Avec : (El angel exterminator). Avec : Silvia Pinal (Leticia, "la Valkirie"), Jacqueline Andere (Alicia Roc), José Baviera (Leandro), Enrique Rambal ( Edmundo Nobile), Auguto Benedico (le docteur), Luis Beristan (Christian) Claudio Brook (le majordome). César del campo (le colonel), Antonio Bravo (Russel), Rosa Elena Durgel (Sylvia), Lucy Gallardo (Lucía de Nobile), Enrique García Álvarez (Augusto Roc) Ofelia Guilmáin (Juana Avila), Nadia Haro Oliva (Ana Maynar), Tito Junco (Raúl), Xavier Loya (Francisco Avila), Xavier Masse (Eduardo) Ofelia Montesco (Beatriz), Patricia Morán (Rita) Patricia de Morelos (Blanca), Bertha Moss (Leonora), Ángel Merino (Lucas). 1h30
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Nobile, riche aristocrate de Mexico, invite ses amis à diner dans sa
luxueuse maison de la rue de la Providence. Quelques faits bizarres se produisent
: des domestiques partent sans expliquer leur comportement, le groupe connaît
une impression de déjà vécu, Ana retire de son sac deux
pattes de poulet alors que Blanca joue au piano une sonate de Paradisi. Et
voici qu'une étrange absence de volonté empêche les invités
de franchir les limites du grand salon. Sentant venir la fatigue, les invités
campent sur place.
A l'aube le sortilège continue, il est impossible de sortir du salon. Le vernis des conventions disparaît, les belles manières font place à l'égoïsme le plus brutal. Un cadavre est caché dans un placard, deux amoureux se suicident, on perce les canalisations pour boire.
Le sortilège cesse après que l'un des invités ait eu l'idée de replacer chacun dans sa position initiale, au moment de la sonate de Paradisi, Les naufragés de la rue de la Providence sortent... Tout le monde se retrouve dans la cathédrale pour un Te Deum de remerciement. C'est là que le sortilège recommence alors que des émeutes éclatent dans les rues. (voir : scénario détaillé)
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Au départ, le film s'intitulait "Les naufragés de la rue
de la providence". Le titre définitif a été suggéré
à Bunuel par un de ses amis, dramaturge, qui l'envisageait pour une
pièce de théâtre. Le titre, référence à
l'Apocalypse, était libre de droit et Bunuel l'a utilisé pour
son film.
Longtemps Luis Bunuel a gardé le silence sur ce film corrosif refusant d'en donner la moindre clé. A la fin de sa vie seulement, il a consenti à dire que le thème n'était autre que celui qui court dans toute son uvre : l'incapacité de l'homme à satisfaire ses désirs. Mais il convient de se méfier des déclarations de Bunuel... surtout lorsqu'elles sont plus ou moins extorquées. Il est ainsi faux de dire, comme le Frédéric Mitterrand pour sa présentation au ciné-club de F2, que l'on voit deux fois, sous des angles différents, les invités pénétrer dans le hall et le maître de maison appeler son maître d'hôtel. Cette déclaration, qui ne tient pas à la vision du film, fait pourtant l'objet d'une longue anecdote, racontée par Bunuel, dans le livre de Jean-Claude Carrière.
Certes Bunuel a bien déclaré : "Je me suis toujours senti attiré, dans la vie comme dans mes films, par les choses qui se répètent sans savoir pourquoi." Mais les répétitions concernent d'un part les trois présentations successives entre Raul et Leandro puis, d'autre part, Edmundo qui porte deux fois le même toast, une fois avec succès, la seconde dans l'indifférence générale
Ainsi plutôt que de faire de ce film, comme on le répète un peu partout, celui du "mécanisme du désir et de son assouvissement impossible" (!) , on en fera plus simplement une charge surréaliste sur le mal de vivre existentiel de la bourgeoisie".
Les attaques de Bunuel possèdent un indéniable caractère
social : les bourgeois perdent les pédales dès que le bas peuple
déserte. Mais la mouche qui les a piqués s'appelle surtout angoisse
existentielle : la pièce où ils se cloîtrent presque volontairement
est symbole de l'existence. Comme ce salon mondain, la vie offre une porte
de sortie que l'on décide rarement de prendre : la mort.

