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Playtime

1967

voir : photogrammes

Avec : Jacques Tati (M. Hulot), Barbara Dennek (Barbara, la touriste américaine), Jacqueline Lecomte (l'amie de Barbara), Georges Montant (M. Giffard), Michel Francini (le premier maître d'hôtel), Billy Kearns (M. Schultz), John Abbey (M. Lacs) Reinhard Kolldehoff (Le directeur allemand), Yves Barsacq (Schneider, l'ami de regiment de Hulot), Léon Doyen (Le vieux portier). 2h06

"A l'aérogare d'Orly, un coupe discute avant la sépation prochaine; un militaire attend qulque chose imatiemment, unemplyé chargé de lentretient scrute la propreté su sol, diverses personnes se croisent. L'embarquement est annoncé et le coupel s'avance vers la porte 21, là où debarque un groupe de touristes américaines débarque pour être pris en charge par le guide d'uen compagnie de voyage. C'est finalement la fememdu coupel qui prend l'avion alors qua'rrive aussi un president de sociéta suivi apr quelues photograhes. Une femme interpelle M. Hulot, un homem mince de garnd etaille en aprdessus beige et grand parapluie à la main. mais ce n'est pas lui mais un étranger qui prend assez mal al chose. Les touristes sous la conduire de leur guide rejoingne leur bus mais le font arreter assez vite pour voir l'lligement des tours d ebueraux. Ena afce un dus bondé srrete et en descend M. Hulot apres avoir reussi ase depetre du paraplui du faux M. Hulot

Hulot se rend dans lune de ce stoursde verre où il montersa convocation au gardien qui appelle alors l'homerecher via un complxe interphone decoré d epultiples boutons multicolores. Arrive alors du fond d'un long couloir M. Buffard qui l'introduit dans une salle d"attente bucique aux murs de verre. Hulot s'amuse des sieges en platique noirs qui reprennent leur forme mais s'inquiète de l'arrivée de M. Lacs, un homme d'affairesà la tenue impeccable que Giffard reçoit effectivement avant lui. Occupé à regarder dehors, il ne voit aps Giffrad quitter son bureau et c'ets garce au gardien compatissant quil retrouve sa tarce mais il la perd de nombreuse fois à cause duna scenceur où il ets entrainé par mégarde ou du dédale de bureaux. prenat le reflet de Giffrad pour celuici il va jusque dans limmeuble voisn où sontdailelurs exposé le fauteils noirs.

Les touristes maericianes sont conduite dans un garnd batiments avec differenst exposants. barbara prefer sortir avec son ami pour voir les tours mme si Barbar settonen qulle resemble à celelde la publicté pour Londres. Elle veut prendre un photod ela felueriste parisienenamsi en est empaché par les touristes de différente snation qu ientrent dans la cadre.

Les touristes assitent à de sdelosntarion, lunnet rabattante permettant le maquillage, balaie avec baterie electrique pour éclairer en balayaant sous els meubles; poubelle en forme de colonne grecque, des portes silencieuses "claquez vos portes dans un silence d'or" Un homme quiressemble à Hulot vient fouiller dans les affaires du demosntrateur. celuici sen palint à son chef qui apostrophe Hulot qui passait par là et en colère claque la porte... qui ne fait pasde btuit. Mis au courant de sa méprise, le dircetur rend ses ffaires à Hulot et lusere la amin ce qui acsse ses lunetets. barbar qui apssait par là en rit

En sortant de la foire expo, Hulot salut ancien copain de régiment. C'est la sortie de la foire pour les dernières touristes attardé à lagence de voyage et quleques faux Hulot que croit reconnaitre Giffard.Barbara remarque Hulo dans le bus qui crose le sein.

Hulot se faire happer par un autre ancien copain de régiment, M. Schultz, qi l'inviet chez lui, sa femem etsa fille. Il lui fait regarder un film, le meme que regarde à coté Giffard quia retrouve femme et mère inquite de son nez belssé. Plus haut c'est el directeur allmeand qui explique vcde garnd geste sa méprise de l'apres midi. Hulot parvient non sans mal à quitter els Schultzqui s'appretaient à lui apsser leur film de vacances au ski.Giffard va promener le chien passnt sans le voir a coté de hulot bloqué dans le halla avnatque Schultz ne lui indique le bouton de sortie

Barbara shabille pour sortir motùarte de Aà L montapnasse de M à Z, croise de nouveau Hulot pour une photo. Il est attiré pa rla musique, un simple posted eradio, de spassnt regradent la mise en place dune vitre au Royal garden un restaurant-dancing. Hulot est abordé par Giffard qui la reconnu et il sen vont discuter . trvaux continent, lenseigne le prmeir couple d ebourgeois arrivent alors que els ouvriers tenet de seffacer. La jeune femme qui tient le vestiaire à l'arrivée des premiers clients est encore en chemise en train de passer l'aspirateur. On l'aide à enfiler sa veste pendant qu'elle s'empare du manteau que la cliente retire. Sortant d'un rideau, l'architecte enroule ses plans. Sous une table, un peintre retire vite son seau. On entend des coups de marteau. Le chef de salle à grands pas vient placer les arrivants. Une dalle de la piste de danse reste collée à sa semelle.Un touriste américain exige uen meilleure table et soudoie le serveur. On a beau mesurer dans tous les sens, le passe-plat demeure trop étroit. La commande est déjà partie : "Deux turbots à la royale !" Les portes battantes claquent à tout va. Un clou s'est planté dans la chaussure du chasseur.

Une cliente tient à garder son manteau. En cuisine, on ne compte plus les fils électriques qui pendent. Un serveur avec le turbot à la main se recoiffe devant la glace. Le chef lui retire le plat et le confie à un autre garçon qui réarrange la garniture, avant de s'arranger à son tour. En salle, le chef exécute un démostartif nappage de turbot mais est appelé en urgence : des clients exigent de revenir à al table qu'ils ont réservé. Un faux contact dans les marches lumineuses incite un serveur à donner un coup de pied dedans, le contact est provisoirement rétabli. L'architecte ne sait plus où donner de la tête, notant compulsivement dans son carnet la masse des doléances. L'orchestre de musique sud-américaine est sur la scene. Le turbot est assaisoné une deuxième fois par un serveur. Au bar, la decorationd descnd trop bas et cache la vue pour le serveur.les clienst affluent et ne sont aps servis; les touristes américanes arrivent et apres uen longue attenet sont placées sur le stables de lestarde ou un serveurdechire son pantalon sur une chaise.

Le gerent a si mal à al tet quil envoie le porteir luichercher une boite d'aspirine: à coté de la pharmacie hulit a finitde discuter avec Giffard et entre dans un sanck où els alimenst eclairé oar la lumière veretd ela pahramcie paraissent avariés. Holot s eresoud à rnedre uns andwich, il est alors alpagué par le porteir qui n'ets auter aus le prmeir camarade d eregiment qui n'ait pu sarreter pslu tot das lapres midi. ilentraien Hulot au Royal garden. la le gernat à faillei renvoyer un homem noir qusafer eter un msuicien

Le chef averti l gerant quil avait prevu 50 couverts et non 120n'ya plsu rien amanger ni filet migno , nis ole meibièer ni coq au vin;; que du froid. le menu en forme de cuisier ets alors porté les peids devants par deux serveurs; ce qyui jette un froid dans la salle. Heuerusement lorchetre dirigé par la muicen nori jour du jazz ce qui entreine du monde sur la psite de danse

le porteir insite pour que hulor rentre, celuiresite et cest la poert vitrée quise brise. le pognee suffit à simuler la poere. le serveur au pantalon dechiré echange sa servietetsale etsa vete contre celelsd un autersreveur. Hulot va etre refoulé qund le directrur allemand le convie chaleureusement à enter avec lui. En le prsentant ilsemble invietr les amricianes à danser. Hulot adse ainsi avec Barbara quis'amuse de le voir copeir le saps des autres

Il fait beintoot trop chaux, un cleints eplain et la garsce des dessert fond avant adrriver sur le stables. Lair climatisé refoctionne à aprtir du bar où el peit avion redresse ses ailes. Holt tente daider lamérician à ttarper uen orange factice du faux plafond et el faits ecrouler; lamrician le protege d ela colère du gérant et isntalle une partie privée pour eux et Barbara.les lampes s emettent à sauter et lenseigen entraien un cleint à l'intrieux. Le gerant cosntae qu ce'st son chefd e rang qui boit, s abouche cerclée d enoir.

les enneuis senchainet et beintots els msuiciens quiassuraient l'embiance s'en vont. Heuerusement Barbara se met au piano. Le serveur echange uen chaussure et un neod papillon.Un serveur est exilé sur la terrasse, héritant, au fil de la soirée, de tous les vêtements et accessoires souillés par ses collègues

hulot veut rendre service et amne un verre à barbara,- ses débris de verre sont ultérieurement recyclés en glace dans un seau à champagne. ils trinquent ensemble ilaide un june homem a trouver le Tire-boucon" à sant germain avec un plan. lorsque celuici tombe c'ets sur les veines du marber quil cherche son chemin. Sur la psitede danse lamérican netraien les chanson populaire Nni peua de chien . Hulot raccompagen Barbar vers la sorie. C'est le petit matin un coq chante au loin. Hulot arret un passnta pour que barbara prenne la photo typique avec la amrchande d efelurs. il laccompagne au snck où la fetse termine et schltz se debine en douce.Barbara veut achtre du fromage, Hulot va au fond du amgasin pour luiachetr un foulard mais iles empeche de lui apporter car il ne sse aps par le bon tourniquetde sortie, il envoit un faux Hulot lui porterde s apart. la car est pris dans la circulation intense du giratoire maiHulot et Barbarse croisentsans e voir. barbardeballe son foulard y trouve aussi un brinde muguet quiressembel au lemadaires au bord e al route qui la conduit à Orly. la nuit tombe sur Paris.

La soirée au Royal Garden ne fait que commencer. Elle dure toute la nuit. Et les catastrophes vont bon train, sans jamais produire de véritable cataclysme. Les clients ont trop chaud ou trop froid, selon les caprices de la climatisation. Les vêtements se déchirent aux angles du décor. Le turbot est réassaisonné jusqu'à la noyade, sans jamais être servi. Les spots grillent. La terrasse fume. La porte d'entrée se brise en mille morceaux Il y a pénurie de coq au vin. On transporte un personnage en carton à l'horizontale, qui jette un froid dans l'assistance.

. Et même quand Hulot (invité par son copain portier à quitter la lumière glauque du drugstore où il marinait) finit par décrocher à bout de bras un pan du plafond en treillis, la fête continue, coûte que coûte - changeant simplement de mode, de vitesse et de musique. L'ambiance de l'établissement vire de la boîte endiablée à la guinguette nostalgique.

Parmi les derniers clients, un homme salement éméché a des difficultés à partir. Et pour cause, il ne sait plus où aller, comment rentrer. On le voit, hirsute et débraillé, devant l'énorme pilier du restaurant. Son œil et son doigt errent sur la surface du marbre.

Auparavant, Hulot avait tenté, à l'aide d'un plan, de l'orienter. L'homme ivre s'escrime encore à chercher dans l'entrelacs des veines du pilier le réseau des rues. Il trouvera bien un chemin pour se perdre. Avec cette figure égarée en plein labyrinthe - dont Hulot offrait dans la partie diurne du film un autre visage, légèrement kafkaïen - se clôt la séquence du Royal Garden, récréation d'une plus vaste récréation.
"
résumé de François Gorin dans Télérama

Le strand , le salon de sarts ménagers, projet de la defense dont une seule tour est alors sortie de terre au moment du tournage. melancolie, tarnsmetter son role à dautres

images et son difefrenets prises de son à l'xterieur et linetrieur. il est un intrus, galerie de portaits severe, inhabitale, il gliss aquarieum

des personnages aps aux comamndes du monde

Proposer, en 1967, un temps pour le jeu relève manifestement d'une autre stratégie que celle choisie par Godard lorsqu'il tourne La Chinoise cette même année.

Le constat d'une société bloquée est pourtant bien le même. Mais Tati se montre nettement plus métaphysique que Godard et semble analyser le monde depuis le ciel sur lequel se déploie longuement le générique avant d'amorcer un panoramique sur un immeuble aux arêtes froides et dures. Au poids du ciel chargé répondent ces immeubles construits par Tati pour un décor qui préfigure sa peur d'un monde standardisé et sans âme. Pour preuve ces affiches de sites touristiques au Brésil ou dans les îles où l'on ne propose aux touristes que ces mêmes immeubles partout. Vouloir photographier les images du vieux Paris, symbolisé par une marchande de fleurs, se révèle impossible. D'ailleurs le vieux Paris n'existe plus que dans le reflet des glaces où viennent se refléter successivement, pour ceux qui veulent bien les apercevoir et dans une géographie improbable, la tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, la Concorde ou Montmartre. La standardisation est partout depuis les chapeaux à fleurs des touristes américaines jusqu'aux voitures identiques prises à la même heure par des employés au costume identique en passant par la voix stéréotypée des hôtesses d'aéroport.

Si l'immeuble où est invité Hulot par un ancien camarade de régiment comporte, lui aussi, d'improbables façades de verre, c'est qu'il n'y a rien à cacher, chacun accomplissant au même moment les mêmes actes : enlever sa veste, regarder la télévision et probablement montrer ses souvenirs de vacances.

Pour contrer cet univers éminemment sérieux et ennuyeux, une seule stratégie : le jeu. Le jeu musical d'abord avec, dès le générique, un rythme syncopé suffisamment imprévisible. Le jeu sonore ensuite qui ne cassera jamais avec le goût de Tati pour l'observation des différences entre les bruits extérieurs ou intérieurs, pour l'incongruité des bruits des chaises en skaï ou des ordinateurs boutonneux à l'écho métallique.

Le jeu des faux semblants aussi : on croit voir du même alors qu'il y a de la différence. On est persuadé d'apercevoir Hulot dans l'aéroport, grand échalas avec un imperméable beige et un long parapluie noir. Mais, lorsqu'une mystérieuse inconnue interpelle en anglais "M. Hulote", elle, puis nous, découvrons un personnage de méchante humeur qui n'est pas celui que l'on croyait. Seront victimes du même gag les représentants "de la porte qui ne fait pas de bruit" qui confondent Hulot et un hurluberlu sans gêne puis, plus tard, M. Giffard qui courant derrière Hulot après l'avoir raté de nombreuses fois dans son entreprise fera se détourner un noir vêtu du même manteau beige.

Finalement tout est une question de point de vue : une façade où règne le sérieux et l'identique alors qu'une observation plus minutieuse révèle le comique de la situation (le voyagiste affairé sur son tabouret roulant se révèle, vu de derrière, un curieux danseur).

Comme le notait Michel Chion dans son analyse sur le son au cinéma, toute la stratégie de mise en scène de Tati vise à éliminer l'intrusion du hors-champ pour inclure un gag presque imperceptible dans un plan large. Ainsi le reflet des monuments de Paris dans les vitres de l'espace inventé par Tati ne renvoie à aucun Paris réel hors champ. Tati n'affectionne rien plus que ces plans larges sur un monde grouillant d'activité : l'aéroport, les bureaux de chez Giffard et évidemment le restaurant dancing du Royal Garden

Si Tati redoute le sérieux du monde, il sait aussi en voir la poésie à l'œuvre. Une poésie du dérèglement dans la fête et une poésie un peu artificielle mais pas désespérée à l'image de ces brins de muguet artificiels que la jeune touriste découvre au fond de la boite du cadeau offert par Hulot et auxquels font échos les élégants lampadaires au-dessus du bus qui bientôt s'éclaireront.

Tati disait de son film qu'il se décrivait plus par le dessin que par la parole et qu'il racontait l'histoire d'une droite qui s'incurve. On a bien en effet dans la première partie des personnages prisonniers de l'architecture rectiligne (bureaux en forme de boîte, ascenseur, kidnappeur...) alors qu'au Royal Garden, quand l'architecture se déglingue, chacun peut s'inventer un espace qui lui est propre.

Jean-Luc Lacuve , le 22/08/2002

Selon François Ede, artisan de sa restauration de Playtime :
"
Playtime est formellement fascinant, dominé par l'obsession de la composition. La ligne prime sur tout. Les personnages suivent des formes géométriques, d'abord à angle droit et, petit à petit, la ligne commence à s'arrondir, le film progresse vers le cercle du carrousel final. C'est une réalisation ambitieuse avec plusieurs actions dans le même plan. Tati n'accompagne pas les gags. Parfois, il ne les conclut pas. Il ne fait pas de gros plans. C'est au public de décoder, de décrypter l'image.

Tati casse le jouet du spectateur. Le personnage de Hulot, il le gomme, le démultiplie. Ça l'emmerdait un peu de faire l'acteur, il sentait bien qu'il avait vieilli et que ça n'était plus la même chose. Surtout, son vrai désir, c'était la mise en scène. Il expliquait très bien aux autres ce qu'il voulait en matière d'interprétation, il donnait des indications au moindre figurant, leur mimait leur propre rôle. Il partait de l'arrière-plan, réglait toutes les actions simultanées dans des scènes où il y avait parfois deux cent cinquante figurants et, à l'arrivée, il y avait très peu d'erreurs.

Tati a fait de longs essais de matériel avant de choisir le 70 millimètres, qui était surtout utilisé pour les films d'aventures, les péplums. Il disait : "Je ne vois pas pourquoi on l'utiliserait pour les westerns, et pas pour filmer un type endormi à son bureau." C'est un format qui rend l'impression, voulue par Tati, d'un homme écrasé par l'architecture. La surface de l'image à la projection est quatre fois plus grande, le moindre détail se voit. Tati avait travaillé avec une précision presque mathématique et son film a beaucoup souffert par la suite des différentes coupes et de la commercialisation de versions tronquées (dans certaines vidéos, l'image a été recadrée et amputée de près de 50 % de sa surface). Le plan ci-dessus est assez représentatif du travail de restauration que nous avons mené avec Sophie Tatischeff ­ la fille de Jacques Tati, décédée quelques mois avant l'achèvement des travaux. Nous avons rallongé la scène d'une minute pour rétablir la compréhension. Au sol, il y a des zones claires où l'on entendait le bruit des pas, et des zones sombres où on ne l'entendait plus. Cet effet n'était plus très évident avec les coupes, la scène resserrée perdait son sens de labyrinthe kafkaïen. Si l'on s'en tient au scénario, Playtime est un film qui devait faire plus de trois heures, à l'origine. Tati en a d'abord projeté une version de 2h34, en décembre 1967, qu'il a immédiatement ramenée à 2h15. Il avait déjà coupé au moment du tournage en arrachant quarante pages du scénario. La fin du film est relativement improvisée par rapport à ce qu'elle aurait dû être. Il était même prévu qu'au dernier plan le personnage sorte de l'écran et soit projeté en ombre chinoise sur les murs de la salle, histoire de montrer que le film s'inscrivait dans la vie réelle. Tout était prévu, une société travaillait sur les trucages, mais Tati a fini par renoncer. Il n'en avait plus les moyens.

Tati voulait porter à l'écran un monde monochrome et il s'est donné un mal de chien pour rendre la dominante de gris de cette architecture moderne. A l'époque, la mode était à l'aluminium brossé mais c'était impossible à éclairer et à filmer. Tati a donc fait photographier des panneaux d'aluminium et en a fait des agrandissements géants. Il a tapissé son décor de papier photo comme s'il s'agissait de papier peint. Playtime, c'est de la haute couture et, du coup, le travail de restauration aussi. Il a fallu un étalonnage très pointu pour retrouver les couleurs qu'il avait souhaitées. Les copies restantes étaient en mauvais état, rayées, déchirées. Comme il n'y avait pas de labo pour le 70 millimètres en France, le négatif est parti en Espagne, où personne ne surveillait ce qui se passait. Quand il y avait des incidents, ça ne se savait pas. Cinq, six minutes du film ont nécessité un traitement numérique qui tient de la chirurgie de pointe.

Le décor était gigantesque. Comme le Paris qu'il voulait filmer n'existait pas encore, et qu'il n'était guère pratique d'aller tourner à Orly ou à Cergy, il a construit sa propre ville sur 15 000 mètres carrés, sur le plateau de Gravelle, au coeur du bois de Vincennes. Mais l'immensité des perspectives devait beaucoup à un véritable travail d'illusionniste, des trucages visuels quasiment inspirés par les numéros de cabaret du XIXe siècle, des tours de magie de Robert Houdin. Rien ne se voit. Chez Tati, la sueur du trucage ne se sent jamais. Et ce décor où tout est en verre est un fantastique défi à la lumière. Comme le ciel était visible de partout, les raccords étaient extraordinairement difficiles. Il fallait attendre une météo identique. C'est en partie pour ça que le tournage a duré si longtemps. Pour que tout soit parfait, on ne pouvait guère compter sur plus d'un plan par jour. Et durant l'été 1965 où le tournage a débuté, le temps était détestable. Les orages ont sérieusement chahuté le décor.
"

D'après François Gorin et François Ede dans Télérama

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