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Sortie
des usines Lumière
Lumière, 1895 |
L'argent
Marcel l'Herbier, 1928 |
Les frères Lumières organisent le 28 décembre 1895 la première projection cinématographique publique et payante de dix de leurs films dans le sous-sol du Grand Café, boulevard des Capucines à Paris. C'est le début du cinématographe. Georges Méliès, professionnel du spectacle fait construire le premier studio où sont tournés entre six cents et huit cents films en utilisant des décors peints, une caméra en plein air et des pellicules coloriées à la main dès 1897.
Avec Charles Pathé, dès 1905, le cinéma perd sa dimension artisanale pour entrer dans l'ère industrielle et capitaliste. Max Linder est engagé par Pathé en 1905 : il est la première grande vedette mondiale du cinéma. Louis Feuillade, engagé à la veille de 1914, est alors considéré comme le plus talentueux des cinéastes français.
Le premier conflit mondial rompt la prospérité artistique et économique et remet en cause la suprématie du cinéma français. Après la Première Guerre mondiale, on assiste à la naissance d'une réflexion sur l'esthétique cinématographique. C'est d'abord Marcel L'Herbier qui élabore, avec Louis Delluc et Germaine Dulac, une école impressionniste française, qui entend s'opposer à l'expressionnisme des Allemands. L'ambition d'Abel Gance le pousse vers les "grands sujets". La gloire lui vient, au lendemain de l'armistice, avec J'accuse, vigoureux pamphlet contre la guerre. Ses deux grands films muets, La roue et Napoléon, porteront à leur paroxysme ces qualités et ces défauts. A côté des créations de ces cinéastes, une production courante très importante se développe, notamment basée sur l'adaptation de romans connus d'Eugène Sue, d'Emile Zola ou Victor Hugo : ainsi débutent des cinéastes tels que Julien Duvivier, Jean Renoir et Jacques Feyder.
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Toni
Jean Renoir, 1934 |
Les
enfants du paradis
Marcel Carné, 1945 |
L'innovation du parlant implique la promotion de nouveaux créateurs (ingénieurs du son, dialoguistes, scénaristes, musiciens) autant que le renouvellement des acteurs (modification importante du jeu : il faut un visage mais aussi une voix) : Arletty, Michèle Morgan, Louis Jouvet, Michel Simon, Jean Gabin...
En 1936, avec la victoire du Front populaire on assiste à l'apogée du réalisme poétique. C'est un cinéma tourné en studios où les décorateurs tels Alexandre Trauner jouent un rôle important. Les dialoguistes deviennent des personnages-clés du cinéma français : le plus célèbre étant Jacques Prévert.
Pendant la Drôle de guerre, la production n'est pas interrompue même si la censure militaire bannit certains films comme La règle du Jeu de Jean Renoir.
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Les
dernières vacances
Roger Leenhardt, 1948 |
Madame
de...
Max Ophuls, 1953 |
La période s'ouvre au lendemain de la seconde guerre mondiale et se clôt avec la fin de la quatrième république. La Libération ne produit toutefois pas de renouveau dans un cinéma qui reste confiné dans un réalisme poétique exsangue. La fin de la quatrième république, en 1958, coïncide avec la mort de Max Ophuls, cinéaste qui a su le mieux tirer parti du cinéma en studio. Avec sa mort c'est une période qui se clôt.
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Les
400 coups
François Truffaut, 1959 |
Les
demoiselles de Rochefort
Jacques Demy, 1967 |
Période entièrement dominée par la Nouvelle vague qui modifie profondemment les données économiques et techniques du cinéma. L'apport esthétique, considérable, est plus contesté.
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La
maman et la putain
Jean Eustache, 1972 |
A
nos amours
Maurice Pialat, 1983 |
Une chronologie politique ferait débuter le cinéma des années 70, par les événements de mai 1968 et le clôturerait par l'élection de François Mitterrand à la présidence en mai 1981. Il s'agit de la période de l'entre-deux-mai selon la formule de l'historien Pascal Ory.
Dans une logique interne au cinéma, la date de mai 68 peut être conservée comme début de la période. Les événements de 68 amènent les cinéastes à réfléchir sur leur pratique et à la modifier. Par contre, mai 1981 ne provoque pas de changement dans le cinéma. La date du dernier film réalisé par François Truffaut en 1983 convient mieux pour clore une période que l'on définira comme celle d'une coexistence pacifique et enrichissante entre un centre du cinéma, populaire, et sa périphérie, plus ouverte sur la nouveauté.
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Les
nuits de la pleine lune
Eric Rohmer, 1984 |
Le
petit criminel
Jacques Doillon, 1990 |
Mai 1981 n'a pas marqué de rupture avec le cinéma des années 70. L'élection de Mitterrand marque la victoire de l'idéologie dominante depuis 1968. Par contre l'entrée dans la rigueur en 1983 avec le gouvernement Fabius et le refus de sortir du SME marquent une fracture profonde avec le passé. Cette faillite de l'idéologie devant l'efficacité du libéralisme sera accentuée après la chute du mur de Berlin et l'éclatement de l'URSS.
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La
sentinelle
Arnaud Desplechin, 1992 |
N'oublie
pas que tu vas mourir
Xavier Beauvois, 1995 |
En 1992, La sentinelle, premier long-métrage de Arnaud Desplechin, révèle une troupe d'acteurs (Emmanuel Salinger, Emmannuelle Devos.. ) et une scénariste Pascale Ferran qui deviendra réalisatrice. Le personnage principal est sensible aux évènements politiques de l'époque (l'après guerre froide) mais surtout vit avec des qualités intellectuelles et morales qu'il impose à son environnement.
Un groupe de metteurs en scène et d'acteurs fait donc le portrait d'une société en proposant à travers leur héros un exemple de comportements moraux qu'il leur paraît important de défendre. Ils retrouvent ainsi la tradition du grand cinéma américain (Stewart, Grant, Cooper) ou de la nouvelle vague (Truffaut, Godard). Ils sont en rupture par rapport à deux autres groupe de cinéastes, l'un perpétuant la tradition du cinéma d'observation psychologique ou social, l'autre se plaçant sous le signe de l'imaginaire.
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Dix-sept
fois Cécile Cassard
(Christophe Honoré, 2002) |
La
frontière de l'aube
(Philippe Garrel, 2008) |
L'apparition du numérique et d’Internet et une politique culturelle à l'abandon n'empêchent pas, loin s'en faut, le cinéma français d'exister avec sa panoplie d'auteurs anciens et nouveaux.
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Voir : Films
et cinéastes français
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