Les deux surs de Suzanne Simonin ont été richement dotées.
Leur père n'a plus les moyens d'en faire autant pour Suzanne qui, de
plus, n'est pas sa fille. La solution, au XVIIIe siècle, était
simple, expéditive : mettre l'enfant mal-aimée au couvent. Suzanne
refuse de prononcer ses vux, mais nul ne l'entend et elle se retrouve,
contre son gré, au couvent de Longchamp que dirige Mme de Moni. Cette
dernière convainc la jeune fille d'accepter son destin et de prononcer
ses vux. Mais, après la mort de la Supérieure, Mère
Sainte Christine impose une discipline de fer. Elle enferme Suzanne dans sa
cellule et pour faire échec à sa tentative de résiliation
de ses vux, affirme qu'elle est possédée du démon.
Innocentée, Suzanne est transférée au couvent d'Arpajon
où règne une totale liberté instaurée par la supérieure,
Mme de Chelles. Celle-ci s'intéresse beaucoup à Suzanne qui,
pour échapper aux avances particulières de la religieuse, s'enfuit
avec la complicité du Père Morel. Recueillie d'abord par des
paysans, puis blanchisseuse, la jeune fille échoue enfin dans une "maison".
Pour fuir une dernière fois son destin, Suzanne se jette par une fenêtre.
Tourné en
1965, l'affaire éclate en avril 1966, quand le film est totalement interdit
à l'exploitation et à l'exportation par le ministre de l'information Yvon
Bourges ; l'interdiction est levée en juillet 1967 par le successeur de M.
Bourges, M. Gorse.
