Editeur : Carlotta-Films. novembre 2007. Nouveau master restauré. Version Originale / Version Française Sous-Titres Français & Espagnol Format 1.77 Durée du Film : 1h44. Prix public conseillé : 19.99 €

Suppléments:

  • L'Album d'Ana, une Mémoire de l'Espagne (27 mn) Claude Murcia, Professeur d'études cinématographiques et de littérature analyse les thématiques de l’oeuvre autour de ses personnages et revient sur les traces du franquisme qui émaillent le film.
  • Chez Carlos Saura (42 mn) Dans sa maison madrilène, une conversation avec le réalisateur sur sa perception du cinéma, au ton poétique et surréaliste, et ponctuée de souvenirs de tournage.
  • Entretien avec Elías Querejeta (18 mn) Sous forme de questions-réponses,
  • Bande-annonce d’époque. Bandes-annonces 2007
  • Partie DVD-Rom : Les dossiers pédagogiques édités par Zéro de conduite et Le Latina Cinélangues lors de la ressortie du film en février 2007.

Ana réagit par le désir de meurtre et le refuge dans l'imaginaire à la perte de l'affection de sa mère. Dans le cadre clôt d'une maison madrilène, passé et présent, réalité et imaginaire se confondent.

Carlos Saura complexifie sa fiction par l'intervention en plan fixe, regard caméra, de Ana devenue grande qui commente son enfance depuis un temps à venir situé vingt ans plus tard, aux environs de 1995. Ce point de vu souffrant mais apaisé ainsi que les derniers plans du film hors de la maison disent l'espoir d'un avenir qui aurait échappé à l'omniprésence de la mort et du régime franquiste qui vit alors sa dernière année.

 

La mort omniprésente

Le film s'ouvre par le décès du père alors qu'il fait l'amour avec la femme d'un de ses amis, camarade de promotion. Ana semble moins préoccupée de la mort de son père que de nettoyer le verre qui contient la mystérieuse poudre banche qu'elle y a mis. Cette poudre n'est pas mortelle. Ana à 25 ans se contente d'affirmer qu'elle voulait tuer son père avec cette poudre dont sa mère lui avait dit qu'une cuillerée pouvait tuer un éléphant. Et Saura montre distinctement qu'il ne s'agit que d'une boite de bicarbonate de soude.

Le désir de mort d'Ana se multiplie pourtant. Sous forme de comptine, elle fait mourir ses sœurs lorsqu'elles sortent de leur cachette, elle est prêtre à euthanasier sa grand-mère, célèbre une cérémonie funèbre pour son cochon d'inde et croit tuer sa tante Paulina en mélangeant la poudre à son lait du soir.

 

Le traumatisme du manque d'affection

Ana a perdu sa mère. Elle s'en remet d'autant moins qu'elle déteste son père et ne trouve qu'un maigre réconfort avec sa grand-mère et la bonne. Celle-ci semble tout droit sortie de Cris et chuchotements, où seule la bonne opulente était encore capable d'amour envers Agnès. La scène de la mort de la mère d'Ana, (corps blanc exsangue et souffrant et rouge du sang) est aussi une réminiscence du film de Bergman sorti trois ans plus tôt.

Ana est une enfant hypersensible et mystérieuse. Face à la douleur de sa mère et l'indifférence de son père, elle se réfugie dans un monde clos et parle peu. L'origine de son de mutisme, proche de l'autisme, provient en grande partie du sentiment de culpabilité envers la mort de son père qu'elle refoule. Culpabilité qui ne trouve qu'à se renforcer dans les remarques des adultes. Celles de Paulina mais aussi celle de Rosa lorsque Ana essaie d'allaiter son poupon et qu'elle lui dit qu'elle ne sait pas s'y prendre, qu'elle n'est bonne à rien.

Le tour de magie de la poudre dans le verre n'ayant pas fonctionné, Anna se doit de sortir de ce monde clos, de cette villa à la piscine à sec. C'est la fin des vacances, du repli sur soi. Sans doute l'ouverture au monde sera bienvenue pour Anna comme pour l'Espagne

 

Michelle Delalix le 21/11/2007

 

L'Album d'Ana, une Mémoire de l'Espagne par Claude Murciat (0h27)


Importance du corps de l'acteur, et particulièrement de Ana. Le regard de Ana ne relève pas de l'expressivité mais d'une retenu hypnotique et fascinante.
Rhétorique du détour pour affronter la censure. Personnalité antifranquite. Le film parle de la perte, du deuil, de l'imaginaire enfantin. I est illuminé par le visage de Ana Torrent. La musique contribue beaucoup aussi au succès du film. Hay, Maricruz de Valverde, Leon y Quiroga, chantée par Imperio Argentina, est liée à la grand mère. Cancion y danzas n°5 de Federico Mompou est liée à la mère et Porque te vas ? de J L Perales, chantée par Jeanette (Ana) est liée à Anna, à l'abandon.

 

Chez Carlos Saura (0h42)

Carlos Saura revient sur le choix du titre, de l'actrice Ana Torrent, de son prénom, sur le rôle de la maison ou de spattes de poulet dans le frigo....

 

Entretien avec Elías Querejetaa (0h18)

Elías Querejeta revient sur la production de Cría Cuervos et sur sa carrière de producteur.

 

 

 

Carlotta-Films
 
présente
 
Cria Cuervos de Carlos Saura