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Kirikou et la sorcière

1998

Avec les voix de : Doudou Gueye Thiaw (Kirikou enfant), Maimouna N'Diaye (La Mère), Awa Sene Sarr (Karaba), Robert Liensol (Le Sage dans la montagne), William Nadylam et Sebastien Hebrant (Kirikou jeune homme), Tshilombo Lubambu (L'Oncle) 1h11.

Dans un village de l'Afrique de l'ouest, Kirikou est un petit garçon qui parle déjà dans le ventre de sa mère, Madela, et s’enfante tout seul. Le village est frappé par la malédiction d'une puissante sorcière, Karaba, qui fait régner la terreur à l’aide d’une armée de fétiches animés. La source proche du village est asséchée et tous les hommes ont disparu. Kirikou veut savoir pourquoi Karaba est une sorcière tellement méchante et décide d’aider les villageois.

Les hommes partis combattre Karaba ont disparu : la rumeur dit qu’elle les aurait mangés. À peine né, Kirikou commence par sauver son oncle, Apo, parti affronter la sorcière, en se cachant sous son chapeau pour le conseiller. Le petit garçon parvient à faire échanger ce que Karaba prend pour un chapeau magique contre la promesse de laisser le village en paix. Mais la sorcière finit par découvrir la ruse et poursuit ses menaces. Elle réclame le peu d’or qui reste aux femmes du village – celles-ci s'exécutent, mais Karaba envoie ensuite des fétiches inspecter les maisons, et, lorsqu’ils découvrent un bijou caché par l’une des femmes, ils brûlent sa maison devant les villageois impuissants car privés d’eau.

Madela explique à son enfant que la source est maudite et ne donne plus d’eau, ce qui contraint les villageois à aller puiser au marigot, beaucoup plus loin. Ayant accompagné sa mère au marigot, Kirikou surveille les enfants qui jouent à la rivière. Karaba tente par deux fois de les enlever, d’abord à l’aide d’une pirogue ensorcelée, ensuite par le biais d’un arbre maléfique ; mais à chaque fois, Kirikou sauve les enfants. Il s’aventure ensuite jusqu’à la source maudite, et, grâce à sa taille minuscule, parvient à s’introduire dans le conduit asséché. Ayant découvert qu’une énorme créature a élu domicile dans la grotte et y boit toute l’eau, il la tue : l’eau afflue de nouveau, mais Kirikou manque de périr noyé.

En discutant avec Kirikou, sa mère lui apprend que le seul homme capable de savoir pourquoi Karaba est méchante est le sage, son grand-père, qui vit dans la montagne interdite, derrière la case de Karaba. Mais la sorcière défend à quiconque de passer – d’autant plus que le fétiche guetteur est très vigilant et n’hésite pas à alerter sa maîtresse à tout moment.

Kirikou, ayant mis au point une ruse avec l’aide de sa mère, passe par le sous-sol en empruntant les conduits de plusieurs terriers où il doit affronter une zorille, se lie d'amitié avec des rats palmistes, et parvient à atteindre la montagne sans être aperçu par le fétiche guetteur. Peu après, il voyage alors à travers la forêt puis sur la montagne, où il doit faire face à une huppe fasciée puis à un dangereux phacochère. En fin de compte, il atteint la grande termitière où séjourne le sage. Celui-ci apprend à Kirikou que Karaba doit sa méchanceté et ses pouvoirs maléfiques à une épine que des hommes lui ont enfoncée dans le dos, et qui la fait atrocement souffrir. Kirikou décide alors d’ôter l’épine à la sorcière.

De retour près de la case de Karaba, Kirikou y pénètre en passant par le sous-sol pour reprendre plusieurs bijoux volés par la sorcière. Il part ensuite les enterrer dans la forêt près du village. Folle de rage, Karaba est résolue à tuer Kirikou. Après que sa vipère a échoué à atteindre l'enfant, elle sort de sa case et commence par aller déterrer les bijoux elle-même. Mais c’est une ruse : pendant qu’elle se penche, Kirikou saute sur son dos et lui enlève l’épine. Karaba hurle si fort qu'elle se fait entendre par les villageois interloqués.

Libérée de la douleur et du maléfice, Karaba redevient elle-même. Kirikou, en remerciement, lui demande de l’épouser, mais Karaba lui objecte qu’il est trop jeune. Alors, il n’obtient qu’un baiser, mais ce baiser suffit à le faire grandir instantanément et à le rendre adulte.

Aussitôt, Kirikou rentre au village accompagné de Karaba. Méconnaissable pour les villageois, il est finalement reconnu par sa mère. Les villageois, qui veulent venger les hommes du village que Karaba a fait disparaître, s’apprêtent à la tuer, lorsque soudain tous les hommes reviennent en cortège au son des tam-tam, accompagnés par le sage de la montagne. Celui-ci explique que Karaba ne mangeait pas les hommes, mais les changeait en « objets obéissants » pour les asservir ; Karaba a perdu ses pouvoirs et le sortilège est levé. Le village, de nouveau au grand complet, se réjouit du retour des disparus, et Kirikou embrasse Karaba.

Michel Ocelot écrit le scénario en s'inspirant librement d'un conte africain. Il trouve l'idée de départ dans un recueil de contes populaires d'Afrique occidentale recueillis par Equilbecq, un administrateur des colonies françaises, en 1912. Dans l'un des contes, un enfant parle alors qu'il est encore à l'intérieur du ventre de sa mère et réclame de naître ; celle-ci lui répond sans se départir de son calme, l'enfant naît tout seul, puis se lave tout seul, et va aussitôt affronter une sorcière qui menace le village. Cet enfant prodigieux qui inspire Kirikou est Izé Gani, rendu fameux par la version qu'en a donnée Boubou Hama. Michel Ocelot conserve le début du conte, mais apporte beaucoup de modifications à la suite de l'histoire.

Michel Ocelot consacre plusieurs mois à la conception visuelle des personnages et des principaux décors. La représentation graphique de l'Afrique pose un problème, car les arts africains disposent d'une riche tradition décorative, mais assez peu d'arts graphiques figuratifs ; Michel Ocelot s'inspire alors des tableaux du Douanier Rousseau , notamment du Rêve (1910) pour concevoir l'univers visuel du film, et de l'art égyptien antique pour l'apparence des personnages.

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