Marianne Danielle se rend en Transylvanie pour occuper un poste d'institutrice dans la pension Lang. Dans une auberge au coeur de la forêt, elle fait la connaissance de la baronne Meinster qui l'invite à passer la nuit dans son château.

Marianne découvre que la baronne, pour d'obscures raisons, garde son fils enchaîné dans sa chambre. Prise de pitié, elle délivre le jeune homme. Mais le baron est un vampire et la jeune fille ne doit son salut qu'au chant du coq. Le docteur Van Helsing qui poursuit le terrible fléau découvre Marianne sans connaissance dans la foret. Elle ne se souvient plus de la terrible nuit.

Van Helsing l'accompagne à la pension Lang. Mais le baron, le soir, rend visite à la jeune fille et lui demande sa main. Sans méfiance, Marianne accepte. La nuit suivante, le baron l'enlève et la conduit dans un moulin désaffecté des environs. Mais Van Helsing survient et une lutte sans merci s'engage. Après avoir aveuglé le monstre avec de l'eau bénite, Van Helshig et Mariane se réfugient dans le grenier tandis que le vampire met le feu. Mais il périra foudroyé par l'ombre des ailes du moulin qui forme une croix dans la cour au clair de lune.

Gilles Deleuze aimait beaucoup Les maîtresses de Dracula dans lequel il voyait un grand film expressionniste principalement dans la scène finale de la mort du baron Meinster anéanti par l'ombre de la croix projetée par l'ombre des ailes du moulin éclairées par la lune. Mais il y voyait aussi le basculement du néogothique fantastique vers le naturalisme avec l'omniprésence des pulsions de sexe et de mort. La scène marquante à ce propos étant l'intrusion du vampire dans la chambre de Marianne et, alors que celle-ci est absente, le fait qu'il choisisse sans autre interrogation celle qui se trouve là.

Jean François Rauger, dans son analyse sur le DVD ci-dessous insiste sur le point de vu social. Fisher décrit une société structurée par les classes : l'aristocratie, la bourgeoisie et le peuple. Loin d'être dans un pays imaginaire de l'Europe centrale, nous sommes plongés dans la société victorienne anglaise où la bourgeoisie détient le pouvoir.

Le comte est un aristocrate libertin athée qui trouve sa jouissance dans une pulsion irrépressible. Aucun romantisme chez lui : Marianne n'est pas là,, il vampirise par hasard la voisine de chambre. Le vampire n'est qu'une force sexuelle C'est presque un film naturaliste avec une pulsion a l'état brut.. Van Hesling est un bourgeois qui contient les pulsions pour maintenir l'ordre social.

Le combat entre la pulsion et le Surmoi social est le vrai combat du film. Les bourgeois ne sont intéressés que par l'argent comme le docteur, et le patron de la pension tremble devant le vampire… quand il menace d'augmenter le loyer qui lui est dû comme maître du domaine.

Le vampire tenu prisonnier par sa mère introduit une dimension freudienne avec le soupçon de l'inceste. Marianne est victime du Bovarysme sa tête est pleine de rêverie et elle s'ennuie et c'est pour cela qu'elle libère le monstre. Fisher développe une vision calviniste où le mal est dans l'imaginaire.

Pas d'effet de maniérisme contrairement aux italiens malgré l'eau bénite le crucifix la chauve souris et pleins d'événements. Traitement très sur de la couleur qui joue des oppositions mauves et lilas.

 

Sources :

 

critique du DVD
Editeur : Bach Films, octobre 2007.Version : Originale Anglais sous-titrée Français Son : Mono. 1h25.
Analyse DVD

Supplément : Entretien avec Jean-François Rauger

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Les maîtresses de Dracula
1960
(The brides of Dracula). Avec : Peter Cushing (Dr. Van Helsing), Martita Hunt (la baronne Meinster), Yvonne Monlaur (Marianne Danielle), Freda Jackson (Greta), David Peel (Le baron Meinster), Miles Malleson (Le docteur Tobler). 1h25.
Genre : Fantastique
DVD chez Bach Films
Thème :