Vivre au paradis
1998

1960. Bidonville de Nanterre. Lakhdar Ferrouz, las de sa vie solitaire, décide de faire venir sa femme et ses deux enfants restés en Algérie. Il croit leur trouver un appartement bientôt en faisant une demande auprès des services sociaux. En attendant, il est obligé de renvoyer les quelques compatriotes qu'il logeait gratuitement chez lui. Lakhdar aide souvent ses voisins d'infortune, leur traduisant des lettres où en guidant le médecin au sein du dédale de cabanes du bidonville.

Lakhdar va chercher sa famille à la gare et leur fait traverser Paris illuminé en voiture. L'arrivée au bidonville est bien moins brillante. Entre slogans racistes et ruelles gorgées d'eau la pauvre cabane aménagée avec soin ne peut que décevoir Nora, Assia et Rachid qui s'attendaient à vivre au paradis. Nora est si désemparée qu'elle se refuse à son mari. Profitant d'un jour d'école, celui-ci simule un accident au travail pour rentrer chez lui et faire l'amour à sa femme.

Lakhdar accumule les heures supplémentaires et néglige sa femme qu'il contraint à rester enfermée dans la cabane. Elle finit par rencontrer une militante de la cause algérienne avec qui elle sympathise. Puis vient la lettre des services sociaux qui refusent un appartement à la famille Ferrouz. Lakhdar ne parvient pas à comprendre ce refus et envisage d'accepter la proposition de Belgacem, un marchand de sommeil qui l'a pris en sympathie. La famille visite un hlm qui l'enthousiasme mais le prix est élevé et Lakhdar se met à accumuler l'argent en refusant de dépenser pour la cause algérienne ou même pour un cadeau de mariage.

Le 17 octobre 1961, Lakhdar construit une nouvelle cabane qu'il compte vendre à un jeune couple et n'a guère envie de se rendre à la manifestation organisée par le FLN en réaction aux mesures de couvre-feu discriminatoire dont sont victimes les seuls français d'origine algérienne. Il s'y rend finalement .Il protège sa famille de la violente répression policières mais prend de nombreux coups et est emmené dans un car de police. Des dizaines d'Algériens meurent sous les coups de matraques.

Le lendemain le camp de Nanterre est grillagé. Il négocie un prix élevé pour sa cabane ce qui désole Mohamed qui était ancien ami. Nora a caché des militants du FLN et la police vient fouiller les lieux. N'y trouvant pas les fugitifs, la police détruit la cabane en représailles. Lakhdar doit rendre l'argent qu'il avait extorqué à son ami marié.

C'est le 5 juillet 1962, alors que le bidonville fête l'indépendance de l'Algérie, Lakhdar s'en va seul avec sa valise. Il veut rentrer au pays, laissant là sa femme qui s'est bien intégrée à la communauté. Lakhdar est retenu par son ami et il fait amande honorable auprès de sa femme à qui il promet de revenir au pays.

Les Ferrouz resteront pourtant au bidonville car l'Algérie indépendante ne fera rien pour le retour des émigrés qui lui rapportent des devises. Les Ferouz obtiendront pourtant un appartement. Mais seulement quand le bidonville sera détruit, le 7 juillet 1970.

La transformation d'un algérien entreprenant et altruiste en solitaire replié sur lui-même pour obtenir un appartement dont sa famille finit par se désintéresser...

critique du DVD
Editeur : Blaq out. octobre 2012. 17 €.

Suppléments :

  • Documentaire exclusif : Guerres secrètes du FLN
  • Interview de Bourlem Guerdjou
  • Interview de Benjamin Stora

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Avec : Roschdy Zem (Lakhdar), Fadila Belkebla (Nora), Omar Bekhaled (Rachid), Farida Rahouadj (Ouarda), Ramzi Brari (Brahim), Mustapha Adouani (Belkacem), Sabrina Jellassi (Assiä), Pierre Berriau (Le docteur). 1h45.

 
Genre : Drame social
Thème : Gerre d'Algérie