Aout 1944, Oberst von Waldheim, Colonel allemand, fait charger un train complet d'oeuvres d'arts modernes que les nazis qualifient d'art dégénéré, oeuvres volées à Paris afin de les ramener en Allemagne avant que les forces alliées n'arrivent. Labiche qui appartient au service ferrovière et est chef d'un réseau de la résistance est alors chargé par le musée d'arrêter ce train, mais il n'est pas des plus disposés à risquer la vie de ses hommes pour quelques oeuvres d'art.

la gare de Vaires-sur-Marne est bombardée. Boule, le viel ami de Labiche, est tué par les Allemands qui l'accusaient de sabotage de la locomotive. Labiche se décide à s'opposer aux Allemands et à tenter de tout faire pour retenir le train en attendant les alliés. Il prend la place de Boule et tente avec l'aide d'une veuve, Christine, d'empêcher la livraison de ce précieux chargement aux Allemands. Aidé des cheminots et de la Résistance, le train sera dérouté afin de ne jamais parvenir en Allemagne et cela notamment par le maquillage des plaques de gare.

L'opération commence par le nom de la station de Rémilly affichée sur un château d'eau au bord de la voie. Immédiatement après le passage du train, la banderole est détachée par les résistants et dévoile le nom de Pont-à-Mousson. Commercy devient Saint-Avold grâce à un changement des plaques (deux faux soldats allemands sont présents sur le quai et communiquent un renseignement à Labiche). Le train est ensuite censé passer la frontière franco-allemande et se retrouver en gare de Deux-Ponts (affichée sous son nom allemand, Zweibrücken) , en réalité, après enlèvement du panneau, c'est Vitry-le-François puis le train se retrouve à Rive-Reine (un ouvrier de la voie masque le nom de la gare en posant sa veste sur le panneau indicateur).

De sabotages en sabotages, le train est bloqué en pleine campagne en raison du déraillement de la locomotive provoqué par Labiche. De guerre lasse, les soldats profitent du passage d'un convoi de camions allemands fuyant l'avance alliée, pour embarquer en abandonnant tous les tableaux au bord de la voie mais avant cela tous les otages sont exécutés. Les soldats allemands en fuite refusent de charger les tableaux à bord des camions, Von Waldheim reste seul au bord de la route. C'est le moment des ultimes retrouvailles entre le colonel Von Waldheim et Labiche. Le colonel explique à Labiche qu'il n'est qu'une brute qui ne comprendra jamais rien à l'art et lui demande pourquoi il a fait tout ça. Labiche se retourne pour jeter un coup d’œil aux cadavres des otages gisant sur le talus de la voie et abat le colonel d'une rafale de mitraillette puis il s'éloigne sur la route.

La question de savoir s'il est légitime ou non de sacrifier des vies humaines pour sauvegarder le patrimoine artistique est n'est pas traitée. Le vaniteux et aristocratique Oberst von Waldheim défend cette thèse. Mais il en montre surtout l'aporie car défendue par n'importe quels moyens telle que l'exécution d'otages. Labiche ne sera jamais convaincu de l'intérêt de sa mission. Il agit sous le coup de la colère, après avoir vu tuer son ami. Il refuse de voir mourir d'autres résistants pour une cause qu'il ne comprend pas et stoppe ainsi, seul, le train dans une séquence spectaculaire.

La question est ainsi laissée en suspens alors que n'est valorisée que l'action parfois purement mécanique des hommes de la résistance qui agissent au milieu d'une époque encore troublée par des années de collaboration.

L'art est bien peu de chose face à l'action qui a le pouvoir de sauver le monde semble dire Frankenheimer. C'est un peu les limites du film : truffé d'actions spectaculaires mais sans âme.

 

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Le train
1964
(The Train). Avec : Burt Lancaster (Paul Labiche), Paul Scofield (Colonel von Waldheim), Jeanne Moreau (Christine), Suzanne Flon (Mlle Villard), Michel Simon (Papa Boule), Wolfgang Preiss (Major Herren). 2h13.
Thème : Résistance
Genre : Guerre