L'art byzantin s'est développé dans l'Empire byzantin entre la reconstruction de Byzance par Constantin Ier et sa proclamation en tant que seconde capitale de l'Empire romain en 330 ap. J.-C., et la chute de Constantinople en 1453. L'art produit auparavant dans la même région est confondu avec l'art paléochrétien.

Tout comme l'Empire byzantin est le prolongement politique de l'Empire romain, l'art byzantin se développe à partir de l'art romain, lui-même profondément influencé par l'art grec antique. L'art byzantin a toujours conservé en mémoire cet héritage classique. La capitale, Constantinople, est ornée d'un grand nombre de sculptures classiques, qui ont pu devenir un objet d'étonnement pour certains de ses habitants. En fait, l'art produit au cours de l'empire byzantin, bien que marqué par des retours périodiques à une esthétique classique, est surtout marqué par le développement d'une nouvelle esthétique.

La caractéristique la plus marquante de cette nouvelle esthétique est qu'elle est abstraite, non naturaliste. Si l'art classique est marqué par la tentative de créer des représentations de la réalité les plus fidèles possibles, l'art byzantin semble avoir renoncé à cette tentative en faveur d'une approche plus symbolique. La nature et les causes de cette transformation, qui a eu lieu essentiellement au cours de l'antiquité tardive, sont un sujet de débat pour les savants depuis des siècles.

Le premier art byzantin (306 -727)
306 - 337 : L'art de Constantin (330 Byzance seconde capitale romaine)
338 - 526 : Entre Constantin et Justinien (476 : sac de Rome)
527 - 565 : L'époque Justiniene
566 - 727 : La crise du VIIe siecle

L'iconoclasme (728-843)

L'art byzantin tardif (867-1453)
867-1056 : La renaissance macédonienne
1058-1185 : Le maniérisme comnène
1204-1261 : L'intermède latin
1261-1453 : La dynastie Paléologue

 

Le premier art byzantin est produit entre le IVe siècle (règne de Constantin Ier) et le VIIe siècle (début de l'iconoclasme).

Deux événements sont d'une importance fondamentale dans le développement du premier art byzantin. D'abord, l'Édit de Milan, publié par les empereurs Constantin Ier et Licinius en 313 et autorisant le culte chrétien, conduit à l'élaboration de l'art chrétien monumental. Ensuite, la consécration de Constantinople comme « nouvelle Rome », en 330, crée un nouveau centre artistique pour la moitié orientale de l'Empire et, qui plus est, spécifiquement chrétien. D'autres traditions artistiques ont prospéré dans des villes rivales comme Alexandrie, Antioche ou Rome, mais n'ont pas survécu à la chute de ces villes - due aux Arabes pour les deux premières et aux Goths pour Rome – ce qui a permis à Constantinople d'établir sa suprématie.

L'époque justinienne Des modifications importantes dans l'art byzantin coïncident avec le règne de Justinien (527-565), alors qu'a lieu une reconquête temporaire de l'Italie, et se caractérise par un mélange de tradition romaine, de tradition orientale et de christianisme. L'urbanisme de Constantinople et les monuments de Ravenne illustrent l'importante architecture richement décorée de mosaïques, tandis que la production des ivoires (par exemple l'ivoire Barberini), d'orfèvrerie et de peinture sur bois (art des Icônes). La sculpture, quant à elle, vit ses dernières heures de gloire, dans la lignée de la sculpture antique.

Une composante majeure du projet impérial de Justinien était un programme massif de constructions, projet décrit par l'historien de la cour de Justinien, Procope de Césarée, dans son ouvrage Sur les monuments. Justinien a reconstruit, rénové ou fondé d'innombrables églises au sein de Constantinople, parmi lesquelles Sainte-Sophie (Hagia Sophia), qui fut détruite pendant la sédition Nika, l'Église des Saints-Apôtres, et la Petite Sainte-Sophie. Justinien a également construit quelques églises et fortifications en dehors de la capitale impériale, parmi lesquelles le monastère Sainte-Catherine du Sinaï, et la basilique Saint-Jean d'Éphèse. Quelques églises majeures de cette époque ont été construites dans les provinces par des évêques locaux sur le modèle des nouvelles fondations de Constantinople. La Basilique Saint-Vital de Ravenne a été construite par l'évêque Maximien de Ravenne. La décoration de Saint-Vital comporte d'importantes mosaïques de Justinien et de l'impératrice Théodora, bien qu'aucun d'eux n'ait jamais visité la basilique.

La crise du VIIe siècle. L'époque de Justinien fut suivie d'un déclin politique: la plupart de ses conquêtes furent perdues et l'Empire fit face à une crise aiguë notamment de par les invasions des Avars, Slaves, Persans et Arabes au viie siècle. Constantinople fut également ruinée par un conflit religieux et politique35. Les projets monumentaux les plus significatifs de cette époque ayant survécu ont été entrepris en dehors de la capitale impériale. L'église de Hagios Demetrios à Thessaloniki a été reconstruite après avoir subi un incendie mi-viie siècle. Les nouvelles parties comportent des mosaïques réalisées dans un style remarquablement abstrait. L'église de Koimesis à Nicée (aujourd'hui Iznik), détruite au début du xxe siècle mais continuant de vivre grâce à des photographies, démontre l'existence simultanée d'un style plus classique en matière de décoration d'églises.

L'iconoclasme (728-843). La crise iconoclaste a lieu entre les règnes de Léon III (717-741) et Théophile (829-842). La destruction, parfois violente, des images représentant la divinité intervient en réaction face au développement incroyable et incontrôlable du culte des icônes, qui frise l'animisme. Période souvent décrite comme particulièrement pauvre en production artistique, notamment en architecture, l'iconoclasme a toutefois vu un développement des arts somptuaires (tissus, orfèvrerie, etc.).

La renaissance macédonienne (867-1056). Sous les Macédoniens a lieu une véritable renaissance artistique, qui cherche ses références dans l'art de la Grèce antique. L'architecture religieuse se développe, avec l'invention du plan en croix grecque inscrite et le développement du monachisme. Les arts somptuaires prennent un essor considérable, visible à travers notamment une production éphémère de pièces en ivoire.

Le maniérisme comnène (1058-1185) Sous la dynastie Comnène a lieu une seconde renaissance artistique, dans la lignée de celle des Macédoniens. L'architecture se développe, tendant à libérer l'espace intérieur et à en augmenter les dimensions, tandis que sentiments et expressions sont exacerbés dans les peintures, les mosaïques et l'orfèvrerie.

L'intermède latin (1204-1261) La prise de Constantinople par les Croisés en 1204 mène au sac de la ville et à la mise en place d'une éphémère lignée occidentale. L'art est complètement paralysé dans la capitale, où les destructions et les pillages se multiplient, mais quelques objets sont produits, notamment dans les parties reculées de l'empire (Grèce)... Des influences occidentales se remarquent, comme des blasons ou des représentations de saints chevaliers dans les icônes, et c'est à partir de cette période qu'arrivent en Europe occidentale des éléments byzantins, qui influeront par exemple sur la pré-Renaissance italienne particulièrement dans ce qu'on nomme la peinture byzantine.

La dynastie Paléologue (1261-1453) La dynastie Paléologue, qui reprend le pouvoir après avoir chassé les Croisés, donne lieu à une troisième renaissance artistique. Cependant, le recul territorial de l'empire byzantin et les problèmes politiques empêchent l'art de s'épanouir autant que sous les Macédoniens et les Comnène. La prise de Constantinople par le sultan Ottoman Mehmet II met fin à l'empire byzantin, mais ses influences artistiques se retrouvent dans l'art ottoman et en Russie.

Héritage L'empire byzantin à proprement parler prit fin avec la chute de Constantinople, conquise par l'Empire ottoman en 1453 ; mais à cette époque, l'héritage culturel byzantin s'était déjà exporté, notamment par la diffusion du christianisme orthodoxe, vers la Bulgarie, la Serbie, la Roumanie et, de façon plus importante, vers la Russie, qui devint le centre du monde orthodoxe après la conquête des Balkans par les Ottomans. Même sous l'autorité ottomane, les traditions byzantines, en particulier en matière iconographique, survécurent à moindre échelle. En Crète, alors sous l'égide de Venise, un style « post-byzantin » s'imposa pour un peu plus de deux siècles, sous l'influence de plus en plus importante de l'Ouest. El Greco, dans sa jeunesse, a été formé dans la tradition byzantine. L'influence de l'art byzantin fut sensible en Europe occidentale dès le règne de Charlemagne, qui entretenait des relations étroites avec Byzance. Elle s'est ensuite manifestée, notamment en Italie, dans l'architecture religieuse, lors du développement du style roman aux xe et xie siècles. La contribution des intellectuels byzantins émigrés lors de la chute de Constantinople fut également très importante à la Renaissance.

 

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