Jean Cocteau naquit le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffite. Son oeuvre de cinéaste est relativement mince par rapport à sa production littéraire (poèmes, pièces, romans) ou graphique (dessins, fresques, céramiques). Cocteau était un touche-à-tout de génie, un "amateur" au sens le plus pur du terme, qui vit dans le cinéma un moyen parmi d'autres pour véhiculer ses fantasmes intimes, ses obsessions, sa "difficulté d'être". Il se voulait poète avant toute chose et baptisa son oeuvre poésie de roman, poésie de théâtre, poésie de cinéma, etc.
Dès 1925, il tourne un petit film (en 16 mm), à la manière de Chaplin, qu'il intitule tout simplement Jean Cocteau fait du cinéma : cette bande ne connut pas d'exploitation publique et l'unique copie fut perdue. En 1930, une subvention du vicomte de Noailles lui permet de réaliser (avec l'aide de Michel Arnaud et de l'opérateur Georges Périnal) un essai d'avant-garde, qui contient en germe le reste de son oeuvre : Le sang d'un poète. Tous les thèmes sont là : les souvenirs d'enfance, l'homosexualité, la drogue, le narcissisme, l'hommage à Eleusis et à ses mystères.
Cocteau abandonne ensuite l'écran pour la scène, n'y revenant qu'à l'occasion de scénarios ou de dialogues écrits pour d'autres : L'Herbier, de Poligny, Bresson et surtout Delannoy (L'éternel retour). Le succès de ce dernier film l'incite à mettre à nouveau (comme il dit) "les deux mains" à la caméra : c'est La belle et la bête, conte de fées pour grandes personnes, s'adressant " à ce qui reste d'enfance en chacun de nous". Suivent des "mises en images" de ses propres pièces, qui sont mieux que du théâtre filmé et où il s'autorise d'étonnantes prouesses techniques : L'aigle à deux têtes et Les parents terribles.
En 1950, c'est Orphée, sans doute son chef d'oeuvre, où la pièce d'origine est cette fois complètement remaniée en fonction des exigences de l'écran. L'échec qu'il rencontre l'éloigne à nouveau des studios; il n'y reviendra qu'avec Le Testament d'Orphée, grâce à l'appui d'un autre mécène, bien plus jeune que lui : François Truffaut. Cette oeuvre ultime renoue avec la veine autobiographique de ses débuts : Cocteau y filme même sa propre mort ! Celle-ci survint effectivement trois ans plus tard, le 11 octobre 1963.
" Mes films, avait coutume de dire Cocteau, n'ont ni queue ni tête, mais ils ont une âme !". Ils s'inscrivent dans une tradition du merveilleux et de la féerie inaugurée par Georges Méliès. Le texte littéraire y est, certes, prédominant : mais il s'en dégage une fascination certaine.
Jean Cocteau a collaboré à de nombreux autres films dont il signe généralement le scénario ou le dialogue :
Il a été parfois acteur : dans Le baron fantôme, La Malibran (Sacha Guitry, 1943), 8x8 (Hans Richter, 1952) ou son dernier film : Le testament d'Orphée.
| 1930 | Le sang d'un poète
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Avec : Enrique Rivero , Lee Miller , Jean Desbordes , Pauline Carton , Feral Benga. 0h49. Une cheminée d'usine s'apprête à tomber... Pendant ce temps, dans la chambre d'un poète, une statue sans bras s'anime brusquement. À son invite, le poète plonge dans un grand miroir ornant l'un des murs de la pièce. De l'autre côté, il découvre des lieux et des personnages étranges : un couloir d'hôtel borgne, une fumerie d'opium, une chambre où l'on donne une leçon de vol à une fillette, un hermaphrodite... |
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| 1946 | La belle
et la bête |
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Avec : Jean Marais , Josette
Day , Marcel André , Mila Parely , Nane Germon , Michel Auclair
, Raoul Marco , Christian Marquand , Mila Parély
Il était une fois un marchand ruiné qui vivait avec ses trois filles, les orgueilleuses, Félicie et Adélaïde, la bonne et douce Belle. Son fils Ludovic, un chenapan, avait pour ami Avenant, amoureux de Belle. Un soir, le marchand s'est perdu dans la forêt et a volé, pour l'offrir à Belle, une des roses du domaine de la Bête, dont l'apparence est celle d'un grand Seigneur et dont le visage et les mains sont d'un fauve. Surpris par la Bête, le marchand, lui explique-t-elle, aura la vie sauve à condition qu'une de ses filles consente à mourir à sa place. |
| 1947 | L'aigle à deux têtes |
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Avec : Edwige Feuillère , Jean Marais , Jean Debucourt , Jacques Varennes , Sylvia Monfort , Yvonne De Bray. 1h35. Aux premières années du XXe siècle, dans un pays de montagnes qu'arrose peut-être le Danube, une reine encore jeune assume le poids de son veuvage et les inconvénients de sa charge. Détestée par l'archiduchesse, sa belle-mère, elle traîne son ennui de châteaux en châteaux, espionnée par sa lectrice Mademoiselle de Berg, étroitement surveillée par le comte de Foëhn, ministre de la police, suivie par le duc de Willenstein son amoureux transi. Le chef de la police ourdit un plan machiavélique. Il a l'art d'utiliser des groupes suspects dont il flatte le faux anarchisme, ce qui lui permet de couvrir de boue la reine, il rencontre un jeune exalté, Stanislas, qui a formé le projet de tuer sa souveraine. Par une coïncidence extraordinaire, Stanislas ressemble de troublante façon au roi défunt. Tandis qu'une fête au château de Krantz rassemble la noblesse provinciale, une chasse à l'homme simulée de toutes pièces permet à Stanislas de s'introduire jusqu'au boudoir royal. La reine est là, solitaire, fuyant les valses et soupant avec l'ombre de son époux. Stanislas tombe évanoui à ses pieds, la reine le cache, le soigne en tant qu'Envoyé de la Mort; elle l'appelle son Destin. Le jeune anarchiste reste dans les appartements royaux. Trois jours d'amour passent vite. Le comte de Foëhn averti et inquiet de la tournure prise par sa machination finit par arrêter Stanislas. Il lui accorde toutefois la liberté jusqu'au départ de la reine qui veut regagner sa capitale pour tenter un coup d'état. Les jeux de l'amour et de la mort vont alors utiliser le poison et le poignard : Stanislas reculant devant un amour impossible avale une capsule fatale. La reine le bafoue, il la tue d'un coup de couteau. Elle a le temps de lui avouer son amour. |
| 1948 | Les parents terribles |
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Avec : Jean Marais, Josette
Day, Yvonne De Bray, Gabrielle Dorziat, Marcel André. 1h40.
Michel, superbe jeune homme choyé par sa mère, Yvonne, avoue à cette dernière qu'il est tombé amoureux de Madeleine. Yvonne est furieuse tout comme Georges, le père de Michel - et également l'amant de Madeleine. Tante Léonie qui demeure depuis fort longtemps dans "La Roulotte" (en fait le foyer de Georges, Yvonne et Michel) tente de "recoller les morceaux". Par son intermédiaire, Madeleine s'accuse d'être la maîtresse d'un autre. Michel, sous le choc, est violemment déprimé. Une fois encore tante Léonie essaye de sauver la situation. Yvonne n'accepte pas que son fils trouve le bonheur auprès de Madeleine et décide de mettre fin à ses jours. Alors que le jeune couple, tout à son bonheur, oublie Yvonne, cette dernière s'empoisonne dans sa chambre... |
| 1959 | Orphée
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Avec : Jean Marais, Maria Casares, François Périer, Marie Déa, Juliette Gréco, Jacques Varennes, Maria Casarès, Henri Cremieux, Roger Blin. 1h52. Dans une ville idéale et sans nom où ce qui compte en littérature se réunit le soir au Café des Poètes. De ce lieu où souffle l'esprit, le célèbre poète Orphée voit arriver à bord d'une somptueuse voiture noire une femme étrange, belle et froide, intouchable princesse, qui paraît protéger un jeune homme appelé Cégeste. À l'issue d'une bagarre que Cégeste, ivre, a déclenchée, deux motocyclistes surgissent et écrasent ce rival d'Orphée. La princesse demande à celui-ci de servir de témoin et la Rolls se referme comme un piège sur Orphée... |
| 1960 | Le testament d'Orphée |
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Avec : Jean Cocteau, Jean Marais, Nicole Courcel, Françoise Christophe, Edouard Dhermite, Claudine Auger, Daniel Gélin, Jean-pierre Léaud, François Périer, Yul Brynner, Maria Casarès. 1h20. C'est en premier lieu le testament de Cocteau puisque, jouant lui-même son propre rôle, le poète se promène dans le film et à travers le temps. Ce temps qui devait être anéanti par un revolver, invention d'un savant dont le poète vient troubler la vieillesse. Frappé par une balle, Cocteau rebondit dans un autre temps où il retrouve ses propres créations : le jeune poète Cégeste, la Princesse toujours belle et inaccessible, le fidèle Heurtebise. Accusé, le poète se défend mal devant ceux qui le condamnent à la vie pour crime d'innocence. Portant en guise de talisman une fleur d'hibiscus, Cocteau reprend sa route et va explorer la " Zone Intermédiaire". Là, continuent de vivre ses divinités et ses symboles favoris. Ayant dépassé un camp de gitans, le poète arrive auprès de la déesse de la Sagesse, Minerve. Celle-ci perce le poète de sa lance et le fait ensevelir dans un tombeau. Il en sort avec les yeux de l'initié : il ignore alors le sphinx et ne s'attendrit pas en croisant dipe ensanglanté : il continue de cheminer dans la campagne où des motards l'interrogent et lui demandent un autographe. C'est alors que Cégeste le fait disparaître. Seuls, demeurent sur le chemin les papiers d'identité, bientôt transformés en fleurs d'hibiscus. |
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1889-1963
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| 6 films | ||
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