Editeurs : Potemkine et Agnès B. Novembre 2013. 27 digipacks, soit au total 30 DVD accompagnés de leur déclinaison blu-ray pour les 22 films restaurés en haute définition. 200 €.

Suppléments :

  • Un livret de 100 pages
  • 9 courts-métrages dont 2 courts-métrages inédits .
  • des dizaines d'heures de bonus : entretiens inédits avec les acteurs et plus proches collaborateurs du cinéaste, documentaires signés Eric Rohmer, documents d'archives
  • Les courts-métrages réalisés par ses comédiennes réunis sur deux DVD.
  • Une pochette surprise...


Le tout lové dans un solide coffret cartonné illustré, ainsi que son contenu, par les dessins de Nine Antico, en tirage limité et numéroté.

 

L'intégralité des 25 longs-métrages d'Eric Rohmer : Le signe du lion ; La boulangère de Monceau ; La carrière de Suzanne ; La collectionneuse ; Ma Nuit chez Maud ; Le genou de Claire ; L'amour l'après-midi ; La Marquise d'O... ; Perceval le Gallois ; La femme de l'aviateur ; Le beau Mariage ; Pauline à la plage ; Les nuits de la pleine lune ; Le rayon vert ; L'ami de mon amie ; 4 Aventures de Reinette et Mirabelle ; Conte de printemps ; Conte d'hiver ; Conte d'été ; Conte d'automne ; L'arbre, le maire et la médiathèque ; Les rendez-vous de Paris ; L'Anglaise et le duc ; Triple agent ; Les amours d'Astrée et de Céladon.

Mais aussi Place de l'Etoile 4ème court-métrage du film Paris vu par... et la persque totalité des 30 Courts-métrages et films de télévision réalisés entre 1951 et 2005.

Mais aussi des entretiens inédits avec les acteurs et plus proches collaborateurs du cinéaste et des documents d'archives.


Suppléments Digipack 2 , La boulangère de Monceau
(4) Entretien avec Barbet Schroeder

 


Suppléments Digipack 3 , La carrière de Suzanne
   
Extrait de Brigitte et Brigitte de Luc Moulet (1966)
Extrait de Out one de Jacques Rivette (1971)
   

Entretien avec Barbet Schroeder : On n'avait tellement pas de budget que l'on ne pouvait pas payer pour des figurants, ni même pour les cafés des figurants ! On appelait les copains qui devaient donner des heures de leur temps à boire un café. Une seule prise à chaque fois. Pour Bérénice, la durée de la pellicule était inférieure à la durée du film. Rohmer a utilisé les amorces des films qui n'étaient pas facturés par la maison Kodak. Et puis, après, c'est devenu un style : on répète, on répète et, avec la pression de la prise unique, on obtient la magie de la première prise qui a une fraicheur unique. Celui qui fait aujourd'hui, c'est Clint Eastwood.

 

 


Suppléments Digipack 4 , La collectionneuse
(1) Nadja à Paris
(2) Nadja à Paris
(3) Les écrans de la ville (1967)
(4) Entretien avec Barbet Schroeder

(1) et (2) Nadja à Paris (Eric Rohmer, 1964, 0h13)

(3) Les écrans de la ville, émission du 14 mars 1967 (0h29). C'est, pour Claude Chabrol un film austère, Rohmer pas porté sur la gaudriole. Difficile à comprendre mais séduisant, il donne l'impression d'être tourné comme un reportage car Rohmer à toujours dit être plus intéressé par la prise de vue que par la mise en scène. Il conduit des gens dans une certaine situation pour les amener à dire ce qu'il avait envie qu'ils disent après toute une série de méandres épouvantables. Et lui se met devant et tourne, mais de façon très belle alors que l'on a l'impression que les choses se font d'elles-mêmes. La flousaille même des personnages est le sujet du film.

Les acteurs masculins sont affectés par de mauvaises critiques sur eux. Daniel Pommereulle pensent que les gens ont horreur d'entendre penser les gens, de les entendre penser à voix haute.

(4) Entretien avec Barbet Schroeder (0h13). La fille à la bicyclette, premier titre de Ma nuit chez Maud, est refusé par la télévision qui prétend que c'est du théâtre filmé. Le refus est net accompagné d'injures et d'insultes. Rohmer parait peu affecté et veut tourner dès que l'été arrive, à Saint-Tropez avant toutefois que ne débarque le grand public. Il ne lui faut qu'une grande maison et, cette fois, il décide d'utiliser la couleur.

C'est le temps où Rohmer reçoit ses acteurs aux Deux magots et au Flore alors qu'il ne sortira plus une fois marié. Ses amis le surnomment le grand Momo. Le rôle est écrit pour Haydée Politoff. Patrick Bauchau est un ami de Barbet et a pour ami Daniel Pommereulle. Rohmer se dit amoureux de la gestuelle propre de ses acteurs notamment de Daniel Pommereulle qui tape du pied quand il est énervé.

Néstor Almendros, réfugié cubain, est un ami de Barbet. Il a demandé à faire des photos de tournage et il remplace au pied levé l'opérateur, pas payé, qui ne s'entendait pas avec Rohmer. Il aura les innovations de la pauvreté : lumière avec des miroirs et des murs blancs pour la réfléchir. Barbet avait trouvé une cuisinière, Mama italienne, pour des repas moins chers que ceux à base de fromage. Comme elle ne fait que du minestrone, Barbet décide de fêter la fin du tournage avec un gigot. Personne ne le dégustera ! Il finit coupé en petits carrés dans le minestrone.

Barbet connait Beauregard qui aide à finir montage avec le matériel noir et blanc et muet produit par Rohmer. Il paie les frais de laboratoire et le doublage minutieux de quinze jours. Rohmer entretenait une correspondance avec des amateurs d'oiseaux et s'est renseigné sur les oiseaux du sud à faire entendre dans le film.

Le studio Git le cœur, nouvelle salle du quartier latin, joue le film pendant plus de six mois. Truffaut l'y découvre et admire.


Suppléments Digipack 8, La marquise d'O
Nancy au XVIIIe
Entretien avec Margaret Menegoz (12')
   
Catherine de Heilbronn (1979, 2h18)
Ciné-regards du 4 février 1979 (29')
   

Nancy au XVIIIe; Place de la carrière et place Stanislas puis mise en scene de plans et dessins.

Entretien avec Margaret Menegoz (12') . Margaret Menegoz coproduit le film en Allemagne avec apports de capitaux français. Eric Rohmer et Barbet Schroeder lui apparaissent d'abord comme deux célibataires qui ont besoin d'une femme à la maison. La coproduction allemande avait mandaté un dialoguiste pour adapter la nouvelle de Kleist au cinéma. Rohmer s'oppose à ce travail : l'adaptation en allemand détruit la nouvelle. Le dialogue de Kleist lui parait bien meilleur et fournir un scénario à suivre à ligne à ligne. Lors de la vision du film personne n'osera, en France ; rire à l'humour de Kleist qui est perçu comme un dieu romantique.

Ayant refusé la surcharge du texte, Rohmer refuse aussi les accessoires baroque du décorateur. Il quitte le château prés de Nuremberg pour aller chez un loueur de meubles à Paris et remplir une camionnette de meubles Louis XVI. Rohmer montre à Margaret Menegoz le tableau de Füssli pour lui donner une idée de ce qu'il souhaite pour la scène du viol.

Rohmer lit parfaitement l'allemand mais le parle assez. Aime davantage Kleist que Goethe et Schiller, trop flamboyants. Rohmer peut choisir des acteurs de la prestigieuse Schaubühne de Berlin (Gruber, Peter Stein). Seuls la mère et le père n'appartiennent pas à cette troupe. La version française avec réalisée avec Marie-Christine Barreau et des inserts de texte en français.

Ciné-regards du 4 février 1979. Perceval est issu de ma première envie de faire du cinéma, je crois qu'elle remonte à l'âge de six ou sept ans. Je ne savais pas ce que c'était que le cinéma : je n'avais pas vu beaucoup de film. Mais mon premier rêve, c'est le moyen âge. On est toujours très sensible au moyen âge. Ce n'est pas une période sombre, terrible et triste mais au contraire une époque riante.

Le film est différent des contes moraux, réalistes et engagés dans la vie quotidienne. C'est une œuvre féerique, magique avec des mouvements stylisés copiés sur la sculpture romane tout en n'étant pas trop artificiels.

C'est une coproduction des télévisions française, italienne et allemande. Cela a évité une corproduction internationale à gros capitaux qui n'aurait pas donné un film totalement français, ce que je voulais absolument comme La marquise 'O était totalement allemand. Le budget réduit du film a été suffisant grâce aux longs mois de répétition.


Suppléments Digipack 13, Les nuits de la pleine lune
Ville nouvelle (1975, 4 x 0h52)
Ville nouvelle (1975, 4 x 0h52)
   

 


Suppléments Digipack 15, 4 aventures de Reinette et Mirabelle
Trio en mi bémol, pièce d'Eric Rohmer (1988)
Entretien avec Jessica Forde (8')

Captation de Trio en mi bémol, pièce d'Eric Rohmer (1988, 1h16).

Entretien avec Jessica Forde (8'). Elle remplace Anne-Laure Meury qui ne s'entendait pas avec Joëlle. Le marchand de tableau complètement écrit sans aucune improvisation. Pour le reste des plans larges avec des intentions, des suggestions pour enlever ou rajouter, puis champs sur Joëlle puis contre-champs sur Jessica. L'heure bleue lever de très bon matin pour la saisir avec deux ingénieurs du son, Pierre Camus et Pascal Ribier, et Sophie Maintenue pour le cadre et la lumière. Tournage chez Françoise Etchegaray; les appartements sont ceux du Losange.

Rohmer voulait un second volet aux 4 aventures de Reinette et Mirabelle. Il se transforme en pièce de théâtre, jouée au Théâtre du Rond-point. Tout est écrit et Rohmer montre à Jessica Forde des films avec Brigitte Bardot pour jouer le rôle d'une fausse naïve. La direction d'acteur est ainsi très forte durant les deux mois et demi de répétitions, cinq jours par semaine. Après un mois et demi de saturations de direction, Rohmer laisse un peu d'improvisation.


Suppléments Digipack 17, Conte de printemps
La sonate à Kreutzer (Rohmer, 1956, 0h43)
Entretien avec Florence Darel (12')

La sonate à Kreutzer (Rohmer, 1956, 0h43)

Entretien avec Florence Darel (12'). Les circonstance de son engagement

Extrait du Celluloïd et le marbre, interview audio par Noël Herpe et Philippe Fauvel, franc-culture, 2009 (19'). "La musique s'accorde de merveilleuse façon au cinéma mais d'une bonne et une mauvaise façon. La mauvaise est celle des films muets et des premiers temps du parlant sur lesquels on plaque une musique de ballet dans le but de suivre le rythme, le mouvement.
En revanche Rohmer aime la musique d'atmosphère, celle qui s'accorde aux sentiments des personnages. Parfois les films tiennent le coup par leur musique, ainsi du très mauvais Troisième homme avec Orson Welles. Rohmer rend hommage à Melville pour utiliser la musique baroque dans un film et à l'utilisation de Vivaldi par Renoir dans Le carrosse d'or. Il utilise lui-même peu de musique, sauf dans Le signe du lion. Il n'est pas très porté sur la musique contemporaine mais aime la musique composée pour le film, entre l'école de Vienne et Bartók. Rohmer aime surtout de Bartók sa musique pour violoncelle. Louis Saguer compose une musique atonale sans avoir vu le film en ayant lu le scenario d'une marche vers la clochardisation. Il conseille de ne pas mettre de musique au moment des bruits des marchés.
La musique de Charlotte et son steak est de Maurice Leroux qui compose de jolis accords en introduction. Cela le gêne d'utiliser des extraits des chefs-d'œuvre. Il n'utilise pas de musique off. Dans Ma nuit chez Maud il y a un concert et on joue au piano dans Conte de printemps. De nouveau un beau générique de Jean Louis Valero pour Le rayon vert. Dans Conte d'été c'est une imitation de chanson folklorique bretonne et non un air de moyen âge proche de Perceval comme il l'avait cru. L'accordéoniste de saint Malo utilise un instrument diatonique avec essenteilelment les gammes de do majeur do mineur. N'ayant pas d'accodéeon chromatique, il chantonne pour certaines modulations, impossible à suivre autrement.

 


Suppléments Digipack 19, L'arbre, le maire et la médiathèque
L'amour symphonique, clip d'Arielle Dombasle
Bois ton café, clip de Rosette

Suppléments : L'amour symphonique, clip d'Arielle Dombasle (1990, 5') Très kitch mais séduisant : J'ai tout chanté, j'ai tout joué, j'ai tout dansé. Parler d'amour ne suffit pas pour dire combien mon cœur bat pour vous. Toutes le notes de la terre je les invente pour lui plaire..."). Bois ton café, (bois ton café, il va être froid, me dit-il tous les matins. Moi, je préfère rester dans mon lit de plumes d'oies) clip de Rosette réalisé par Eric Rohmer + version de travail en super 8 (7'). Entretien avec Arielle Dombasle et Pascal Gregory (12' et 17').

 


Suppléments au Digipack 20, Les rendez-vous de Paris
Jeux de société (1989, 57')
Entretien avec Diane Baratier (18')

Jeux de société (1989, 57').

Entretien avec Diane Baratier (18'). Des travellings depuis le début, mais surtout à la sortie du musée Picasso, qui vont annoncer Conte d'été. Deux chevaux du frère, fauteuil roulant. Diane Baratier a été engagée grâce à la petite photo de photomaton que sa mère avait joint à son CV. L'arbre, les rendez-vous de Paris. Débutante et pas mieux qu'une autre.

Face à la foule pour éviter les regards caméra qui détournent les yeux vers elle. On ne crie pas, on ne parle pas. Tout est répété tournage rapide et silencieux comportement très calme et se déclarent comme des étudiants qui font un documentaire. On ne remarque pas l'image n'aime pas le langage cinématographique, zoom maladroit, filtre entre la réalité et lui pas de focales artificielle par rapport à l'œil ; ni plongé ou contre-plongées, découpage fluide; pas de tournage à l'américaine tout en plan large puis toute en plan serré.

Amour du 4/3. La finance impose le 16/9 : 1.85 et 2.35. Rohmer prèfère pouvoir cadrer mains et visage dans un plan assez serré. Le film est un tableau. Même si les référence à la peinture abondent, il n'est pas question de pas travaillé dans l'esprit de Miro ou de Picasso. en revanche grande attention à une tache de rouge, de vert. l'image a l'légance de ces répétitions mais dans aucun plan on ne doit voir lumière ou sentir la composition.

C'est la même caméra pour Les Rendez vous, L'arbre, Reinette et Le rayon vert, celle achetée à l'ORTF qui vendait ses caméras 16 pour passer à la vidéo. Le zoom est un 12-120. "Je me sers de ce qu'il y a" disait Rohmer, détaché de la technique et du matériel. Il utilisait une petite caméra vidéo pour faire des essais. Il a toujours su conserver l'esprit d'amateurisme et n'a jamais théorisé, dogmatisé son travail de cinéaste.


Suppléments au Digipack 22, Conte d'automne
Fermière à Montfaucon (13')
Entretien avec Margaret Menegoz (12')

Fermière à Montfaucon (1967, 13').

Entretien avec Margaret Menegoz (12'). Rohmer lui a appris le métier de producteur. On n'a pas besoin de toutes les conventions du métier. Rohmer choisit tout, à commencer par les décors. Il utilise seulement la partie de contre-champ nécessaire car il a répété en super-8. Pour Pauline à la plage, Néstor Almendros voulait du papier kraft pour cacher la tapisserie qu'il trouvait horrible. Rohmer n'a pas transigé et est revenu à la tapisserie originale. Il ne pratique jamais de délégation pour ses choix mais a besoin d'un régisseur en permanence pour présenter des choix possibles. Margaret Menegoz fut d'abord au service exclusif de Rohmer puis de Fassbinder avant de s'occuper de la distribution et des ventes internationales. Succès pour assurer la liberté. Contes moraux culmine avec L'amour l'après-midi, Comédies et proverbes l'ami de mon amie Hiver printemps été automne

Extrait de Les quatre saisons d'Eric Rohmer, entretien audio avec Marc Voinchet (5'). Le scénario peut rappeler Ernest Mignon de Balzac. Le film est bon dans le déroulement du temps, pas dans le résumé. L'intrigue est solide car la construction de l'histoire a l'aspect haletant des comédies de Hawks. Marie Rivière a quelque chose de Catherine Hepburn dans L'impossible monsieur bébé.

 

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Coffret Eric Rohmer, l'intégrale