1 - Les origines et le temps du muet : 1895 - 1929

La date-repère est le 28 décembre 1895 qui correspond à la 1ère projection cinématographique publique et payante dans le sous-sol du Grand Café, boulevard des Capucines à Paris.

2 - L'Age classique : 1930 - 1945

Le fait marquant est l'avènement du cinéma parlant : le 6 octobre 1927, sort à New York The jazz singer réalisé par Allan Crossland, le premier film parlant de l'histoire du cinéma.

L'innovation implique la promotion de nouveaux créateurs (ingénieurs du son, dialoguistes, scénaristes, musiciens) autant que le renouvellement des acteurs (modification importante du jeu : il faut un visage mais aussi une voix) : Arletty, Michèle Morgan, Louis Jouvet, Michel Simon, Jean Gabin...

3 - Les années 50 : 1946 -1958

La période s'ouvre au lendemain de la seconde guerre mondiale et se clôt avec la fin de la quatrième république. La Libération ne produit toutefois pas de renouveau dans un cinéma qui reste confiné dans un réalisme poétique exsangue. La fin de la quatrième république, en 1958, coïncide avec la mort de Max Ophuls, cinéaste qui a su le mieux tirer parti du cinéma en studio. Avec sa mort c'est une période qui se clôt.

4 - Les années 60 : 1959-1967

Période entièrement dominée par la Nouvelle vague qui modifie profondemment les données économiques et techniques du cinéma. L'apport esthétique, considérable, est plus contesté.

5 - Les années 70 : 1968-1983

Une chronologie politique ferait débuter le cinéma des années 70, par les événements de mai 1968 et le clôturerait par l'élection de François Mitterrand à la présidence en mai 1981. Il s'agit de la période de l'entre-deux-mai selon la formule de l'historien Pascal Ory.

Dans une logique interne au cinéma, la date de mai 68 peut être conservée comme début de la période. Les événements de 68 amènent les cinéastes à réfléchir sur leur pratique et à la modifier. Par contre, mai 1981 ne provoque pas de changement dans le cinéma. La date du dernier film réalisé par François Truffaut en 1983 convient mieux pour clore une période que l'on définira comme celle d'une coexistence pacifique et enrichissante entre un centre du cinéma, populaire, et sa périphérie, plus ouverte sur la nouveauté.

6 - Les années 80 : 1984-1991

Mai 1981 n'a pas marqué de rupture avec le cinéma des années 70. L'élection de Mitterrand marque la victoire de l'idéologie dominante depuis 1968. Par contre l'entrée dans la rigueur en 1983 avec le gouvernement Fabius et le refus de sortir du SME marquent une fracture profonde avec le passé. Cette faillite de l'idéologie devant l'efficacité du libéralisme sera accentuée après la chute du mur de Berlin et l'éclatement de l'URSS.

7 - Les années 90 et 2000 : 1992-2007

En 1992, La sentinelle, premier long-métrage de Arnaud Desplechin, révèle une troupe d'acteurs (Emmanuel Salinger, Emmannuelle Devos.. ) et une scénariste Pascale Ferran qui deviendra réalisatrice. Le personnage principal est sensible aux évènements politiques de l'époque (l'après guerre froide) mais surtout vit avec des qualités intellectuelles et morales qu'il impose à son environnement.

Un groupe de metteurs en scène et d'acteurs fait donc le portrait d'une société en proposant à travers leur héros un exemple de comportements moraux qu'il leur paraît important de défendre. Ils retrouvent ainsi la tradition du grand cinéma américain (Stewart, Grant, Cooper) ou de la nouvelle vague (Truffaut, Godard). Ils sont en rupture par rapport à deux autres groupe de cinéastes, l'un perpétuant la tradition du cinéma d'observation psychologique ou social, l'autre se plaçant sous le signe de l'imaginaire.