(1: Prière sur la Tour Eiffel - 2: Le retour de Fantomas).2h45.
« La scène se passe au mois de mai 1962 (juste après les accords d'Évian), désigné par certains, à l'époque, comme le premier printemps de la paix »*. Au fil des rencontres, la caméra va montrer les Parisiens dans leur vie quotidienne, afin de composer un portrait politique, social et culturel de la France de 1962. 1re partie : « Prière sur la Tour Eiffel ». Sur un trottoir, un vendeur de vêtements donne sa recette du bonheur : bien manger, bien dormir et avoir la caisse pleine. Rue Mouffetard, un bougnat évoque sa peur d'être rejeté en périphérie. Tandis que deux architectes rêvent d'un Célesteville, une mère de famille d'Aubervilliers apprend avec joie qu'elle va être relogée. Devant la Bourse, deux grouillots, un agent de change et des habitués évoquent l'influence des événements internationaux sur les marchés. Pierrot le taxi, peintre amateur, nous présente ses oeuvres, dont un portrait de l'homme futur. Un homme dont les visiteurs du Palais de la Découverte partent à la rencontre. M. Rousseau, inventeur du sous-marin de poche, et M. A., inventeur du stabilisateur pour voitures légères, évoquent leur besoin de reconnaissance. Sur le pont de Neuilly, un jeune couple d'amoureux avoue faire passer leur bonheur personnel avant tout. 2e partie : « Le retour de Fantômas ». Au stand de tir de la maison Gastine-Remette, le temps est venu de moderniser les cibles. En ce début d'année 1962, Paris fut particulièrement mouvementé : plastiquages, puis assassinat des manifestants au Métro Charonne. Des passants évoquent les bombes atomiques, l'O.A.S. Trois soeurs conviennent que l'on peut être heureux, même sous une dictature. Dans ce ménage, c'est l'épouse qui se montre la plus réticente à donner le droit de vote aux femmes. La foule sort du Palais de Justice et évoque le procès de Salan qui s'y tient. Au Garden-club, Michel Gasty évoque la danse comme palliatif sexuel. Dans une gare parisienne, le trafic a été interrompu à cause d'une grève d'E.D.F. Sur le quai, les cheminots se plaignent de leurs « salaires de famine ». Deux ingénieurs-conseils évoquent les mutations subies par le monde du travail. Un jeune Dahoméen confronte sa culture africaine avec la culture européenne. Lydia, couturière de théâtre, avoue vivre isolée par peur de la méchanceté et de la vulgarité. Trois soeurs parlent de leur foi en Dieu. Un ancien prêtre ouvrier raconte son parcours. Dans un bidonville, une famille regarde une série télévisée sur les extra-terrestres. Un jeune ouvrier algérien parle de sa découverte du racisme. Des élèves de Janson-de-Sailly discourent de l'Algérie française et de l'O.A.S. Au Théâtre Mouffetard, Gilbert Samson chante l'histoire d'un déserteur emprisonné. Le 13 mai, place des Pyramides, puis place de l'Étoile, défilé militaire avec le général de Gaulle. À la prison de la Roquette, « tous les jours du mois de mai sont semblables ». « Nous avons rencontré des hommes libres. Nous leur avons donné la plus grande place dans ce film (...) Ils n'étaient pas sans contradictions, ni même sans erreurs, mais ils avançaient avec leurs erreurs ; et la vérité n'est peut-être pas le but, elle est peut-être la route » *. * Extraits des commentaires du film.
(1: Prière sur la Tour Eiffel - 2: Le retour de Fantomas).2h45.