Journal filmé. Impressions du pays où l'on fabrique des téléviseurs
pour le monde entier. Voyage à Tokyo,
des images d'un Japon actuel, l'évocation du cinéaste disparu
Yasujiro Ozu. Balade dans Tokyo, dans l'un des nombreux salons de pachinko
où la folie du jeu aide le temps à passer malgré le bruit
des machines à sous. Rencontre avec Chishu Ryu, qui a interprété
un rôle dans pratiquement tous les films d'Ozu et évoque ses
rapports, toujours d'élève à professeur ou de fils à
père, avec celui qui demeure son seul maître. Les trains, omniprésents
dans les oeuvres d'Ozu. Le golf qui a conquis le Japon en même temps
que les toits des buildings de ses grandes villes, faute de place. Ces ateliers
où l'on fabrique la nourriture en plastique destinée aux étalages.
Représentations artificielles bien souvent aussi appétissantes
que les véritables. Une nouvelle rencontre, dans un bar de Shinjuku;
celle de Chris Marker, réalisateur français, amoureux du Japon,
et puis cette autre avec Yuharu Atsuta, cet " artisan de la caméra
", qui témoigne avec émotion de ce que fut son travail
avec Ozu, et qui ne l'a pas quitté depuis le temps où il n'était
que deuxième assistant des films muets. La technique, les plans fixes,
filmer en intérieur avec l'oeil de quelqu'un d'assis, en extérieurs,
bien que rares, filmer pratiquement couché. " La tombe d'Ozu,
froide, qui ne porte pas de nom, seulement un signe chinois ancien, "
Mu " - qui signifie le vide, rien". La fin du " Voyage à
Tokyo".
Extrait d ela bande son : "Les films d'Ozu parlent du long déclin de la famille
japonaise, et par-là même, du déclin d'une identité nationale. Ils le font,
sans dénoncer ni mépriser le progrès et l'apparition de la culture occidentale
ou américaine, mais plutôt en déplorant avec une nostalgie distanciée la perte
qui a eu lieu simultanément. Aussi japonais soient-ils, ces films peuvent
prétendre à une compréhension universelle. Vous pouvez y reconnaître toutes
les familles de tous les pays du monde ainsi que vos propres parents, vos
frères et sœurs et vous-même. Pour moi le cinéma ne fut jamais auparavant
et plus jamais depuis si proche de sa propre essence, de sa beauté ultime
et de sa détermination même : de donner une image utile et vraie du 20ème
siècle."
Avec : Chishu Ryu , Yuharu Atsuta , W. Herzog .1h20.