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En
1955, Charlie "Bird" Parker, le plus grand musicien de jazz de son
époque, est au bout du rouleau. Il souffre d'ulcères, de déficience
cardiaque et de cirrhose du foie. Dans les brumes de l'alcool et de la drogue,
les souvenirs du passé se mêlent au présent.
Ses débuts ont été difficiles. Il a eu du mal à faire admettre ses innovations et ses accords étranges. Mais peu à peu, sa conception révolutionnaire de la musique commence à être appréciée des fans de jazz et des musiciens d'avant-garde. Dizzy Gillespie le soutient. La danseuse Chan Richardson, déjà mère d'une petite fille, lui apporte un semblant de paix et lui donne des enfants.
Mais dans les dernières années de sa vie, les échecs cuisants alternent avec les réussites. En Californie, on ne comprend pas sa musique. En revanche, sa tournée à Paris est un triomphe. On donne son nom au plus grand jazz-club de New York, le "Birdland". Mais pour survivre, il doit se produire avec des orchestres médiocres et accepter d'enregistrer des disques commerciaux.
La mort prématurée de sa fille le pousse au désespoir et à une tentative de suicide. Les cures qu'il subit en hôpital psychiatrique n'ont aucun résultat. Les policiers de la brigade des stupéfiants le harcèlent. Au cours d'une brève période d'amélioration, il monte un petit orchestre et fait une tournée dans le sud des Etats-Unis avec Red Rodney, un jeune trompettiste blanc qui l'admire au point de le suivre dans sa toxicomanie. Mais, de retour à New York, c'est à nouveau l'enfer. Arrêté pour usage de drogue, il se voit retirer sa carte de musicien. Alors que personne ne semble reconnaître son génie, des instrumentistes sans talent, comme son rival Buster Franklin, deviennent riches et célèbres grâce au rock'n'roll.
Pendant que Chan se retire à la campagne, Bird trouve un dernier refuge chez une mécène, la baronne Nica. C'est là qu'il meurt à trente-quatre ans. Il en paraissait entre cinquante et soixante.
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Fan
de jazz de la première heure, Clint Eastwood a appris dans son enfance, le
piano, le bugle et le cornet. Il découvrit Charlie Parker pendant son adolescence
alors qu'il jouait du blues et du ragtime dans un club d'Oakland.
Pour Bird, Lennie Niehaus réussit à isoler, grâce à un procédé électronique, les solos originaux de Parker et les fit accompagner par des musiciens d'aujourd'hui (Monty Alexander, Ray Brown, John Guerin, Jon Faddis, Charles McPherson, Red Rodney, Ron Carter....).
Il inculqua également les rudiments du saxophone à Forest Whitaker, lequel obtint le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 1988. Bird reçut à Cannes le Prix de la Commission Supérieure Technique du Cinéma pour "la qualité de sa bande sonore" puis l'Oscar du meilleur son.
La rencontre entre Eastwood et Lennie Niehaus date du service militaire. Par la suite, Niehaus orchestra L'inspecteur ne renonce jamais, Josey Wales hors la loi, L'épreuve de force, L'évadé d'Alcatraz et composa la musique de Pale rider, Le maitre de guerre, Haut les flingues et La corde raide.
C'est le frère de Forest Whitaker, Damon, qui incarne Charlie Parker dans sa jeunesse.