En 1992, La
sentinelle, premier long-métrage de Arnaud Desplechin révèle une troupe
d'acteurs (Emmanuel Salinger, Emmannuelle Devos.. ) et une scénariste Pascale
Ferran qui deviendra réalisatrice. Le personnage principal est sensible aux
évènements politiques de l'époque (l'après guerre froide) mais surtout vit
avec des qualités intellectuelles et morales qu'il impose à son environnement.
Un groupe de metteurs en scène, tous nés après
1950, et d'acteurs fait donc le portrait d'une société en proposant à travers
leur héros un exemple de comportements moraux qu'il leur paraît important
de défendre. Ils retrouvent ainsi la tradition du grand cinéma américain (Stewart,
Grant, Cooper) mais surtout prolonge l'apport
esthétique de de la Nouvelle vague (Truffaut, Godard). Ils sont
en rupture par rapport à deux autres groupes de cinéastes, l'un perpétuant
la tradition du cinéma d'observation psychologique ou social, l'autre se plaçant
sous le signe de l'imaginaire.
Une nouvelle vague : des personnages ordinaires, capables
d'instants de bonheur, filmés dans la rue et se confrontant aux valeurs
de leur temps en essayant de donner un sens à leur vie.
- Arnaud Desplechin : La
sentinelle (1992), Comment
je me suis disputé (1996) Rois
et Reine (2004)
- Pascale Ferran : Petits arrangements avec les morts
(1994), L'âge des possibles (1995)
- Laurence Ferreira Barbosa : Les gens normaux n'ont rien
d'exceptionnel (1993) ; J'ai horreur de l'amour (1997), Ordo
(2004)
- Pascal Bonitzer : Encore
(1996), Petites coupures
(2002
- Patricia Mazuy : Travolta et moi (1993)
- Olivier Assayas : Une nouvelle vie L'eau froide
- Cyrril Collard : Les nuits fauves (1992)
- Anthony Cordier : Douches froides
(2005)
Drames et comédies sociales :
- Hervé Le Roux : Reprise (1996)
- Manuel Poirier : Western (1997)
- Robert Guédiguian : Marius et Janette (1997), La
ville est tranquille (2000)
- Mathieu Kassovitz : La haine (1995)
- Cédric Kahn : Le bar des rails (1991), Trop de bonheur (1994)
- Catherine Breillat : Sale comme un ange (1991), Parfait amour ! (1996)
- Anne Fontaine : Les histoires d'amour finissent mal en général (1993),
Nettoyage à sec (1997)
- Xavier Beauvois : Nord (1991)
- Jean-François Richet : Etat des lieux (1994)
- Danièle Dubroux : Border line (1992)
Imaginaire :
La décennie voit également des productions particulières qui
marquent le box-office : Les visiteurs (1993) de Jean-Marie Poiré ; Le cinquième
élément (1997) de Luc Besson, Microcosmos (1996) de Claude Nuridsany ; Etre
et avoir de Nicola Philibert
Parmi la génération des cinéastes nés avant 1950 et
reconnus dès les années 70 on retiendra
- André Téchiné: Ma saison préférée (1993), Les roseaux sauvages (1994),
Les voleurs (1996)
- Philippe Garrel : La naissance de l'amour
- Jacques Doillon : Le jeune Werther (1993),Ponette (1996)
- Benoît Jacquot : La vie de Marianne, Une fille seule (1995)
- Patrice Chéreau : La reine Margot (1994), Intimité
- Raymond Depardon : Délits flagrants (1994).
- Jean-Claude Brisseau : Choses secretes (2002)
Parmi la génération des cinéastes reconnus dès les années
60 on retiendra
- Claude Chabrol : Betty (1992), La cérémonie (1995)
- Jacques Rivette : Jeanne la pucelle (1994), Secret défense (1997)
- Eric Rohmer : L'arbre, le maire et la médiathèque (1993) Conte d'été
(1996)
- Jean-Luc Godard :Hélas pour moi (1993), JLG/JLG (1995), For ever Mozart
(1996), Histoire(s) du cinéma (1999), Notre musique (2003);
- Alain Resnais: Smoking- No Smoking, On connaît la chanson
- Maurice Pilat: Le garçu (1995)
- Chris Marker : Level 5 (1996).