La route de Mandalay
1926

(The road to Mandalay). Avec : Lon Chaney (Singapore Joe), Lois Moran (Joe's Daughter), Owen Moore (L'amiral), Henry B. Walthall (Le père James).

Tenancier d'un bouge de Singapour, Joe, borgne et le visage couvert de cicatrices, est un ancien capitaine dont la femme est morte en mer en donnant naissance à leur fille, Rosemarie. Joe se livre maintenant à de louches trafics avec ses deux complices, Charlie Wing, un Chinois fourbe, et Edward Herrington dit "L'amiral", un ancien officier anglais ivrogne et renégat. Rosemarie, qui vient d'atteindre sa majorité, tient un magasin de passementerie et d'antiquités à Mandalay où elle a été élevée par le père James, grâce à l'argent que lui fournissait régulièrement Joe, à l'insu de sa fille. Mais celle-ci n'a qu'horreur et répulsion pour Joe, qui vient de temps à autre lui rendre visite et dont elle ignore qu'il est son père. Lorsque Joe apprend qu'elle est tombée amoureuse de "L'amiral" et qu'elle compte l'épouser, il décide d'intervenir. Il tente vainement de persuader le père James - qui n'est autre que son frère - de refuser de les unir, puis, en désespoir de cause, fait kidnapper "L'amiral" par ses hommes de main. Avertie par son serviteur Yakmo, Rosemarie débarque à Singapour et se rend au bouge tenu par son père pour retrouver son fiancé. Elle y est accueillie par Charlie Wing, qui veut la séquestrer pour en faire une prostituée. Mais Joe survient sur ces entrefaites. Une bagarre éclate au cours de laquelle Rosemarie n'hésite pas à poignarder Joe dans le dos. Il expirera sans révéler à Rosemarie qu'il est son père tandis que la jeune fille, accompagnée de celui qu'elle aime, quittera Singapour à bord d'un bateau.

 

Troisième des huit films réalisés par Tod Browning avec Lon Chaney. Celui-ci joue ici le rôle d'un borgne.

Selon le témoignage de Lon Chaney lui-même, c'est un Italien joueur d'orgue de barbarie dans les rues de San Francisco qui lui fournit le modèle physique de son personnage. A une époque où la profession de maquilleur n'existait pas encore au cinéma, Chaney effectuait lui-même ce travail avec un art et une efficacité qui devaient lui valoir une immense popularité internationale. Pour simuler le spectaculaire oeil crevé de "Singapore Joe", il avait eu l'idée originale de se recouvrir la pupille avec la membrane intérieure d'une coquille d'oeuf. Quant aux cicatrices qui entaillent son visage, il les obtenait grâce à des applications de collodion.

La version intégrale du film est considérée comme perdue. Le film fut présenté au "Cinéma de Minuit" de FR3 au printemps 1991 dans une version incomplète (36 minutes) avec une image floue et granuleuse, vraisemblablement tirée à partir d'une copie 9,5 mm. Le film a, en effet, longtemps été inscrit au catalogue "Pathé Baby" sous le titre de Jee le borgne.

 

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