La planète des singes : les origines

2011

Thèmes : San Franciso

(Rise of the planet of the apes). Avec : James Franco (Will Rodman), Freida Pinto (Caroline Aranha), Andy Serkis (Caesar), John Lithgow (Charles Rodman), Brian Cox (John Landon), Tyler Labine (Franklin), Tom Felton (Dodge Landon), David Oyelowo (Steven Jacobs). 1h45.

Des singes sont traqués en forêt. Une femelle, surnommée Beaux-Yeux, est utilisée pour la recherche contre Alzheimer, dirigée par le docteur Will Rodman. Ce dernier a mis au point un médicament, le AL-112, qui devrait permettre de réparer les cellules altérées du cerveau. Mais le projet échoue car, en pleine présentation du projet, Beaux-Yeux se montre si violente qu'elle est abattue.

Will découvre trop tard que son comportement violent n'était pas dû au médicament mais au fait qu'elle avait très discrètement donné naissance à un bébé qu'elle ne voulait pas quitter. Will ramène chez lui le bébé singe que son assistant, Franklin, a refusé de tuer. Il retrouve son père, Charles, qui est à un stade déjà avancé de la maladie d'Alzheimer. Charles se prend d'affection pour ce bébé singe qu'il nommé César comme la pièce de Shakespeare qu'il tente désespérément de lire.

Will découvre bien vite que le traitement injecté à sa mère a fait de César une créature dotée d'une grande intelligence. Parallèlement l'état de Charles s'aggrave de jour en jour. Will dans un dernier espoir décide donc d'injecter le AL-112 à son père. Et le miracle se produit. Dès son réveil, Will entend son père jouer au piano un morceau mieux qu'il ne l'avait jamais joué. Il est guéri.


Les années passent, Will et son père se sont attachés à César. Celui-ci supporte pourtant mal d'être considéré comme un animal domestique. Will découvre horrifié que la maladie de son père prend le dessus sur son médicament. Il révèle à son patron, Steve Jacobs, qu'il a mené des expériences sur son père et que même si, aujourd'hui, le médicament échoue il a aussi, pendant un temps, accru les capacités intellectuelles du malade. Jacobs voit aussitôt les potentialités économiques d'un médicament capable d'augmenter les capacités intellectuelles et donne les pleins pouvoirs à Will pour expérimenter le nouveau Al-113.

De son côté, César protège comme il le peut Charles de sa maladie. Mais le jour où le voisin, fou de rage de voir sa voiture abimée par Charles, s'en prend à celui-ci, César l'agresse et, devant la foule horrifiée, lui sectionne un doigt. Will est contraint par la loi à abandonner César dans un refuge pour primates dirigé par John Landon et son fils Dodge. Celui-ci déteste les singes dont il a la charge et leur inflige des traitements cruels. Alors que Will fait tout pour le récupérer et y parvient enfin, César, qui a pris l'ascendant sur les autres singes décide de rester au refuge pour libérer les siens....

Cette septième aventure hollywoodienne tirée des personnages du roman de Pierre Boule, La Planète des singes, reprend, en mieux, le début de la quatrième, La conquête de la planète des singes, réalisée en 1972 par J. Lee Thompson.

Rupert Wyatt transforme l'allégorie de Pierre Boule sur les dangers de la guerre froide pouvant conduire à une catastrophe nucléaire en une allégorie sur les dangers de l'expérimentation scientifique non contrôlée lorsque les intérêts financiers font abandonner toute prudence. Le film est aussi un grand spectacle fort réussi non seulement par l'attaque du pont du golden gate par ses cimes dans les nuages et ses soubassements mais aussi par sa capacité à encourager la révolte des opprimés. César devient un nouveau Spartacus libérant les esclaves.

Si le film peine à emporter l'adhésion, c'est sans doute parce que la noirceur y fait défaut. Le couple James Franco-Freida Pinto étant bien lisse et le directeur du labo trop joyeusement cupide. Seul le personnage de Dodge Landon, cruel avec les animaux, assure la part maudite du film mais seulement en périphérie.

Si l'épaisseur manque à l'humanité allant vers sa fin, la présence de la nature en arrière plan de la puissance des singes est plus travaillée. Quatre séquences se situent dans la forêt de séquoias (début, enfance émerveillée, adolescence inquiétée par le parallèle avec le chien tenu en laisse, la liberté conquise) et les feuilles des arbres tombent comme une pluie sur les humains lorsque les singes se ruent en ville après leur libération.

Le scenario est constamment inventif. Le parallèle entre la maladie du père et la compréhension croissante de César permet non seulement la séquence du piano, de l'invention de son nom mais aussi l'émouvante scène où il repére le premier le retour de la maladie et réapprend discrètement à Charles à utiliser sa fourchette. Le personnage burlesque du voisin est aussi notable. Affreux, misanthrope, on ne se doute pas que la focalisation sur son doigt pointant Charles, annonce qu'il sera sectionné en fin de séquence. L'importance du personnage dans la chute de l'humanité va croissant ... jusque dans le générique final.

Jean-Luc Lacuve le 24/08/2011.

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