Fils d'enseignants, Nanni Moretti, adolescent passionné de cinéma et de water-polo, décide, une fois sa scolarité achevée, de devenir réalisateur. Avec sa caméra super-8, il tourne en 1973 ses deux premiers courts métrages, Pâté de bourgeois et La Défaite : comme dans son oeuvre à venir, le réalisateur est aussi l'interprète de ces films qui, déjà, mêlent questionnements intimes et interrogations politiques.
En 1976, Nanni Moretti réalise son premier long métrage, Je suis un autarcique, regard ironique sur le gauchisme à travers le portrait d'une troupe de théâtre d'avant-garde. Après ce premier opus très remarqué en Italie, il signe en 1978 Ecce bombo, qui évoque les rapports compliqués d'un étudiant avec son entourage familial, amical et amoureux. Le film est présenté en Sélection officielle au Festival de Cannes, dont le cinéaste deviendra un habitué.
La dimension autobiographique du cinéma de Moretti se fait encore plus évidente avec Sogni d'oro (Grand Prix du jury à Venise en 1981), qui conte les déboires d'un réalisateur intransigeant. Moretti y apparaît sous les traits d'un alter ego aussi irascible qu'attachant nommé Michele Apicella, qu'on retrouvera en prof amoureux de Laura Morante dans Bianca (1983), en curé dans La Messe est finie (1986), et en militant communiste amnésique dans Palombella rossa (1989).
Soucieux de maîtriser les différentes étapes du processus créatif, il fonde en 1986 sa maison de production, Sacher Films, et reprend même une salle de cinéma romaine, le Nuovo Sacher, en 1991. Sa société lui permet également de produire les oeuvres de jeunes cinéastes, tels Le Porteur de serviette de Luchetti et La Seconde fois de Calopresti, deux films qui reflètent ses préoccupations de citoyen, et dans lesquels il tient aussi le rôle principal.
Auteur en 1990 d'un documentaire sur le PCI, Nanni Moretti abandonne à la même époque son "double" Apicella. Il n'en continue pas moins de parler abondamment de lui-même dans ses films, notamment Journal intime, prix de la Mise en scène à Cannes en 1994. Le "splendide quadragénaire" autoproclamé se promene en Vespa dans les rues de Rome et expose son combat contre le cancer dans ce long métrage célébré par la critique et le public français.
Il donne de ses nouvelles quatre ans plus tard avec Aprile, manifestant cette fois sa joie d'être père et de voir la gauche remporter les élections. Il est encore en lice pour la Palme d'or, un trophée qu'il décrochera pour son film suivant, La Chambre du fils (2001), oeuvre pudique et épurée sur la perte d'un enfant.
Cinéaste influent admiré dans le monde entier, Moretti est aussi devenu un personnage central dans le débat politique italien, comme en témoigne la sortie, en pleine campagne des Législatives 2006, du Caïman, une satire anti-Berlusconi, également présentée à Cannes.
FILMOGRAPHIE :
| 1976 | Je suis un autarcique |
| (Io sono un autarchico) (16mm). Avec : Nanni Moretti (Michele), Simona Frosi (Simona), Fabio Traversa (Fabio, le directeur). 1h35. | |
| 1978 | Ecce bombo |
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Avec : Nanni Moretti (Michele), Luisa Rossi (sa mère), Lina Sastri (Olga), Piero Galletti (Goffredo), Susanna Javicoli (Silvia), Cristina Manni (Cristina). 1h43. |
| 1981 | Sogni d'oro |
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Avec : Nanni Moretti (Michele Apicella), Nicola Di Pinto (Nicola), Alessandro Haber (Gaetano), Laura Morante (Silvia), Gigio Morra (Gigio Cimino), Remo Remotti (Freud). 1h45. |
| 1983 | Bianca |
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Avec : Nanni Moretti (Michele Apicella), Laura Morante (Bianca), Roberto Vezzosi (le commissaire), Remo Remotti (Siro Siri), Claudio Bigagli (Ignazio), Enrica Maria Modugno (Aurora), Vincenzo Salemme (Massimiliano). 1h36. Michele Apicella, professeur de mathématiques, passe son temps à épier ses voisins de sa terrasse, jusqu'au jour où sa jeune voisine disparaît. Amoureux de Bianca, Michele lui pose sans arrêt des questions sur son passé. Lorsque deux de ses amis sont assassinés, le commissaire chargé de l'enquête le soupconne d'être l'auteur des meurtres. |
| 1985 | La messe est finie |
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(La messa e finita). Avec : Nanni Moretti (Don Giulio), Ferruccio De Ceresa (son père), Marco Messeri (Saverio), Enrica Maria Modugno (Valentina), Dario Cantarelli (Gianni). 1h34. Nommé dans une paroisse de Rome, un jeune prêtre quitte la petite île ou il vit depuis dix ans, et retourne dans sa ville natale. Là, il trouve une église vide et abandonnée, même de Dieu. Aux prises avec une famille à problèmes et trop intransigeant et moralisateur, il est rejetté de tous et connaît l'échec. Il part comme missionnaire. |
| 1989 | Palombella Rossa
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Avec : Nanni Moretti (Michele Apicella), Silvio Orlando (le coach), Mariella Valentini (la journaliste). 1h29. Faisant pour des enfants des pitreries au volant de sa voiture, Michele a un accident. Devenu amnésique, il se retrouve au bord d'une piscine avec des joueurs de water-polo. Resurgit de son passé une activité de haut responsable politique au sein du Parti Communiste. |
| 1990 | La cosa |
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Documentaire . 1h00. En 1989, le Parti communiste italien engage une reforme afin non seulement de changer de nom mais aussi son image aupres des electeurs. Nanni Moretti a filme les debats entre les militants du PCI dans plusieurs villes d'Italie. Des hommes et des femmes s'interrogent sur leur militantisme, leur foi communiste, leurs rapports avec l'ex-URSS et enfin l'avenir de leur parti dans l'Italie d'aujourd'hui. Le documentaire est precede du court metrage de Nanni Moretti Le Jour de la premiere de Close-up.(7 mn avec Fabia Bergamo, Paolo Di Virgilio, Paola Orfei sur le film d'Abbas Kiarostami) |
| 1994 | Cher journal
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(Caro Diaro). Avec : Nanni Moretti (lui-même), Giovanna Bozzolo Carlo Mazzacurati (le critique), Jennifer Beals (elle-même). 1h40. Trois pages d'un journal - Sur ma Vespa, Les îles, Les médecins- où Moretti raconte les façades de Rome, le film "Flasdance", la mort de Pasolini, la complaisance des critiques, la fascination pour la Télévision jusque dans ses sous-produits américains, Lipari et son bruit, Salina et ses enfants uniques, Stromboli et les désirs de son maire, Panaréa et son mauvais goût, Alicudi et sa solitude et pour finir son face-à-face avec le corps médical. |
| 1998 | Aprile |
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Avec : Nanni Moretti (Nanni), Silvio Orlando (Silvio), Silvia Nono (Silvia), Pietro Moretti (Pietro), Agata Apicella Moretti (Agata), Daniele Luchetti (lui-même). 1h18. Italie, 1994. La droite gagne les élections. Après une interview complaisante de Silvio Berlusconi dans un de ses journaux télévisés, je fume mon premier pétard. Je décide d'entreprendre un documentaire sur l'Italie, et filme à Milan la manifestation anti-fasciste. Il pleut : marée de parapluies. |
| 2001 | La chambre du fils
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(La stanza del figlio). Avec : Nanni Moretti (Giovanni), Laura Morante (Paola), Jasmine Trinca (Ariana), Giuseppe Sanfelice (Andrea). 1h35. Ancône, port italien sur lAdriatique. Giovanni, psychanalyste, mène une vie sans histoires, avec sa femme Paola, éditrice, et leurs deux enfants adolescents : Irene, laînée, et Andrea, le cadet. Le quotidien de la famille est rythmé par des petites manies, des jeux, des rires, et divers problèmes, futiles ou graves : les séances de jogging du père et de son fils, lentraînement de basket de la fille, le bureau où travaille Paola, le cabinet de Giovanni, qui réprime parfois un bâillement en écoutant ses patients, les chansonnettes quon reprend ensemble dans la voiture.... |
| 2006 | Le Caïman |
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(Il Caimano). Avec : Silvio Orlando (Paolo Bonomo), Margherita Buy (Paola), Jasmine Trinca (Teresa) . 1h52. Producteur en faillite professionnelle et sentimentale, Paolo Bonomo, ayant beaucoup lutté contre la "dictature" du cinéma d'auteur avec ses films de série Z, n'arrive pas à financer une nouvelle superproduction fauchée, "Le Retour de Christophe Colomb". Empêtré dans ses dettes, ses faiblesses, son mariage en fin de course, ses enfants sans repères, Bruno perd pied. Son chemin va croiser celui d'une jeune réalisatrice qui lui apporte un scénario, "Le Caïman". Il s'aperçoit bientôt qu'il s'agit d'une biographie de Berlusconi. |
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né en 1953
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| 11 films | ||
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| histoire du cinéma : Cinéma du cerveau | ||