Faisant pour des enfants des pitreries au volant de sa voiture, Michele a un accident. Devenu amnésique, il se retrouve au bord d'une piscine avec des joueurs de water-polo. Resurgit de son passé une activité de haut responsable politique au sein du Parti Communiste, qui lui vaut d'être sur la sellette face à des journalistes au cours d'une émission de télévision. Du passé aussi ce souvenir d'enfance encore traumatisant : paniqué par la peur du grand bain, il voulait pratiquer un autre sport que le water-polo, mais on l'y contraignit. Obnubilé par cette pensée, il se fait prendre la balle, ce qui va aggraver le score en faveur de l'autre équipe, nettement supérieure à la sienne, ne serait-ce que parce qu'elle compte dans ses rangs le redoutable joueur hongrois Imre Budavari. Un ami vient lui rappeler des souvenirs d'adolescence : initiation à la vie militante, chasse aux jeunes fascistes. conspués et trainés en public. Harcelé par une journaliste au vocabulaire faussement "branché", il l'évince vertement et a des mots avec sa propre fille, Valentina.

Le match dégénère, en partie par la faute de l'arbitre, qui semble favoriser l'autre équipe. Un ami (trop) bienveillant et empressé finit par présenter à Michele celui qui, dit-il, a tout changé dans sa vie. Celui-ci dit à Michele qu'il devra marquer 163 buts au cours de sa vie sportive, et puis mourir. Quatre ou cinq aujourd'hui suffiront. Michele les marque et permet à son équipe de rattraper son retard. Un penalty leur est accordé, mais l'arbitre n'avait pas sifflé. Avant qu'il le retire, tout est soudainement suspendu : public et joueurs se précipitent devant un téléviseur, hystériquement tenus en haleine par la fin du film Le Docteur Jivago. Puis le match reprend. Michele vise à droite, et tire à gauche. Mais le gardien de but ne se laisse pas surprendre et arrête le penalty.

Tout à ses obsessions, Michele fait une embardée en voiture en compagnie de Valentina Une sorte d'énorme ballon rouge s'élève dans les airs. Michele enfant et sa mère tendent les bras comme pour l'attraper.

 

 

Michele (Nanni Moretti) est devenu communiste "un peu par affection, un peu par desespoir" (scènes en super8), il attendait de la vie "plus et mieux" et se retrouve seul à faire son autocritique.

Sont renvoyés dos à dos tous les infatigables bavards qui rodent autour de la piscine, gauchistes staliniens, fascistes, catholiques. Tous inquisiteurs, tous certains de détenir la vérité, tous coupables de "parler mal, penser mal, vivre mal".

Michele hurle de douleur à chaque fois qu'il revoie à la télé la scène des retrouvailles ratées entre Omar sharif et Julie Chritie dans "Diocteur Jivago". Il a déjà vu le film, bien sur. Il sait que c'est foutu. Mais chaque fois il espère que le miracle, les évènements vont se dérouler autrement

Palombella Rossa
1989
Genre : Comédie sociale
Avec : Nanni Moretti (Michele Apicella), Silvio Orlando (le coach), Mariella Valentini (la journaliste), Alfonso Santagata (le 1er importun), Claudio Morganti (le 2ème importun), Asia Argento (Valentina), Eugenio Masciari (l'arbitre) Mario Patanè (Simone), Antonio Petrocelli (le fasciste), Remo Remotti (le coach adverse), Fabio Traversa (l'ami de Michele), Giovanni Buttafava (le psychanalyste), Gabriele Ceracchini (Michele enfant), Luisanna Pandolfi (la mère de Michele). 1h29.