Chantons sous la pluie

1952

Avec : Gene Kelly (Don Lockwood) Debbie Reynolds (Kathy Selden) Donald O'Connor (Cosmo Brown), Jean Hagen (Lina Lamont). 1h43.

Lina Lamont et Don Lockwood, vedettes de l'écran, assistent à la première de leur nouveau film. Interviewé par une commère hollywoodienne, Don raconte sa foudroyante carrière, mais la réalité est toute autre. Avec son ami, Cosmo Brown, on le voit débuter dans de petits théâtres de province, puis se faire engager comme cascadeur dans le cinéma. Il devient le partenaire de Lina Lamont, star du muet, dotée d'une abominable voix. Don fait croire qu'il est amoureux de Lina pour attirer l'attention sur lui, et devient rapidement une star. Un soir, il rencontre Kathy Selden, une danseuse sur les plateaux.

Mais une grande révolution se produit : le cinéma parle. Le producteur R.F. Simpson décide de tourner un film sonore avec ses deux vedettes. L'avant-première est un désastre : la voix de crécelle de Lina fait rire les spectateurs. L'équipe est désemparée. C'est alors que Cosmo trouve la solution : transformer le film en comédie musicale et doubler la voix de Lina par celle de Kathy.

Après la sortie triomphale du film, Don veut faire de Kathy sa partenaire, mais Lina, jalouse, oblige le studio à garder la jeune fille dans l'ombre. Lors d'un gala, le public demande à Lina de chanter. Kathy, cachée derrière le rideau, chante à sa place, Lina ne mimant que le mouvement des lèvres. Le rideau se lève, tiré par Don, Cosmo et Simpson : Lina est confondue. Don avoue son amour à Kathy : ils seront heureux ensemble.

La gloire de ce film, dont la séquence montrant Gene Kelly chantant et dansant sous la pluie est devenue l'emblème par excellence de la comédie musicale hollywoodienne, n'a cessé de grandir au fil des années.

Le documentaire et la satire des débuts du parlant produisent dans le film le plus divertissant des mélanges. A l'écart de la révolution de Un jour à New-York (On the Town), Chantons sous la pluie prolonge astucieusement, en ce qui concerne le sujet, les comédies musicales de type Quarante-deuxième rue (Lloyd Bacon 1933, Warner).

La magie durable de ce film provient pour partie de ce cadre qui lui fournit son originalité de base, de son invention constante, de son ton de satire légère et jamais méchante (encore que le personnage de Jean Hagen, admirablement interprété, ait suscité de manière irrésistible la causticité des auteurs) ; enfin et surtout de son inaltérable bonne humeur. Chantons sous la pluie offre en effet le rare exemple d'un film résolument optimiste du début à la fin où le professionnalisme, la ténacité, l'amitié et l'amour viennent à bout de toutes les difficultés.