Le testament d'Orphée
1960

Avec : Jean Cocteau (Le poète), Jean Marais (OEdipe), Maria Casarès (La Princesse), Edouard Dermit (Cégeste), Henri Crémieux (Le savant), Yul Brynner (L'huissier), Jean-Pierre Léaud (Dargelos), Françoise Christophe (L'infirmière), Claudine Auger (Minerve), Charles Aznavour (Le curieux), Nicole Courcel (La mère maladroite), Alice Sapritch (La reine des gitans), Francine Weisweiller (L'élégante), Marie-Josèphe Yoyotte (Une gitane), Brigitte Morisan (Antigone), Michèle Comte (La petite fille), Alice Heyliger (Eurydice), Michèle Lemoig (L'amoureuse), Lucia Bosè (L'amie d'Orphée), François Périer (Heurtebise), Pablo Picasso (un ami d'Orphée). 1h20.

Sur un tableau noir apparait petit à petit, un visage dessiné à la craie alors que off, Jean Cocteau déclare : "Le privilège du cinématographe, c'est qu'il permet à un grand nombre de personnes de rêver ensemble le même rêve et de montrer en outre, avec la rigueur du réalisme, les fantasmes de l'irréalité, bref c'est un admirable véhicule de poésie. Mon film n'est pas autre-chose qu'une séance de strip-tease consistant à ôter peu à peu mon corps et à montrer mon âme toute nue. Car il existe un considérable public de l'ombre, affamé de ce plus vrai que le vrai qui sera un jour le signe de notre époque. Voici le lègue d'un poète aux jeunesses successives qui l'ont toujours soutenu"

Le poète en habit du XVIIIe apparait sur un plateau de théâtre et effraie un jeune garçon à son pupitre puis, plus tard une femme qui, épouvantée, laisse tomber le bébé qu'elle tenait dans ses bras. "Ce fut ma deuxième rencontre avec un personnage dont je venais d'embrouiller l'existence contre toute logique" dit le poète... qui croise, cette fois, une infirmière promenant sur un fauteuil roulant un vieux professeur rendu sourd par une chute dans l'enfance. Il meurt et laisse tomber une boite dont s'empare le poète, heureux de la tenir enfin.

Le poète apparait une quatrième fois au professeur âgé cette fois d'une cinquantaine d'années qui se souvient avoir été effrayé par lui à treize ans. Il aimerait comprendre mais le poète lui dit qu'"il est certainement la seule personne au monde à ne pas chercher à comprendre et capable aussi de comprendre l'incompréhensible". Il est lui même perdu dans l'espace-temps, ici en 1959 alors qu'il vient de 1770, du temps du professeur Langevin. La boite qu'il remet au professeur est son invention future : elle contient des balles capables, pour ceux qu'elles atteignent, de déplier les plis du temps et ainsi de le supprimer.

Frappé par une balle, tirée à sa demande par le professeur, le poète rebondit dans un no man's land intemporel où il retrouve ses propres créations : le jeune poète Cégeste, la Princesse toujours belle et inaccessible, le fidèle Heurtebise. Accusé, le poète se défend mal devant ceux qui le condamnent à la vie pour crime d'innocence. Portant en guise de talisman une fleur d'hibiscus, Cocteau reprend sa route et va explorer la " Zone Intermédiaire". Là, continuent de vivre ses divinités et ses symboles favoris. Ayant dépassé un camp de gitans, le poète arrive auprès de la déesse de la Sagesse, Minerve. Celle-ci perce le poète de sa lance et le fait ensevelir dans un tombeau. Il en sort avec les yeux de l'initié : il ignore alors le sphinx et ne s'attendrit pas en croisant Œdipe ensanglanté : il continue de cheminer dans la campagne où des motards l'interrogent et lui demandent un autographe. C'est alors que Cégeste le fait disparaître. Seuls, demeurent sur le chemin les papiers d'identité, bientôt transformés en fleurs d'hibiscus

C'est en premier lieu le testament de Cocteau puisque, jouant lui-même son propre rôle, le poète se promène dans le film et à travers le temps. Le temps anéanti par un revolver, invention d'un savant dont le poète vient troubler la vieillesse, lui permet de juxtaposer ces propres créations à celles qu'il a toujours admirées provenant de la mythologie.

 

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Genre : Fantastique