Avec : Lilia Prado (Raquel), Esteban Márquez (Oliverio Grajales), Carmelita González (Albina).1h25.
1952

Les noces d'Oliverio et d'Albina sont interrompues par une mauvaise nouvelle : la mère du jeune marié est mourante et elle lui demande d'aller à la ville pour faire enregistrer son testament préservant une part d'héritage pour son petit-fils, neveu bien-aimé d'Oliverio.

Les frères d'Oliverio espèrent capter l'héritage et attendent le décès dans une ambiance de fête. Oliverio commence le voyage en autocar en compagnie d'un candidat à la députation, d'un unijambiste, d'une femme enceinte, d'une mère et ses deux jeunes enfants et de Raquel, jeune femme provocante et sensuelle qui cherche à le séduire.

Oliverio est pressé d'accomplir sa mission pour être de retour avant le décès de sa mère mais divers incidents retardent le voyage. Un pneu éclate à peine le voyage entamé. Lors de l'ascension du premier col, le brouillard ralentit la progression du car et une voiture arrivant en sens inverse bloque le passage. Sous le coup de l'émotion, la femme enceinte accouche avec l'aide des femmes présentes. Le car est ensuite bloqué lors du passage du fleuve à gué. Le député essaie maladroitement de tirer le car hors de l'eau avec un tracteur mais c'est finalement deux bœufs conduits par une enfant qui sauveront la situation. Il était temps : Raquel en maillot de bain était bien près de séduire Oliverio. Le car embarque ensuite une paysanne avec ses brebis. Raquel se montre de plus en plus provocante envers Oliverio et celui-ci finit par rêver d'elle en maillot de bain dans une forêt vierge traversée de brebis.. qu'il tient justement sur ses genoux.

Le soir tombe et le chauffeur a besoin de repos. Oliverio conduit le bus toute la nuit. Hélas, à son réveil le chauffeur décide de s'arrêter fêter l'anniversaire de sa mère. Il est bientôt trop saoul pour conduire mais laisse Oliverio lui emprunter le bus pour un aller-retour vers la ville. Seule Raquel parvient à partir avec lui. Lors de l'ascension du col, le terrible "Subida al cielo", le tonnerre se met de la partie et Raquel provoque victorieusement Oliverio... qui lui fait l'amour sous l'orage.

Oliverio rencontre enfin le notaire qui refuse de l'accompagner mais lui prépare une reconnaissance de dettes fictives sur laquelle sa mère n'aura qu'à appliquer ses empreintes digitales. Le futur député, arrivé en ville grâce à une motocyclette, s'aperçoit que son élection n'est pas gagnée quand il reçoit des pierres jetées par les partisans de son adversaire.

Sur le chemin du retour, le car croise une procession funéraire : l'enfant qui avait si bien su conduire les boeufs est morte, piquée par une vipère. Le chauffeur s'arrête pour assister à l'enterrement et c'est de nouveau Oliverio qui conduit le car jusqu'au village.

Il arrive trop tard. Sa mère est morte, il peut néanmoins suivre les instructions du notaire. L'enfant qui dort sera riche. Oliverio ne racontera probablement pas tout à sa femme.


Le film a obtenu le prix du film d'avant-garde à Cannes en 1952.

Sur un ton d'abord léger, le film préfigure Nazarin. Oliverio aspire à l'honnêteté mais, sous les coups du sort, il finira par succomber au désir qu'il refoule depuis le début du parcours. Il devra alors convenir que la morale à laquelle il s'accroche est bien dérisoire. Seul le sort décide du bien ou du mal : la petite fille qui avait si adroitement conduit les bœufs lors du parcours aller est décédée et sa mère est morte avant son retour.

Seule Raquel a su faire la preuve de sa liberté refusant aussi bien l'aide d'Oliverio tourmenté par le remord que celle de l'ex futur-député.

 

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La monté au ciel