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McTeague,
ancien chercheur d'or, s'établit comme dentiste sans avoir de diplôme. Son
ami Marcus lui fait faire la connaissance de Trina dont il s'éprend et qu'il
épouse. Trina gagne à la loterie 5 000 dollars et cet argent provoque la rapacité
de McTeague qui devient avare, ainsi que la haine de Marcus qui regrette de
ne pas avoir épousé Trina, ce qui lui aurait permis d'avoir les 5 000 dollars.
Marcus
dénonce McTeague qui ne peut plus exercer. Le ménage sombre et se détériore.
Trina vit misérablement tout en amassant des économies. Excédé et voulant
de l'argent, Mc Teague la tue et décide de gagner le Mexique en passant par
la Vallée de la Mort. Mais Marcus suit les traces de McTeague. Les deux hommes
se livrent une lutte ultime : McTeague tue Marcus mais ce dernier a eu le
temps de lui passer les menottes. Attaché au cadavre de son ancien ami, McTeague
attend la mort.
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Un des grands films naturalistes
de l'histoire du cinéma où sont à l'uvre les pulsions
sexuelles, alimentaires et même la pulsion d'or.
C'est le seul film de Stroheim dont les héros soient à ce point primitifs, presque des primates, en opposition flagrante avec ceux qui évoluent dans ses histoires de princes et d'aristocrates décavés qu'il affectionnait tant. Les personnages des Rapaces sont victimes d'une triple fatalité qu'on peut dire tour à tour héréditaire, sociale et existentielle. Les passions qui les dévorent (avarice chez Trina, faiblesse de caractère, alcoolisme chez McTeague) ont certainement une part héréditaire mais difficile à déceler, étant donné notamment la disparition des séquences consacrées au père de McTeague.
La fatalité sociale est évidente, mais elle cède le pas devant cette fatalité spécifique à l'univers de Stroheim et qui veut que tous les êtres qu'il décrit aillent jusqu'au bout de la décomposition et de la déchéance. Cette fatalité revêt chez d'ailleurs chez lui un caractère arbitraire, subjectif, poétique qui traduit son incapacité à se tenir à distance des personnages qu'il a créés ou à les dépeindre avec un quelconque détachement. En cela il s'oppose radicalement à un Lang ou à un Mizoguchi.
Comme toujours chez Stroheim, la part la plus originale de son naturalisme se situe au niveau sexuel. C'est le déséquilibre sexuel du couple Trina-McTeague qui entraîne sa chute, dont la trahison de Marcus n'est qu'un agent extérieur.
Pour tous les historiens, Les rapaces est aussi le plus grand chef d'uvre mutilé de l'histoire du cinéma. Son métrage passa, au fil des édulcorations successives de 9 heures à 2h30 (ou 1h40 à 24 images/seconde). Le tournage des Rapaces dura neuf mois et coûta 470 000 dollars. Stroheim exigea que tous les épisodes soient tournés en extérieurs réels sur les lieux mêmes de l'action (San Francisco, Vallée de la mort, etc.) Une seule scène, le rêve du ferrailleur Zerkow trouvant de la vaisselle d'or dans un cimetière, fut tournée en studio. Il ne subsiste dans la version connue, qu'un plan symbolique et énigmatique de mains tripotant la dite vaisselle.
Voir : les photogrammes
