Jusqu'aux années trente, l'industrie cinématographique japonaise est dominée par deux compagnies, la Nikkatsu (fondée en 1912) et la Kokkatsu. La première a une production culturelle traditionnelle fondée sur un style simple : plans moyens filmés en continu, de façon à réduire le montage au maximum. Elle absorbe la seconde en 1921.

Sous l'influence du cinéma américain, d'autres compagnies voient le jour et cherchent à introduire un peu de modernité. Elles engagent des actrices (auparavant les hommes tenaient tous les rôles) et, au début des années 30, elles ne font plus appel aux benshi (personnes qui racontaient l'histoire dans les salles)

Les six grands studios japonais sont donc la Nikkatsu, La Shochiku fondée en 1920, La Toho en 1936, La Daiei en 1942, la Shintoho en 1947 et la La Toei en 1951.

La Nikkatsu (abréviation du NIppon KATSUdo Kabbushiki Kaisha - Société anonyme des images japonaises animées)

Fondée en 1912 à Kyoto par Einosuke Yokota et Kisaburo Kobayashi, la Nikkatsu est la plus ancienne des majors compagnies japonaises. Au cours de sa première décennie d'existence, elle contribue notamment à la consécration populaire du comédien Matsunosuke Ono, première star du cinéma japonais, dans des films de sabres haletants et acrobatiques, "chambara", sous-genre majeur des films historiques ou de samouraï, souvent dirigés par Shozo Makino.

Dans les années vingt, la Nikkatsu domine la production de films historiques dont les drames sont inspirés du théâtre kabuki avant de se lancer, modernisation oblige, dans la production de drames sociaux à thématique contemporaine. C'est dans ce genre du "shomin-geiki" que Kenji Mizoguchi donnera ses premiers chefs d'œuvres réalistes. Il ne reste toutefois que deux films parmi les quarante-sept réalisés par Mizoguchi pour la Nikkatsu, Chanson du pays natal (1925) plus quelques fragments (une vingtaine de minutes) de son premier film parlant, La Marche de Tokyo (1929).

Dans les années 30, la compaggnie s'installe aussi à Tokyo afin d'y constuire des studios sonorisés modernes pour tourner les premiers parlants. Une rivalité avec la companie Shochiku s'ensuivit et la Nikkatsu, sous la direction de son président Kyusaki Hori, finit par signer un accord avec la nouvelle compagnie Toho afin de distribuer ses films dans son circuit de salles.

En 1942, après d'âpres luttes d'influence, la Nikkatsu se voit imposée par les autorités de guerre son absorbtion par la toute nouvelle compagnie Daiei avec la Shinko et la Daito. La Nikkatsu conserve toutefois un maigre réseau d'exploitation, réduit à 50 salles (contre un millier auparavant) qui, après la guerre distribuera surtout des films américains.

En 1954, grâce à la conjoncture favorable du marché, la compagnie revient sur le devant de la scène et multiplie les projets de films après avoir recruté à tour de bras acteurs, réalisateurs et équipes techniques attirés par des salaires mirobolants proposés par la Nikkatsu (environ quatre fois plus que les studios concurrents- ce qui ne sera pas sans conséquences sur les finances dans la décennie suivante).

C'est le second âge d'or de la Nikkatsu qui concentre ses efforts d'abord sur les grandes adaptations littéraires puis sur un jeune public avide de modernité.

Parmi les grandes adaptations littéraires se distinguent tout particulièrement Le coeur (1955) ou La harpe de Birmanie (1956) de Kon Ichikawa et celles de l'écrivain Shintaro Ishihara dont La saison du soleil (1955) et Passions juvéniles (1956) par Ko Nakahira.

A la fin des années 50, de jeunes cinéastes comme Kirio Urayama, Kei Kumai, Koreyoshi Kurahara et surtout Shohei Imamura forment une sorte de nouvelle vague comme leurs confrères de la Shochiku. La star maison, Yûjirô Ishihara, sorte de James Dean japonais, permet d'engranger des profits considérables. La plupart des jeunes cinéastes durent quitter la compagnie vers 1969-70 pour incompatibilité artistique dans un contexte de plus en plus mercantile. Symbole de ces temps difficiles, le licenciement de Seijun Suzuki (La marque du tueur) à qui l'on reprochera de ne pas faire assez de films commerciaux.

La renaissance aura ainsi été de courte durée, plombée par l'avènement de la télévision et de la société des loisirs, mais en raison aussi et surtout d'une gestion désastreuse des profits réinvestis dans des opérations immobilières douteuses qui conduiront en quelques années à la faillite de la société. Et les succès en série des films de yakuzas de la Tôei, la principale concurrente de la Nikkatsu dans le film d'action empêcheront la Nikkatsu de se refaire une santé sur ses nouvelles stars d'un courant tardif baptisé New Action malgré la très prometteuse série du Boulevard des chattes sauvages.

En 1970, la Nikkatsu est en cessation de paiement. La production est arrêtée, les actifs liquidés et le personnel réduit au tiers. Il lui reste néanmoins son studio de Chôfû (ses créanciers lui en accordent encore la jouissance pour deux ans) et un réseau de cent salles (il était de mille avant la faillite). Il lui reste un personnel d'une loyauté indéfectible, malgré des salaires réduits de moitié, et qui croit encore à la renaissance du studio historique qui est sa fierté.

La Nikkatsu qui a deux ans pour se relever sait qu'elle ne pourra plus faire concurrence à l'empire Toei dans le créneau du film d'action. Il faut trouver autre chose : se sera le film érotique à petit budget tourné en deux semaines mais de qualité. Parce que l'honneur de ce studio historique est en jeu, les équipes de la Nikkatsu s'efforceront toujours de produire des films de qualité même sous le label "porno". Et c'est là que réside la grande différence avec les petites productions indépendantes. Les réalisateurs restés fidèles à la Nikkatsu moribonde acceptent de tourner des films érotiques pour des cachets dérisoires car "cela reste après tout du cinéma" et qu'il n'est pas question pour eux de se vendre à la télévision. Ils reprennent aussi courage quand on leur explique que la seule contrainte pour eux est de tourner une scène érotique toutes les dix minutes et que, pour le reste, ils ont carte blanche sur le fond comme sur la forme. Pour ces réalisateurs qui au cours des années soixante, avaient été sans cesse sous pression (ils tournaient huit à dix films par ans) à qui l'on imposait scénaristes et acteurs, le roman porno va leur offrir une marge de manœuvre et de liberté créatrice inédite : d'un jour à l'autre ils sont passé du statut de faiseur à celui d'auteur. Et ce sentiment de grande liberté a contribué pour beaucoup dans la qualité et l'inventivité du roman porno.

Il ne lui restait plus qu'à trouver des idées de scénarios. La première viendra d'un réalisateur maison, Shôgorô Nishimura. C'est en regardant à la télévision une émission, qui fit grand bruit à l'époque, dans laquelle des ménagères de 25 à 35 ans dont les maris avaient des revenus modestes, avouaient s'être prostituées pour acheter des bijoux, fourrures et autres produits de luxe, qu'il eut l'idée de faire un film. Ces confessions dérangeantes -car elles reflétaient un phénomène de société contribua à populariser le terme de danchizuma (les femmes aux foyers qui vivent dans les HLM de banlieue) avec toutes les connotations sexuelles qu'il impliquait. C'est ainsi que le premier Roman porno de la Nikkatsu Le jardin secret des ménagères perverses (Shôgorô Nishimura, 1971) avait pour titre original Danchizuma hirusagari no jojidont.

Parce qu'il brisait des tabous le film connu un succès considérable. Il fut suivi d'une trentaine d'épisodes qui permit à la Nikkatsu de se renflouer, de racheter ses studios à ses créanciers et de croire à nouveau en l'avenir avec le genre roman porno. La série danchizuma évolua avec le temps, s'enrichit de nouveaux thèmes : ces cités entières de femmes au foyer abandonnées par les hommes douze heures par jour, et donc transformées en immenses gynécées étaient propice aux fantasmes masculins les plus fous.

Le second sous-genre qui plut au public juste après le danchizuma fut celui des drames adultères grâce à la capacité des scénaristes à décrire une réalité sociale : celle du paradoxe d'une société de consommation qui procure le bien-être en même temps qu'elle produit l'ennui, du fait de maris toujours absents car trop dévoués à leur entreprise. Ce seront Hong kong requiem (Masaru Konuma, 1973). L'épouse, l'amante et la secrétaire (Katsuhiko Fuji, 1982), Cinq secondes avant l'extase (Yojiro Takita, 1986).

Dans un premier temps le caractère inédit et provocateur du Roman Porno va assurer son succès tout autant que les descentes de police dans les salles de la Nikkatsu pour interdire la projection de certains films dont les scènes d'amour son jugées trop obscènes. Pourtant tous ces films ont obtenu un visa de censure. Ces incohérences juridiques qui font que la Nikkatsu finit toujours par gagner ses procès sont relayés par la presse progressiste. Un débat passionné sur la liberté d'expression se fait jour. C'est ainsi que la Nikkatsu élargit de plus en plus son public en s'attirant la sympathie des étudiants et des intellectuels qui voient dans le roman porno une nouvelle forme de contestation dans un contexte de désintérêt total des japonais pour la politique résignés à suivre la voie américaine de la société de consommation à outrance.

En 1994, la compagnie finit par déposer son bilan après plusieurs années de difficultés chroniques et l'abandon de sa production.


Shochiku : la compagnie du pin (Shô) et du bambou (Chiku) ainsi nommée en combinant les prénoms des deux associés à l'origine de sa création en 1920. Ils fondèrent d'abord des studios modernes à Kamata, près de la baie de Tokyo en chargeant le dramaturge Kaoru Osani de l'organisation de la production et de la formation des acteurs, celui-ci réalisant Ames sur la route (1921) avec Minoru Murata, un des premiers drames modernes du cinéma japonais. A cette époque, la Shochiku participa directement à la révolution des actrices (qui remplacèrent les oyama).

1923 est l'année du tragique tremblement de terre (1er septembre) qui détruit une grande partie de Tokyo, faisant plus de 100 000 morts. L'activité de la Shochiku transférée à Kyoto, qui devient du coup le Hollywood japonais.

Les années 20 et 30 virent fleurir le genre shomingeki, illustré entre autres par les premiers films d'Ozu (Gosses de Tokyo, 1932) mais aussi se développer une âpre rivalité avec la Nikkatsu et surtout avec la Toho qui accapara notamment la vedette Kazuo Hasegaw.

Les logos Shochiku au fil des oeuvres de Yazujiro Ozu
J'ai été diplomé mais
une auberge à Tokyo
Le goût du riz au thé vert
Voyage à Tokyo
Printemps précoce
herbes flottante Ozu

En 1939, Mizoguchi passe à la Shochiku, pour laquelle il réalise une trilogie consacrée à la vie des acteurs de théâtre. Certains considèrent ces films comme une "évasion" par rapport aux pressions officielles. Le premier est un des sommets de l'œuvre de Mizoguchi : Les Contes des chrysanthèmes tardifs. Les deux autres, La Femme d'Osaka et La Vie d'un acteur, sont perdus. Pendant la guerre, la Shochiku éprouva des difficultés avec les autorités gouvernementales car elle ne produisait pas assez de films nationalistes et c'est Mizoguchi qui la sauva du désastre en tournant sa monumentale version des 47 ronins

Elle fut l'une des trois compagnies autorisées à subsister avec Toho et Daiei. Ozu, libéré en 1946, part directement pour la Shochiku pour qui il tourne en 1947 Récit d’un propriétaire, puis son sublime Printemps tardif (1949) où son style et sa thématique de la famille culmine. Se développent les films de famille appuyés par la politique du président Shiro Kido et dirigés par des cinéastes comme Ozu, Kinoshita ou Noboru Nakamura. Ce fut Kinoshita qui y tourna le premier film en couleurs (Fujicolor) japonais, Le retour de Carmen (1951) et la Shochiku adopta la première le Cinémascope tandis qu'Ozu s'affirmait comme le meilleur cinéaste d'Ofuma avec des films comme voyage Tokyo (1953) ou fleurs d'équinoxe (1958). De son côté Naruse, après avoir connu un passage à vide après la défaite japonaise en tournant des films mineurs, réalise parmi ses meilleurs films tels que Chrysanthème tardif (1954), Nuage flottant (1955) ou Okasan (1952).

Dans les années 60, la compagnie eut maille partir avec les jeunes loups de la nouvelle vague (Oshima, Yoshida, Shinoda) tout en remportant quelques succès internationaux (Harakiri de Kobayashi, 1963). Mais elle n'échappa pas à la crise économique générale et en survit plus que grâce au succès local de films populaires, comme ceux de la série Tora-San de Yoji Yamada

A la fin des années 70, Shohei Imamura y a fait cependant son retour au cinéma avec La vengeance est à moi (1979) et Eijanaika (1981). De temps à autre, la compagnie s'efforce de produire des films de prestige tout en maintenant une production commerciale visant le seul public local.


La Toho (littéralement Trésor de l'Est), compagnie fondée en 1936 par Ichizo Kobayashi pour la distribution des films d'autres sociétés dont PCL (Photo Chemical Laboratory) son véritable ancêtre. C'est l'une des trois compagnies ayant pu poursuivre ses activités durant la guerre et qui produisit sans doute le plus grand nombre de films nationalistes surtout dirigés par le vétéran Kajiro Yamamoto (la guerre navale de Hawaii à la Malaisie (1942) et vit aussi les débuts du jeune Akira Kurosawa (La légende du grand judo, 1943).

L'immédiate après-guerre fut une période de troubles et de grèves provoquées par des syndicats pro-communistes (1947-48) où la compagnie faillit sombrer, tandis qu'acteurs et techniciens non-grévistes du "deuxième studio " fondaient de leur coté la Shintoho (nouvelle Toho, qui s’arrêtera en 1961) pour qui Mizoguchi réalise La vie d’Oharu femme galante (1951) et Ozu Les sœurs Munakata (1950) ainsi que quelques autres films

De nouveau active dans les années 50, la Toho eut la chance d'avoir comme vedette Toshiro Mifune qui, sous la direction de Kurosawa contribua au prestige international de la compagnie avec des films aussi célèbres que les sept samouraïs (1954), Le château de l'araignée (1957) et presque tous les films jusqu'à Barberousse (1965). Mais d'excellents réalisateurs comme Mikio Naruse ou Shiro Toyoda contribuèrent aussi à la bonne image de la Toho qui avait sous contrat plusieurs vedettes populaires telle Hideko Takamine. Au plan local, la Toho produisait également des films d'action modernes ou historiques ou des films de monstres souvent réalisés par Inoshiro Honda et le directeur des effets spéciaux Eiji Tsuburaya et dont le prototype est Godzilla (1954).

Dans les années 6O, la Toho subit les contrecoups de la crise économique et elle fusionna en avril 1975 avec la société de distribution Towa.

Daiei (abréviation de Dai Nihon Eiga, ou Films du grand Japon). Compagnie fondée en 1942 par Masaichi Nagata, ancien président des films Dai-Ichi-Eiga (1934-36) au temps de la politique gouvernementale de remembrement cinématographique.

En 1932, les militaires prennant le pouvoir, prennent la direction de la Nikkatsu. Ce renversement, qui limite la liberté des réalisateurs, explique la fondation en 1934 de la Daiichi-Eiga par Kenji Mizoguchi avec son ami le producteur Masaichi Nagata. Mizoguchi y tourne d'abord La cigogne en papier, Oyuki la vierge et Les coquelicots. En 1936, L'élégie de Naniwa obtient un succès critique, bien que la censure conduise le distributeur à se contenter d'une sortie prudente. La même année, Les Sœurs de Gion remporte également un succès public mais c'est trop tard et la société de Mizoguchi et Nagata fait faillite.

La cigogne en papier
elegie de ninawa

Durant la guerre ne devait subsister que deux compagnies d'avant-guerre (Shochiku et Toho) mais Nagata parvint à faire accepter la création d'une troisième compagnie, regroupant Nikkatsu, Shinko et Daito bien qu'il eut été arrêté pour une affaire de pots de vin. De 1942 à 1949, Mizoguchi préfère néanmoins rejoindre la Shochiku.

C'est ainsi après la guerre que, malgré les divers scandales politico-financiers dans lesquels fut impliqué Nagata, la Daiei connu sa période la plus faste. Le succès international vint avec Rashômon d'Akira Kurosawa qui remporta de façon inattendue le Lion d'or de la Mostra de Venise en 1951 et inaugure à la Daiei une politique de films de prestige, essentiellement historiques, destinés à conquérir festivals et marchés internationaux. Politique qui est couronnée de succès aussi bien à Cannes (Les contes de Genji de Kozaburo Yoshimura, en 1951 et surtout La porte de l'enfer de Teinosuke Kinugasa, palme d'or en 1954) qu'à Venise où sont présentés et primés la plupart des grands Mizuguchi de cette période : les contes de la lune vague après la pluie (1953) l'intendant Sansho (1954) le Héros sacrilège et l'impératrice Yang Kwei Fei (1955).

Mais la crise économique des années 60 est fatale à la compagnie qui accuse un rapide déclin en dépit du succès local de plusieurs séries dont Zatoichi, le masseur aveugle (près de 25 films de 1962 à 1971) et de certains films de Masumura. En 1971, Masaichi Nagata dépose le bilan mais la compagnie est alors gérée par les syndicats et reconstituée partiellement à la fin des années 70. Elle assure actuellement la distribution de ses anciens films et a pratiquement abandonné toute production.


La Shintoho (ou New Tōhō Company) fondé en 1947. Elle est fondée par des transfuges de la Toho originale. Surtout connue pour ses films d'exploitation, la société se déclare en faillite en 1961. Le Destin de madame Yuki (Kenji Mizoguchi 1950), Les Sœurs Munakata ( Yasujirō Ozu, 1951), Le Fard de Ginza (Mikio Naruse ,1951), : La Vie d'O'Haru femme galante (Kenji Mizoguchi, 1952), La Mère (Mikio Naruse,1952)

 

Toei (Littéralement Films de l'Est) compagnie crée en 1951 par la fusion de deux petites entreprises (Toyoko et Oizumi) avec à sa tête le businessman Hiroshi Okawa et l'une des plus ouvertement commerciales. Elle sut attirer les acteurs de " jidai-geki " comme Chiezo Kataoka et Kinnosuke Nakamura qui devint rapidement la plus grande star du genre dans les années 50 et 60 sous la direction de Tomu Uchida. Malgré quelques œuvres de qualité (la légende cruelle du Bushido, 1963) et d'autres films de Tadashi Imai, la production de la Toei s'est essentiellement orientée vers les genres populaires avec après 1970 une vogue grandissante des films de yakuza. Elle distribue également de nombreux films produits par l'éditeur Haruki Kadowaka tout en coproduisant des films de prestige comme ceux d'Imamura, la ballade de Narayama, Zege, Pluie noire.