Genres : Drame épique
1968

Un prologue muet reconstitue par quelques épisodes la petite enfance de Pier Paolo Pasolini dans les années 20 à l'époque de son complexe d'Œdipe : le père, jeune officier jaloux de l'amour que sa femme porte à leur fils, serre un soir les pieds de l'enfant jusqu'à le faire pleurer.

La légende d'Œdipe roi de Thèbes est ensuite relatée, depuis son abandon dans le désert jusqu'à la découverte finale de l'inceste involontaire, et le départ pour l'exil du roi maudit qui, par son accouplement contre nature a apporté la peste dans le royaume.

En marchant, Oedipe, qui s'est crevé les yeux, et le messager du royaume se retrouvent sous les arcades dites de la Mort à Bologne, en 1967, comme deux vagabonds : l'infirme joue de la flûte, ils traversent quelques lieux urbains puis on aboutit à la campagne, dans le pré où la mère donnait le sein à son bébé dans le prologue.

 

Le film est articulé en trois volets. Un prologue par lequel Pasolini introduit à son récit une note autobiographique, décrit la scène primitive et la violence du père, qui, accusant son enfant d'être venu au monde pour le "rejeter dans le néant", le pend par les pieds pour le castrer ; c'est le volet freudien. Le "volet Sophocle" nous plonge dans un Maroc de déserts blancs et rocailleux, une Afrique qui renvoie à la sauvagerie de la Grèce mythologique et à l'esthétique d'un Pasolini hanté par la culture populaire, primitive, avec ses teintes ocres et sang séché, ses armures de quincallerie et ses masques de coquillage et de rafia. Le troisième volet, d'inspiration marxiste, situe oedipe dans un schéma social, politique et existentiel. le mythe est ramené à la dimention humaine. C'est l'éternelle histoire de la victime à la recherche de la vérité, du bourgeois parricide qui s'engage aux côté des prolétaires. La quête de purification d'oedipe, son autopunition prend évidemmment une dimention tragique lorsque l'on sait ce que le destin a réservé à l'auteur du film.

 

Avec : Franco Citti (Œdipe/ le vagabond de l'Epilogue), Silvana Mangano (la mère de Pasolini dans le prologue/Jocaste). 1h44.
Œdipe roi