloide. Il y confesse son dégoût du néo-réalisme italien et son amour du grand spectacle. Signalons enfin que Riccardo Freda a utilisé les pseudonymes suivants : Robert Hampton, George Lincoln, Dick Jordan, Renato Dery et Willy Pareto.

Riccardo Freda est mort le 20 décembre 1999 à Rome, à l’âge de 90 ans.

Filmographie :

1942 Don César de Bazan

(Don Cesare di Bazan). Avec : Gino Cervi (Don Cesare di Bazan), Anneliese Uhlig (Renée Dumas), Enrico Glori (de Beaumont).

Barcelone. 1650, le comte Don Cesare Di Basan de retour de Flandres, découvre un complot monté contre le roi par l'ambassadeur de France, le vicomte de Beaumont. Avec l'aide de la comédienne qu'il a épousé à son insu et qui prend son nouveau rôle de comtesse très à coeur, Don Cesare va déjouer le complot et sauver le souverain.

   
1943 Non canto piu
   
   
1945 Tutta la citta canta
   
   
1946 L'aigle noir
 

(Aquila Nera). Avec : Rossano Brazzi (Vladimir Dubrowsky), Inga Gort (Maria), Paolo Stoppa (Bandit), Gino Cervi (Kirila), Irasema Dilián (Masha) 1h37.

Un officier du tsar est dépossédé et assassiné par le gouverneur. Son fils veut le venger et part à la recherche du gouverneur, sous le nom de l'Aigle Noir.

   
1947 L'évadé du bagne

(I Miserabili). Gino Cervi (Jean Valjean) Valentina Cortese (Fantina/Cosetta) Hans Hinrich (Javert) Luigi Pavese (Thenardier).

Pour avoir volé du pain, Jean Valjean est condamné au bagne où il demeure vingt ans. Il en sort désespéré. Heureusement, il rencontre Monseigneur Myriel; lequel, bien qu'il l'ait volé, lui accorde sa faveur.
Par le travail, Valjean est devenu un homme riche. Bienfaiteur d'une ville, ses concitoyens l'ont élu maire...

   
1948 Le chevalier mystérieux

(Il cavaliere misterioso)
   
1948 Guarany

 

 
   
1948 L'astuto barone
   
   
1948 Tenori per forza
   
   
1949 O Cacoulha do barulho
   
   
1949 Il conte Ugolino

 

 
   
1949 Le fils de d'Artagnan

 

(Il figlio di d’Artagnan).
   
1951 Trahison

 

(Il tradimento)
   
1951 La vengeance de l'Aigle noir
  (La vendetta di Aquila Nera)
   
1951 Le passé d'une mère

(Vedi Napoli e poi muori). Avec : Renato Baldini (M. Marini, le banquier), Gianna Maria Canale (Béatrice Marini), Franca Marzi , Vittorio Sanipoli (Sansini, le maître-chanteur).1h22.

Béatrice vit un bonheur conjugal parfait auprès de son mari banquier et de son fils Georgio. Mais son amant de jeunesse sort de prison, la contacte à son insue et la menace de montrer des lettres d'amours qu'il a soigneusement gardé à son mari si elle ne lui remet pas de l'argent. Mais la Police était déjà sur la piste du maître chanteur et l'arrête lui et Béatrice qui se trouvait donc au mauvais moment au mauvais endroit. Son mari pense qu'elle le trompait et ne souhaite plus la revoir...

   
1952 La leggenda del piave
   
   
1952 Spartacus
(Spartaco).
   
1953 Theodora, impératrice de Byzance

(Teodora, imperatrice di Bisanzio). Avec : Gianna Maria Canale (Teodora) Georges Marchal (Justinien) Renato Baldini (Arcal) Henri Guisol (Jean de Cappodocia) Irene Papas (Faidia) Carlo Sposito (Scarpios) .

En 547, l’Empire d’Orient est à son apogée. Pendant qu’il assiste à la consécration de la basilique de Ravenne, l’empereur Justinien se souvient. À Byzance, Justinien a l’habitude de se promener incognito. Théodora, une danseuse, fille adoptive d’une dompteuse dont la beauté le séduit, tente de le voler. Arrêtée par les gardes d’Andreas, elle est aussitôt conduite devant le tribunal, présidé pour la première audience de l’année par Justinien. Pour échapper à son emprise, l’empereur la fait jeter en prison mais Théodora s’enfuit après avoir soudoyé un gardien. Elle rejoint Arcal, son fiancé, qui s’apprête à participer à la grande course de chars opposant les « Verts » (le peuple) aux « Bleus » (les patriciens). Elle l’endort avec un poison et prend sa place dans la course qui doit l’opposer à Justinien qui, à la dernière minute, a décidé de remplacer Andreas. Théodora remporte la victoire. L’empereur la demande en mariage. Arcal veut la tuer mais, surpris à l’entrée du palais, il est envoyé dans les salines d’Anatolie. Cinq ans plus tard, le général Belisario, vainqueur des Perses, réclame des renforts pour protéger les frontières de l’Empire. Théodora fait libérer les esclaves pour suppléer au manque d’hommes dans les rangs de l’armée. Considérant qu’il s’agit là d’une trahison, Jean de Cappadoce, chef des patriciens et ministre de l’empereur, prend la tête d’une conjuration. Il engage Arcal, qui vient d’être libéré, pour assassiner Théodora. Mais le jeune homme n’a pas la force de la tuer et l’informe de la trahison de Cappadoce. Justinien les surprend. Arcal s’enfuit. Fou de jalousie, l’empereur refuse de croire à la bonne foi de Théodora. Cappadoce tente une ultime tentative : Saïdia, sa maîtresse et sœur de Théodora, qu’elle déteste, déclare à Justinien que sa femme veut le tuer pour mettre Arcal sur le trône. Théodora, qui s’est enfuie du palais, appelle le peuple à la révolte et annonce l’arrivée imminente des légions de Belisario. Justinien ordonne de tuer Théodora quand le général lui révèle la vérité. Il fait arrêter Cappadoce et arrive à temps pour sauver sa femme. Entre-temps, Arcal est mort. Dans la basilique, Théodora rejoint Justinien.

   
1953 I mosaici di Ravenna
  (documentaire).
   
1955 Da qui all'eredita

 

 
   
1956 Le chateau des amants maudits

(Beatrice Cenci)
   
1956 Les vampires

 

(I Vampiri)
   
1956 Magie a prezzi Modici
  (documentaire).
   
1957 Guet-apens à Tanger
  (Agguato a Tangeri).
   
1958 Sous le signe de Rome
  (Nel segno di Roma, co-réal. Michelangelo Antonioni)
   
1958 La charge des cosaques

 

(Agi Murad, il diavolo bianco).
   
1959 Caltiki, le monstre immortel

 

(Caltiki, il mostro immortale).
   
1960 Le géant de Thessalie
  (I giganti della Tessaglia)
   
1960 Les Mongols

(I Mongoli, co-réal. André de Toth). Avec : Jack Palance (Ogatai), Anita Ekberg (Hulina), Antonella Lualdi (Amina), Gianni Garko (Henry de Valois), Gabriele Antonini (Temugin). 1h55.

En 1240, les hordes de Gengis Khan, commandées par son fils Ogotaï, déferlent sur l’Europe. Sur la proposition du duc Etienne de Cracovie, la Diète polonaise envoie à Gengis Khan une délégation commandée par le jeune duc, auquel se joint le neveu du roi de France, Henri d’Angoulème, pour traiter avec les envahisseurs. Ogotaï est bien obligé de satisfaire aux lois de l’hospitalité : il accueille Etienne et ses compagnons, en attendant l’arrivée de Gengis Khan. Des fêtes sont données, au cours desquelles Etienne réussit à sauver des patriotes polonais de la torture. A cette occasion, il fait la connaissance de la ravissante Amina.

   
1961 Chasse à la drogue
  (Caccia all’uomo)
   
1961 Le géant à la cour de Kublai Khan

 

(Maciste alla corte del Gran Khan).
   
1962 Maciste en enfer

(Maciste all’inferno). Avec : Kirk Morris (Maciste), Hélène Chanel (Fania, la sorcière), Vira Silenti (la jeune Martha Gunt), Andrea Bosic (le juge Parrish), Remo De Angelis (Prométhée). 1h23.

Dans l'Ecosse de 1630, Martha, une jeune femme accusée de sorcellerie profère une malédiction sur les habitants du village qui l'ont condamné à brûler vive. Cent ans plus tard, Charley et Martha Gunt, dont la ressemblance est frappante avec la sorcière, sont deux jeunes mariés qui s'installent dans le même village. Maciste descend en Enfer afin de sauver Martha. Il doit affronter un lion, le feu, les serpents et le geant Goliath avant d'esperer retrouver la jeune femme...

   
1962 L'effroyabe secret du docteur Hichcock

 

(L’orribile segreto del dottore Hichcock)
   
1962 Sept épées pour le roi
(Le sette spade del vendicatore).
   
1963 Le spectre du professeur Hichcock
  (Lo spettro)
   
1963 L'aigle de Florence
 

(Il magnifico avventuriero / Las aventuras de Benvenuto Cellini).

La vie tumultueuse de l’orfèvre Benvenuto Cellini, d'après ses mémoires.

   
1964 Roméo et Juliette

 

(Giuletta e Romeo). Avec Rosemary Dexter (Juliette), Geronimo Meynier (Romeo), Carlos Estrada (Mercutio), Tony Soler (La nurse), Umberto Raho (Frère Lawrence). Andrea Bosic (Capulet), Antonella Della Porta (Lady Capulet), German Grech (Tybalt). 1h35.
   
1964 Genoveffa di Bramante

 

 
   
1966 Les deux orphelines

Avec : Valeria Ciangottini (Louise, la soeur aveugle), Sophie Darès (Henriette, l'aînée), Jean Carmet (Picard), Jacques Castelot , Roland Catalano. 1h37.

Deux orphelines, Henriette l'aînée et Louise, la plus jeune et aveugle, arrivent à Paris en 1783. Elles sont rapidement malmenées. Henriette se retrouve entre les mains du Marquis de Presles, noble et libertin, alors que Louise se retrouve à mendier , obligée par la Frochard, une mégère brutale

   
1966 Coplan FX18 casse tout
 
   
1966 Coplan ouvre le feu à Mexico

Avec : Lang Jeffries (Coplan), Sabine Sun , Robert Party , Franco Pesce , Luciana Gilli. 1h33.

Une voiture explose sur une route du Mexique.Une correspondante des services secrets retrouvee inanimee dans son appartement a Paris et dans l'un de ses talons, un microfilm: la reproduction de toiles de maitres, celles la meme qui furent volees par les Nazis pendant l'occupation de Paris.

   
1967 Roger la honte

Avec : Georges Géret (Roger Laroque), Irene Papas (Julia de Noirville), Jean Topart (Luversan), Jean-Pierre Marielle (Lucien de Noirville), Anne Vernon (Henriette Laroque). 1h45.

1871. Roger Laroque s'accuse d'un crime qu'il n'a pas commis pour sauver du déshonneur sa maîtresse, Julia de Noirville. Il s'évade du bagne et passe pour mort durant quatorze ans. Puis il revient sous les traits d'un riche Américain, afin de démasquer le véritable meurtrier...

   
1967 Quand l'heure de la vengeance sonnnera

 

(La morte non conta i dollari).
   
1969 A doppia faccia

 

 
   
1971 L'iguana della lingua di Fueco
   
   
1971 La salamandra del deserto
   
   
1980 L'obsessione che uccide / murder obsession
   
   
   
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