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Dans le Japon de l'après-guerre, le vieux docteur Sanada exerce ses
fonctions dans un quartier pauvre, au bord d'un étang-poubelle. Il
passe pour le bienfaiteur du quartier, car il est bon et sévère,
mais c'est aussi un ivrogne invétéré.
Une nuit, il reçoit la visite inattendue d'un jeune truand blessé d'une balle, et le soigne durement, sans anesthésie. Mais il découvre en même temps que Matsunaga est atteint de tuberculose, et celui-ci refuse d'abord violemment de se laisser soigner. Une étrange amitié va bientôt lier ces deux hommes que tout oppose. Matsunaga accepte d'être soigné et veut changer de vie, mais le "boss" Okada s'y oppose, et lui prend en outre sa maîtresse, Nanae.
C'est le début de la fin, et Matsunaga trouve la mort lors de l'affrontement avec Okada. Une fille du bar qui était amoureuse de lui arrange ses funérailles, et le docteur Sanada, qui voit dans la mort du bandit comme la disparition d'une seconde jeunesse, retrouve l'espoir auprès d'une jeune fille qu'il a guérie de la tuberculose.
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Le quartier
pauvre de Tokyo dans lequel se déroule le film vaut pour le Japon tout
entier qui a du mal à se remettre de la défaite : tout y est
insalubre, les ordures traînent dans la rue. Le film est profondemment
pessimiste. D'une part, le docteur, quant il apprend la mort de son jeune
protégé, perd les quelques illusions qui lui restait : "Après
tout, ce n'était qu'un gangster raté
Un chien reste un
chien, rien ne peut le transformer". D'autre part, le film décrit
le parcours d'un homme, dont la vitalité s'amenuise de jour en jour,
et qui va voir le monde auquel il croit, basé sur le code d'honneur
des yakusa, s'effondrer.
Le docteur trouve quand même une raison de vivre dans l'exercice de son métier en réussissant à guérir sa jeune jeune patiente. Affaibli (on le voit crachant du sang et toussant sans arrêt), le gangster ne s'incline toutefois qu'après un duel somptueux où les deux protagonistes, exténués, se coursent en rampant dans de la peinture renversée de son seau pendant la lutte.
Ainsi même si la rédemption est difficile (la scène du cauchemar où le gangster se voit lui même sur une plage en train d'ouvrir un cercueil qui contient un autre lui) le message de Kurosawa est clair : il n'y a pas autre chose à faire que de travailler. .
Toshiro Mifune, dont c'est la première apparition, tournera désormais très souvent avec Kurosawa :
"Avec la performance de Toshiro Mifune dans le rôle du gangster, c'est le premier film dans lequel mon idée originale a été complètement bouleversée. La performance de Takashi Shimura dans le rôle du docteur était excellente, mais on ne pouvait pas lutter contre la force naturelle de la performance de Mifune. Comme le titre l'indique, c'est le docteur qui était supposé être le héros du film. Mais il aurait été honteux de tenter de restreindre la vitalité de Mifune..."
L'Ange Ivre est le premier film que j'ai dirigé qui soit libéré de toute contrainte extérieure. Dans ce film, je me suis enfin découvert moi-même. C'était mon film : je le tournais et personne d'autre ne le faisait. C'était dû en partie à Toshiro Mifune. Takashi Shimura jouait le médecin superbement, mais j'ai découvert que je ne pouvais pas contrôler Mifune. Quand je m'en suis rendu compte, je l'ai laissé faire ce qu'il voulait, lui laissant jouer le rôle librement. En même temps, j'étais inquiet parce que, si je ne le contrôlais pas, le film serait assez différent de ce que je voulais. C'était un vrai dilemme. Cependant, je ne voulais pas amoindrir sa vitalité. A la fin, même si le titre fait référence au médecin, c'est de Mifune dont tout le monde se souvient ». Akira KUROSAWA (propos recueillis par Donald Ritchie)"
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Editeur : Wild Side Video, 2006. Master restauré (Image et Son) - Format Image : 1.33 Son : Japonais Mono - Sous-titres : Français |
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Bonus :
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(Yoidore tenshi). Avec : Takashi Shimura (le Dr. Sanada), Toshiro Mifune (Matsunaga, le gangster), Michiyo Kogure (Nanae, sa maîtresse), Reizaburo Yamamoto (Okada, le chef de gang). 2h30 réduit à 1h38.