Avec : 0h36
« Venus de la brousse aux villes de l'Afrique Noire, de jeunes hommes
se heurtent à la civilisation mécanique. Ainsi naissent des
conflits et des religions nouvelles. Ainsi s'est formée, vers 1927,
la secte des Haouka. Ce film montre un épisode de la vie des Haouka
de la ville d'Accra. Il a été tourné à la demande
des prêtres, fiers de leur art Mountyeba et Moukayla. Aucune scène
n'en est interdite ou secrète mais ouverte à ceux qui veulent
bien jouer le jeu. Et ce jeu violent n'est que le reflet de notre civilisation
» *. Venus à Accra (Niger) de toute l'Afrique occidentale, les
hommes occupent des emplois de docker, contrebandier, porteur et manoeuvre,
berger ou marchand de troupeaux. « Tous les samedis et tous les dimanches,
des cortèges parcourent la ville. Alors devant ces bruits, devant ces
fanfares, les hommes venus des calmes savanes du Nord doivent se réfugier
dans les faubourgs de la ville. Et là, tous les dimanches soirs, ils
se livrent à des cérémonies que l'on connaît encore
très mal : ils appellent les dieux tougo, les dieux de la ville, les
dieux de la technique, les dieux de la force, les Haouka » *. Un dimanche
matin, tous les membres de la secte se retrouvent à la concession de
Mountyeba, grand prêtre de tous les Haouka. « La première
partie de la cérémonie est la présentation d'un nouveau.
Il sort avec deux fusils de bois, qu'il claque pour imiter les détonations
et il menace les anciens. Aussitôt, ceux-ci sont pris d'un début
de crise. Il faut saluer le nouveau ! » *. Une bagarre s'ouvre, qui
laisse le nouveau mal en point. « La deuxième partie de la cérémonie,
c'est la confession publique. Autour de l'autel de béton armé,
les Haouka qui sont coupables doivent s'accuser. » *. L'un des aides
de Mountyeba offre un poulet en sacrifice aux dieux. Les punis viennent sur
l'autel promettre de ne pas recommencer, puis ils sont conduits hors de la
concession. À dix heures, les hommes attendent un chien. « C'est
un interdit alimentaire total. Si les Haouka tuent et mangent un chien, ils
montreront qu'ils sont plus forts que les autres hommes, noirs ou blancs.
» *. Peu à peu, chacun entre dans la danse. La possession commence.
Les derniers possédés arrivent enfin ; une conférence
de la table ronde décide de manger le chien. On égorge la bête,
et chacun se précipite pour boire son sang. Une nouvelle conférence
décide qu'il faut faire cuire le chien : on pourra ainsi offrir du
bouillon et des morceaux à ceux qui ne sont pas là. Le rite
accompli, tout le monde se sépare, car il faut libérer les taxis
loués pour la journée. Le lendemain, chacun a repris sa place
au coeur des activités économiques de la ville... * Extraits
des cartons intertitres et des commentaires du film.
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