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Magic in the moonlight

2014

Première française Avec : Colin Firth (Stanley Crawford), Emma Stone (Sophie), Marcia Gay Harden (Mrs. Baker), Hamish Linklater (Brice) Jacki Weaver (Grace), Erica Leerhsen (Caroliner). 1h38.

En 1928, un illusionniste nommé Wei Ling Soo se produit devant un public à Berlin avec un numéro de magie de classe mondiale. En réalité, Soo est un Britannique nommé Stanley, qui porte un déguisement dans le cadre de son numéro. Dans sa loge, il est rejoint par un vieil ami et collègue illusionniste, Howard Burkan. Howard demande à Stanley de l’accompagner sur la Côte d’Azur, où une riche famille américaine, les Catledge, semble avoir été dupée par une voyante nommée Sophie, au point que le fils de la famille, Brice, en est épris. Howard explique qu’il n’a pas réussi à percer les secrets des tours de Sophie et commence à croire qu’elle possède réellement des pouvoirs surnaturels. Il demande à Stanley, arrogant et grognon ayant une très haute estime de lui-même, aussi spirituel que misanthrope, féru des lectures de Nietzsche, connu pour avoir démasqué de nombreux faux médiums, de l’aider à prouver qu’elle est une imposture.

Howard et Stanley se rendent sur la Côte d’Azur. Stanley se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de confondre la jeune et ravissante Sophie Baker qui séjourne chez les Catledge avec sa mère. Mais Stanley est bientôt stupéfait par la capacité de Sophie à entrer dans un état de transe et à révéler des détails très personnels sur lui et sa famille. Stanley assiste à une séance au cours de laquelle Sophie semble communiquer avec le patriarche défunt de la famille Catledge. Une bougie s’élève de la table et Howard l’attrape pour essayer de découvrir une supercherie, mais il ne détecte aucun trucage apparent.

Lorsque Stanley et Sophie rendent visite à sa tante Vanessa en Provence, Sophie semble capable, en tenant les perles de la tante, de raconter des détails secrets sur une grande histoire d’amour vécue par Vanessa. Cela convainc finalement Stanley de l’authenticité de Sophie. Il a une révélation : son rationalisme et son cynisme de toujours étaient peut-être erronés. Pris dans une averse, Stanley et Sophie trouvent refuge dans un observatoire que Stanley fréquentait enfant. Lorsque la pluie cesse, ils ouvrent le toit et regardent les étoiles.

Lors d’un bal de la haute société, Stanley et Sophie dansent. Plus tard dans la nuit, alors qu’ils marchent ensemble, Sophie lui demande s’il a ressenti quelque chose pour elle « en tant que femme ». Stanley, surpris, avoue qu’il n’a jamais pensé à elle de cette manière. Sophie part, contrariée. Le lendemain, Stanley organise une conférence de presse pour annoncer au monde que lui, qui a passé sa vie à démasquer les faux médiums, a enfin trouvé une véritable voyante. La conférence est interrompue par une nouvelle : sa tante Vanessa a eu un accident de voiture.

Stanley se précipite à l’hôpital et envisage de prier pour qu’un miracle sauve sa tante. Il commence à prier, mais n’arrive pas à continuer : sa rationalité reprend le dessus. Il rejette la prière, le surnaturel, et par extension, Sophie et ses prétendus pouvoirs. Il décide à nouveau de prouver qu’elle est une imposture.

En utilisant un tour déjà vu dans son numéro de scène, Stanley fait semblant de quitter la pièce, mais reste pour écouter une conversation entre Sophie et Howard, révélant leur collusion dans une vaste mise en scène. Il découvre que Sophie connaissait tant de choses sur lui et sa tante parce qu’elle et Howard ont conspiré pour le tromper. Sophie est bel et bien une charlatane, et Howard était au courant. Plutôt que de la dénoncer, il l’a recrutée pour piéger Stanley.

Stanley est d’abord furieux contre Howard et Sophie, mais finit par leur pardonner. Lors d’une conversation avec sa tante Vanessa, qui s’est remise de son accident, Stanley admet qu’il est amoureux de Sophie. Il la retrouve et lui demande de l’épouser à la place de Brice. Sophie est surprise et rejette sa proposition hautaine et maladroite. De retour, abattu, chez sa tante, Stanley avoue être tombé amoureux de Sophie dès le premier regard. Alors que sa tante s'éloigne, il ferme les yeux et, commr dans un rêve, demande à Sophie de l'épouser. Il est alors surpris d'entendre un coup frapper comme lors d'une séance de spiritisme. Il lui fait sa demande à nouveau, elle accepte avec un nouveau coup frappé, il se retourne alors et la voit derrière lui dans l'embrasure de la porte. Ils s’embrassent.

Un Woody Allen à l'apprence classique : une période loin du présent, 1928 ; du jazz de l'époque en quasi-permanence; un cynique aux dialogues étincelants interprété par le beau Collin Firth, à peine vieilli depuis Orgueil et préjugés, et l'excellente Emma Stone.

Le film est constamment nimbé de gentillesse pour une comédie sophistiquée qui porte, par la splendeur des couleurs et des éclairages, les plaisanteries piquantes des amants, le romantisme de la nuit sous l'observatoire et le rôle de la vieille tante, proche de celui de la grand-mère dans Elle et Lui de nombreux échos de ce chef-d'eouvre.

Les trois tours du début à Berlin : disparition de l'éléphant, femme coupée en deux et sortie d'une boite pour réapparition dans le fauteuil sont subtilement rappelés par le foulard de la vieille tante coupé en morceaux et jamais reconstitué par Burkan, l'éclairage de l'éléphant et celui de Sophie et par la façon de débusquer les deux coupables : Sophie et Burkan.

Jeux constants entre citations pompeuses de Nietzche émises par Stanley Crawford et la philosophie socratique mais tout aussi spirituelle de la tante, accoucheuse de vérité. "Je dis que l'univers n'est peut-être pas tourné vers un but mais qu'il ne peut être totalement dénué de magie. - j'ai un penchant irrationnel pour Sophie Baker. C'est comme assister à un trucage qui m'échapperait". "Quand le cœur gouverne l'esprit, c'est le désastre assuré rétorque Sophie après la proposition d'Howard auquel elle fait miroiter les voyages à Bora Bora de Brice et auquel il répond, dépité, par "Ce n'est que des morceaux de cailloux dans l'eau. Ce qui compte c'est qui vous accompagne".

Jean-Luc Lacuve le 09/11/2014

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