(1873-1961)
95 films
   
   
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Réalisateur français, de son vrai nom Maurice Thomas, né le 2 février 1873 à Paris, où son père est artisan-bijoutier. Il est mort à Paris le 4 août 1961. Après des études au lycée Condorcet, il aborde une carrière artistique en illustrant des ouvrages de luxe puis devient le collaborateur de Rodin et du peintre Puvis de Chavannes. En 1900, il abandonne la décoration théâtrale pour la comédie et débute aux "Bouffes du Nord" dans la "Tour de Nesle". Réjane l'engage en 1901 comme acteur et régisseur. 1903 est l'année de sa rencontre avec Antoine (ils se brouilleront en 1909) et 1904 celle de son mariage avec Fernande Van Doren, comédienne dans la troupe, qui lui donne un enfant, Jacques, lequel fera à son tour une notoire carrière de réalisateur en France et aux Etats-Unis. En 1912, le jeune Maurice suit ses compagnons de scène Emile Chautard, Léonce Perret et Henry Roussell vers un monde nouveau et attrayant : celui du cinématographe.

La firme "Éclair" lui confie la réalisation de sérials et de mélodrames avant de l'envoyer aux États-Unis où elle a une succursale avec mission d'y diriger en moyenne un film par mois. Classé en 1918, par le magazine américain "Photoplay", quatrième plus grand metteur en scène mondial (après Griffith, Ince et De Mille) Tourneur quitte les États-Unis en 1926. Deux graves événements sont à l'origine de ce départ : une brouille avec les dirigeants de la Metro Goldwyn pour lesquels il venait d'entreprendre le tournage de L'île mystérieuse, film qui sera repris et achevé par Lucien Hubbard et la séparation d'avec sa femme. Il laisse le souvenir d'un metteur en scène avant tout soucieux d'esthétisme.

Pour Maurice Tourneur, le cinéma est un art consistant à "créer des effets qui suscitent des réactions émotionnelles ou intellectuelles" comme il le déclarait en 1918 dans un article du "Motion Picture Magazine". Mais ce retour en France est placé sous le signe de la désillusion. En plus de ses amis qui lui font grief de sa non participation active à la guerre 14-18 (Tourneur était objecteur de conscience), il est victime d'une virulente campagne de presse qui l'oblige à interrompre momentanément le tournage de L'équipage d'après Kessel.

Il se rend en Allemagne où il réalise Le navire des hommes perdus, un drame naval dans lequel Marlène Dietrich trouve l'un de ses premiers grands rôles. L'équipage qu'il achève ensuite est son dernier grand film muet.

Avec l'avènement du parlant naît un autre Tourneur, le moraliste qui puise dans ses souvenirs de jeunesse, liés à la fréquentation des milieux anarchistes, la majeure partie de son inspiration critique à l'égard d'une société où domine le cynisme et l'appât du gain. Accusée, levez-vous est un drame judiciaire interprété par Gaby Morlay et Charles Vanel, deux comédiens fort appréciés du public de l'époque et qui seront à nouveau partenaires dans Maison de danses, que Tourneur tourne en 1931, retrouvant à l'occasion son goût d'antan pour l'esthétisme. Partir est un mélodrame sur le thème du rachat et Au nom de la loi un film policier, elliptique et d'une sobriété documentaire traitant en filigrane du problème de la drogue.

Après le remake des Gaîtés de l'escadron, déjà réalisé par lui en 1913, Tourneur signe Les deux orphelines, considéré comme la meilleure version cinématographique de ce classique du mélodrame. Justin de Marseille lui permet de mettre son art du récit sans fioriture au profit d'une étude du "milieu" marseillais. Samson (où l'on retrouve Gaby Morlay) est le portrait sans concession d'un spéculateur et Avec le sourire celui, plus gai et musical, d'un arriviste. Volpone et La main du diable sont aujourd'hui des " classiques " et L'impasse des deux anges (où Simone Signoret fait une composition remarquée) peut être considéré comme le testament d'un auteur désenchanté qui, amputé d'une jambe à la suite d'un grave accident d'automobile survenu en 1949, finit ses jours, auprès de Louise Lagrange, sa deuxième épouse, et comme traducteur de romans policiers américains. Il meurt le 4 août 1961.

 

Filmographie :

1912 : Jean la Poudre, Figures de cire.
1913 : Soeurette, les ruses de l'amour, Mademoiselle 100 millions, Les gaîtés de l'escadron, Le dernier pardon, La dame de Monsoreau, La Camée, La bergère d'Ivry, Le système du docteur Goudron et du professeur Plume.
1914 : Rouletabille, Monsieur Lecoq, La dernière incarnation de Larsan, Le Friquet, Le puits mitoyen, Le Corso rouge.
1914 USA : Maman (Mother), La treizième heure (Man of the hour), Fille de pirate (The wishing ring : An Idyll of Old England), Le spéculateur (The pit).
1915 : The Cub (ou Jimmy Valentine), Le code secret (The Ivory snuff box), Trilby, Insouciance (A Butterfly on the Wheel).
1916 : La folle chimère (Pawn of Fate), The Hand of Peril, The Closed Road, The Rail Rider, L'Amérique champion du droit (The Velvet Paw).
1917 : Fille d'Ecosse (The Pride of the Clan), A Girl's Folly, Pauvre petite riche (The Poor Little Rich Girl), La casaque verte (The whip), La flamme éternelle (The Undying Flame), Law of the Land, La délaissée (Barbary Sheep), L'éxilée (Exile), Les étapes du bonheur (The Rise of Jenny Cushing).
1918 : Les yeux morts (Rose of the World), L'oiseau bleu (The Blue Bird), Prunella, La maison de poupée (A Doll's House), Sporting Life, Woman.
1919 : La bruyère blanche (The White Heather), La ligne de vie (The Life Line), Le papillon brisé (The Broken Butterfly), Une victoire (Victory).
1920 : My Lady's Garter, L'île au trésor (Treasure Island), The White Circle, Le lâche (The Great Redeemer), The County Fair, Deep Waters, Le dernier des Mohicans (The Last of the Mohicans).
1921 : La fange (The Bait), The Foolish Matrons.
1922 : Lorna Doone.
1923 : The Brass Bottle, Calvaire d'apôtre (The Christian), Dans la ville endormie (While Paris Sleeps), L'île des navires perdus (The Isle of Lost Ships) , Les deux gosses (Jealous Husbands).
1924 : Torment, le phalène blanc (The White Moth).
1925 : La frontière humaine (Never the Twain Shall Meet), Sporting Life, Clothes Make the Pirate.
1926 : Le cavalier des sables (Old Loves and New), Aloma of the South Seas.The Mysterious Island (repris et achevé par Lucien Hubbard en 1929).
1928 : L'équipage.
1929 : Le navire des hommes perdus (Das schiff der verlorenen Menschen).

1930 Accusée, levez-vous!
 

Avec : Gaby Morlay (Gaby Delange), André Roanne (André Darbois), Suzanne Delvé (Yvonne Delys), Jean Dax (Larivière, le régisseur du music-hall), Camille Bert (L'avocat). 1h50.

Une vedette de music-hall est accusée du meurtre de la directrice de la salle. Un coup de théâtre prouve que seul le vol est le mobile du crime et le concierge le coupable.

   
1931 Maison de danses
 

Avec : Gaby Morlay (Estrella), Charles Vanel (Ramon), Madame Ahnar (La Tomasa), Edmond Van Daële (Benito), José Noguéro (Luisito). 1h25.

Cadix. Dans les rues écrasées de soleil, Estrella, une petite marchande de poissons vêtue comme une pauvresse, vante aux passants sa marchandise. Elle est remarquée par Ramón, riche tenancier d’une maison de danses qu’il dirige avec sa mère, ancienne danseuse elle-même, La Tomasa. Sur leur scène se produisent les plus grandes vedettes d’Andalousie. “Elle est bien maigre cette enfant, pense Ramón en contemplant Estrella, mais quels jolis yeux !” Malgré l’opposition de son ombrageuse mère, il l’engage comme danseuse, alors qu’elle n’a aucune connaissance du métier. Il lui fait donner des leçons et tombe bientôt amoureux d’elle.
Quelques semaines plus tard, Estrella, métamorphosée, fait ses débuts, à la grande joie de son petit ami, un pêcheur nommé Luisito. Le frère de ce dernier, Benito, lui aussi épris en secret de la jeune fille, est plus réservé. Une scène violente l’oppose à Ramón, alors que celui-ci, jaloux comme un tigre, est en train de rudoyer sa protégée, qu’il croit volage. Benito se tourne même contre son frère, qu’il a surpris une nuit dans les bras d’Estrella.
Le drame se corse avec l’arrivée de Ramón qui, fusil en main, a décidé de tuer Estrella car elle l’abandonne. Benito veut bien sacrifier son amour à celui de son frère, mais ne peut supporter cette intrusion musclée d’un bellâtre. Il poignarde le directeur de la maison de danses, sous les yeux de La Tomasa, tandis que Luisito et Estrella s’éloignent dans la nuit andalouse…

   
1931 Partir
 

Avec : Jean Marchat (Jacques Largy), Simone Cerdan (Florence Bernard), Ginette d'Yd (Odette Nicolai). 1h40.

Jacques Largy a commis un crime : son tuteur ayant dilapidé sa fortune, il a frappé ce dernier, qui s’est fracassé le crâne. Pour ne pas être découvert, il a décidé de fuir la France pour l’Indochine, à bord d’un navire des Messageries maritimes, qui fait ancre à Marseille en attendant de convoyer une troupe de comédiens. Il rencontre sur le Vieux Port l’étoile de la troupe, Florence, une amie. Le hasard fait que le ténor engagé par le directeur de la tournée vient de mourir subitement. Jacques, qui a fait des études de chant, va pouvoir le remplacer. Il embarque sous une fausse identité.
La traversée va être émaillée d’incidents divers. Lors de l’escale à Port-Saïd, Jacques sauve d’une rixe entre matelots une passagère qui s’était imprudemment aventurée sur le port, Odette Nicolai. Une fête de charité organisée à bord va mettre en lumière l’attirance partagée d’un riche passager, Daniel Garrot, agent de change à Saïgon, envers Florence, ce qui ne manque pas de provoquer la jalousie de Jacques, qui espérait refaire sa vie à la colonie avec la cantatrice.
Sur ces entrefaites, un télégramme apprend au fuyard que la police le recherche. Le commissaire de bord, qui l’a pris en sympathie, est prêt à lui faciliter les formalités de débarquement à la prochaine escale, Colombo, en le faisant passer pour le ténor décédé. Mais Garrot, prévenu, ne l’entend pas de cette oreille. Il le dénonce à la police des douanes. Se voyant perdu, Jacques se jette par-dessus bord. Une chaloupe est dépêchée à son secours, mais il est trop tard. Le docteur du bord ne peut que constater le décès. Et tandis que Florence se laisse entraîner par Garrot, une passagère, qui se tenait à l’écart, pleure à chaudes larmes le défunt : c’est Odette, la femme qu’il avait sauvée à Port-Saïd des brimades de matelots…

   
1932 Au nom de la loi

Avec : Marcelle Chantal (Sandra), Régine Dancourt (Mireille), Gabriel Gabrio (Amédée), Charles Vanel (Lancelot), Jean Marchat (Marcel). 1h17.

Pour sa première affaire, le jeune inspecteur Clamart est sur une piste de trafiquants de drogue. Cela va lui coûter la vie : son corps est repêché dans la Seine. Peu auparavant, un agent a repéré un taxi abandonné, avec sur le siège arrière un gant de femme taché de sang. Y a-t-il un rapport avec la mort du policier ? L’inspecteur Lancelot et son assistant Ludovic mènent l’enquête. Une fille de dancing, Mireille, embarquée au cours d’une rafle, leur révèle l’existence d’une bande spécialisée dans le trafic de cocaïne, dont fait partie une certaine Sandra, polonaise fortunée. Celle-ci est arrêtée dans un grand restaurant de la place Blanche, où elle dînait en compagnie d’un diplomate sud-américain, Gonzalès. On la relâche, faute de preuves. Mais les policiers ne la perdent pas de vue : ils la suivent dans le PLM où elle a pris place, avant de perdre sa trace en gare d’Avignon. Au cours du trajet, Sandra lie connaissance avec un séduisant compagnon de voyage, Marcel. Un flirt s’ébauche, qui les conduit à un bateau ancré sur le port de Marseille et qui abrite une fumerie d’opium. Des mots d’amour sont échangés…

Pendant ce temps, à Paris, la police met la main sur un chauffeur de taxi, Amédée, qui après un interrogatoire musclé reconnaît avoir chargé une cliente le soir de l’assassinat de Clamart. Le patron de la PJ, Chevalier, prend l’affaire en main. À Marseille, il retrouve Marcel, qui est lui-même un policier. Au cours de son idylle avec la belle Sandra, il a acquis la conviction qu’elle était de mèche avec le chef de la bande de trafiquants, Bullack, un aventurier autrichien. Ce dernier est reparti pour Paris avec sa complice. La police le traque dans son repaire. Un siège en règle permet de le neutraliser. Alors qu’il tente de s’enfuir par les toits, il fait une chute mortelle. Sandra est démasquée : le gant trouvé dans le taxi lui appartient, elle a été témoin du meurtre de Clamart. On l’arrête.

Dans la voiture qui l’emmène au dépôt, elle se tire une balle dans le cœur. Sa dernière pensée est pour Marcel qui, lui affirme Lancelot, ne l’a pas trahie.

   
1932 Les gaietés de l'escadron

Avec : Raimu (Hurluret), Jean Gabin (Fricot), Fernandel (Venderague), Paul Azaïs (Croquebol). 1h15.

A la caserne du 51e Chasseurs, la vie suit un cours tout militaire. Croquebol et La Guillaumette réalisent leur rêve, faire le mur. Hurluret redoute la tournée d'inspection du général et il espère au moins que, ce jour-là, les deux déserteurs seront rentrés...

   
1933 Lidoire

 

avec : Fernandel (Lidoire), Paulette Duval (La Dame), Germaine Michel (Son Assistante), Rivers Cadet (Biscotte), Marcel Magnat 0h20.

Le cavalier Lidoire est la victime paisible et résignée de son Adjudant...

   
1933 L'homme mystérieux

 

Avec : Charles Vanel (Pierre), Paul Amiot (Le docteur), Georges Paulais (Le directeur), Henry Bonvallet (Le procureur). 0h20.
   
1933 Les deux orphelines

Avec : Georges Benoît , Camille Bert (le médecin), Clairjane , Rosine Deréan (Louise), Pierre Ferval. 1h27.

Deux orphelines normandes, Henriette et Louise, se rendent en diligence à Paris, où la cadette, Louise, doit subir une opération destinée à lui rendre la vue. En chemin, les jeunes filles font la connaissance du libertin marquis de Presles, qui offre d’abord sa protection à Henriette avant de la faire enlever pour l’offrir en cadeau à ses invités lors d’une fête orgiaque. Afin de sauver la jeune fille du déshonneur, le chevalier Roger de Vaudrey provoque le marquis en duel et met Henriette à l’abri. Quant à Louise, restée seule et sans défense, elle tombe sous la coupe d’une mégère cupide, la Frochard, et de son fils Jacques, qui l’obligent à mendier dans la rue en lui faisant croire qu’ils recherchent activement sa sœur. Le triste sort de Louise est un peu adouci par la présence de Pierre, le fils cadet de la Frochard, jeune infirme secrètement amoureux d’elle.
La comtesse de Lignières – mère de Louise et tante du chevalier – a perdu la trace de sa fille illégitime, qu’elle a dû abandonner dix-huit ans plus tôt. Elle découvre que son enfant est toujours en vie en rendant visite à Henriette, désormais installée comme modiste grâce au chevalier, qui s’est épris d’elle. Pour éviter une mésalliance, le comte fait jeter en prison Henriette, qui échappe de peu à une déportation en Guyane. Libérée grâce à un stratagème de la mère supérieure, elle reprend ses recherches. Un médecin qui a examiné les yeux de Louise lui indique qu’elle vit chez la Frochard, rue de Lourcines. Mais la matrone rechigne à voir ainsi s’envoler sa principale source de revenus. Il faudra que Pierre poignarde son frère Jacques pour que Louise recouvre enfin la liberté.
Peu après, lors d’une soirée donnée chez la comtesse, le médecin arrive, accompagné d’Henriette et de Louise. La comtesse est émue de retrouver sa fille après tant d’années de séparation, et le comte comprend le lien qui les unit. D’abord réticent, il consent à gracier Henriette et accepte que les deux jeunes filles vivent désormais sous son toit. Le médecin promet à Louise une opération qui lui permettra de recouvrer bientôt la vue.

   
1934 Le voleur
  Avec : Paul Amiot (Mr. Zambault), Jean-Pierre Aumont (Fernand Lagardes), Victor Francen (Richard Voisin), Yolande Laffon (Isabelle Lagardes). 1h00.
   
1935 Koenigsmark

Avec : Pierre Fresnay (Raoul Vignerte), Elissa Landi (Princesse Aurore), Antonin Artaud (Cyrus Back). 1h55.

1912. Raoul Vignerte, un professeur de français, est engagé comme précepteur à la cour d'une petite principauté de l'Europe Centrale. Il y découvre un mystère historique: le mari de la Princesse Aurore a été assassiné par son frère, le Grand Duc Régent. Vignerte fait part à la Princesse de sa découverte, l'amour naît entre eux...

   
1935 Justin de Marseille

Avec : Antonin Berval (Justin), André Bervil , Ghislaine Bru (Totone), Pierre Larquey (Le Bègue), Milly Mathis (Mme. Trompette). 1h38.

À Marseille, le bar de la Pinède est le rendez-vous d’honnêtes citoyens mais aussi d’individus douteux : des souteneurs, des filles, des truands en cavale et des «métèques» venus d’Italie ou d’Afrique du Nord. Un journaliste de «L’Écho parisien» enquête sur cette faune pittoresque et parfois inquiétante, dont les louches activités ont contribué à faire de «la seconde ville de France une digne émule de Chicago». Deux chefs de bande règnent sur ce milieu : Justin, un enfant du pays, respecté de ses compatriotes, et Esposito, un Napolitain sans scrupules.

   
1936 Samson

Avec : Harry Baur (Jacques Brachart), Gaby Morlay (Anne-Marie d'Andeline), André Luguet (Jerome Le Govain). 1h30.

Rien ne semble devoir arrêter l’ascension de Jacques Brachart, homme d’affaires peu scrupuleux et propriétaire des Cuivres Africains, une valeur en or. Qu’un journaliste s’empresse de répandre une rumeur sur un passé couvert de zones d’ombre et Brachart rachète le journal. Mais l’argent ne suffit pas. Brachart souhaite également une certaine reconnaissance de la Haute Société. Au cours d’une vente de charité organisée par Jérôme Le Govain, ami dandy dont il a aidé la réussite, Brachart fait la connaissance de la jeune et belle Anne-Marie d’Andeline....

   
1936 Avec le sourire

Avec : Maurice Chevalier (Victor Larnois), Marie Glory (Gisèle), André Lefaur (Monsieur Villary), Milly Mathis (La caissière), Marcel Vallée (Pascaud), Marcel Simon (Le directeur des Beaux-Arts). 1h38.

Victor Larnois arrive à Paris, le sourire aux lèvres et les poches vides. Dans un restaurant, il rencontre Gisèle, girl au Théâtre du Palace. Au moment de l’addition, Victor vole un chien, le ramène à son maître et offre le repas avec l’argent de la récompense. Pour gagner quelques pièces, Victor s’improvise ouvreur de portières devant la façade du Palace. Éconduit brutalement par le chasseur, Victor se venge en lui révélant son infortune conjugale. Le chasseur s’absente, surprend sa femme infidèle et s’enivre. Le codirecteur du Palace, M. Villary, congédie le chasseur et offre la place à Victor. Grâce aux mensonges, à la délation et à l’hypocrisie de son éternel sourire, Victor devient vendeur de programmes, puis secrétaire, ce qui l’oblige à prendre des cours d’écriture. En inventant un scandale mondain, Victor propulse Gisèle au sommet de l’actualité, l’impose comme vedette de la revue et l’épouse. Aussitôt, Gisèle tend un piège à Villary, qu’elle compromet aux yeux de sa femme. C’est ainsi que Victor prend seul la direction du Palace. Par le chantage, il obtient le poste très envié de directeur de l’Opéra. Pendant ce temps, la vertu d’intégrité conduit Villary à la ruine, au divorce puis en prison. Pour survivre, l’ancien directeur du Palace ouvre les portières. Le hasard le met en présence de Victor et de Gisèle. Après avoir appris à sourire, Villary est embauché comme secrétaire. Il renonce à ses principes de moralité et entreprend une nouvelle et joyeuse carrière.

   
1938 Le patriote

Régnant en despote à Saint-Petersbourg, le tsar Paul 1er, par ses caprices infantiles et ses colères brutales – « Il punit sans faute et récompense sans mérites » –, s’est attiré la haine de ses subordonnés. Pourtant, bien que trop versatile, ce n’est pas un méchant homme, et le grand chancelier Pahlen, qui demeure son ami sincère, pense que l’empereur, capable de déclarer la guerre à la Prusse sur un simple coup de tête, devrait être contraint d’abdiquer pour le bien de la Russie.
Le jeune tsarévitch Alexandre tombe amoureux de la comtesse Nadia, la nouvelle lectrice de la tsarine. Le tsar, lui, garde auprès de lui sa maîtresse en titre, la princesse Lapoutchine. Pahlen réunit un groupe de patriotes pour renverser le souverain. Au moment où les conspirateurs vont mettre leur plan à exécution, le comte Panine, chef de la police, surgit avec des hommes en armes. Pour sauver sa cause, le gouverneur Pahlen dénonce et fait arrêter ses complices, parvenant ainsi à conserver la confiance du tsar. Puis Pahlen réussit à discréditer Panine, qui est contraint de démissionner. Décidé à renoncer au trône pour Nadia, le tsarévitch tente de l’épouser en secret, mais Pahlen interrompt la cérémonie, et oblige le jeune prince à rentrer au palais sans que la comtesse soit inquiétée. Il le supplie de se rallier à la conspiration et de succéder à son père, jurant sur sa tête que le tsar ne sera pas exécuté.
Au cours du bal du 23 mars 1801, les conjurés se ruent dans les appartements du tsar et le somment d’abdiquer. Devant son refus catégorique, il est abattu par l’un d’eux. Pahlen n’a d’autre issue que de se suicider. À l’accusation d’assassin que le tsarévitch prononce devant le cadavre de Pahlen, Panine, de retour dans le palais, réplique : « Non, sire, c’était un patriote. »
   
1938 Katia

Avec : Danielle Darrieux (Katia Dolgorousky), John Loder (Le Tsar Alexandre II), Marie-Hélène Dasté (La Tsarine), Aimé Clariond (Le Comte Schowaloff). 1h29.

En 1857, le tsar Alexandre II fait la connaissance de Catherine, dite Katia, la fille de Dolgorouky qui l’accueille dans son château familial de Tiplovka. Deux ans plus tard, il la retrouve pensionnaire de l’Institut Impérial de Smolny, et la convie à une promenade en traîneau. Quelques années après, devenue une ravissante jeune femme, Katia est invitée à venir vivre à la cour. Le tsar ne tarde pas à en faire sa maîtresse et, sous son influence, il abolit le servage en Russie, provoquant une vive inquiétude au sein de la noblesse. Par peur du scandale, Katia s’exile à Paris en compagnie de sa gouvernante, mademoiselle Trépeau, une institutrice nourrie d’idées révolutionnaires.
Venu à Paris comme hôte de l’empereur Napoléon III pour l’Exposition Universelle de 1867, Alexandre II s’éclipse de ses appartements et va retrouver celle qu’il n’a jamais cessé d’aimer. Revenue en Russie, Katia devient la favorite du tsar, dont la vie est menacée par de nombreux terroristes. Pour la rencontrer, il n’hésite pas à affronter le danger en sortant du palais sans protection. Sur l’ordre de la tsarine elle-même, très malade et qui craint pour la vie de son époux, Katia est nommée demoiselle d’honneur et s’installe au palais.
Après la mort de la tsarine, Alexandre épouse Katia, bien décidé à la faire sacrer impératrice. Toujours éprise de doctrines démocratiques, Katia le convainc d’offrir à son peuple une Constitution. Mais, la veille de la cérémonie où celle-ci doit être proclamée, Alexandre II périt dans un attentat. Katia se retire tandis que le nouveau tsar abolit le projet de son père.

   
1941 Volpone

Avec : Harry Baur (Volpone), Louis Jouvet (Mosca), Charles Dullin (Corbaccio), Jean Témerson (Voltore). 1h34.

Volpone est un commerçant levantin établi à Venise qui connaît quelques ennuis parce qu'un de ses navires est annoncé comme disparu. Emprisonné pour dettes, il rencontre en prison Mosea qui lui remonte le moral. Libéré à l'arrivée inespérée de son bateau, Volpone paie les dettes de Mosca, le prend comme confident et homme à tout faire et, pour se venger de ses créanciers qui l'avaient accablé, monte avec la complicité de Mosca une farce macabre : il va se faire passer pour mourant. Il envoie ce dernier répandre le bruit qu'il laissera son héritage à celui des Vénitiens qui lui témoignera la plus vive amitié...

   
1941 Péchés de jeunesse
Après une vie égoïste, Armand Lacalade, la cinquantaine aisée, se retrouve bien seul dans son immense propriété. Son ami, le docteur Pelletan, le convainc de partir à la recherche des quatre enfants naturels qu’il a eus autrefois de quatre liaisons amoureuses différentes…
Au café « Au Rendez-vous des usines », il retrouve d’abord Emma, l’ancienne cuisinière de ses parents. Afin d’expliquer à son fils Edmond l’absence de père, elle en a « inventé » un : le soldat Vacheron, mort au front en 14. Devant le refus d’Emma de lui dévoiler la vérité, Lacalade s’en va sans un mot.
À l’Opéra de Paris, Lacalade tente vainement d’approcher son fils Lucien Noblet, créateur d’un ballet avec sa fiancée la danseuse Gabrielle. Il rencontre tour à tour chaque membre du « clan » : Gaston, le père adoptif de Lucien, Louise, sa mère, son oncle Fernand et ses tantes, une famille modeste qui s’est saignée aux quatre veines pour offrir des études musicales au jeune prodige de la musique. Après le triomphe de la première, Lucien confie à un journaliste tout ce qu’il doit à son père adoptif. Lacalade s’efface pudiquement.
Au Luna Park, Miss Florence présente un numéro de trapèze, tandis que son fils Frédéric, douze ans, fait la quête dans la salle, afin de financer son rêve de partir en Amérique. Persuadé que Frédéric est son fils, Lacalade l’invite à séjourner dans sa propriété. Mais une entrevue avec Florence lui révèle sa méprise : le véritable père de Frédéric est un certain Albert, dit « Peau d’anguille », qui croupit en prison.
À l’orphelinat Donadieu-Champos, Lacalade retrouve Madeleine Dumesnil, une jeune fille de bonne famille qu’il a jadis séduite, puis abandonnée. Chassée de chez elle à la naissance de son fils, elle a trouvé refuge dans cet orphelinat où elle prodigue son affection à une trentaine d’enfants, parmi lesquels se cache son propre fils. Lacalade les invite tous chez lui, pour tenter de découvrir lequel est son enfant. À la fin du séjour, émue par son attitude, Madeleine lui dévoile que leur fils est le petit Maurice. Afin de ne plus jamais être séparé de lui, Lacalade décide d’installer tous les enfants à demeure dans sa propriété.
   
1942 Mam'zelle Bonaparte
Une demi-mondaine, maitresse de Jérôme Bonaparte, tombe amoureuse d'un jeune aristocrate légitimiste. Mais une courtisane jalouse révèle a son amoureux la véritable identité de sa maitresse.
   
1943 La main du diable

Avec : Pierre Fresnay (Roland Brissot), Josseline Gaël (Irène), Noël Roquevert (Mélisse), Guillaume de Sax (Gibelin)

Un homme, qui semble traqué, arrive un soir dans une auberge isolée de montagne. Pour tout bagage, il porte un coffret qu'il serre précieusement sous son bras. Sa main gauche est gantée. Il raconte alors, devant les pensionnaires rassemblés, son extraordinaire aventure...

   
1943 Le val d'enfer

Avec : Ginette Leclerc (Marthe), Gabriel Gabrio (Noël Bienvenu), Edouard Delmont (Le père Bienvenu), Lucien Gallas (Barthélémy), Gabrielle Fontan (La mère Bienvenu) 1h28.

Une carrière sous le soleil, écrasée de chaleur : c'est le Val d'Enfer. Des dizaines d'ouvriers y travaillent la roche sous la direction, ferme mais amicale, de Noël Bienvenu. Celui-ci, la cinquantaine, veuf, vit avec ses parents qui l'adorent et rêvent de le voir reprendre femme. Mais Noël se tue au travail, pour tromper sa solitude et oublier que son fils Bastien, un voyou, est en prison.

Sur son lit de mort, Romieux a prié Noël, son vieux camarade, de s'occuper de sa fille Marthe qui, à Paris, fait commerce de ses charmes. Bon coeur, Bienvenu propose à la jeune femme, que son "protecteur " a abandonnée, de venir habiter chez lui. Touchée, Marthe accepte. Choyée par les parents de Noël, elle semble s'accommoder de cette vie nouvelle et consent à épouser son bienfaiteur amoureux d'elle. Mais, le jour des noces, la toute neuve Madame Bienvenu réalise que le monde de son mari, celui des ouvriers -les Poiroux, Cagnard et autres Rodrigo, chaleureux certes mais frustes et vulgaires - n'est pas le sien. Et son regard a croisé celui de Barthélemy, le beau marinier qui charrie sur sa péniche les pierres du Val d'Enfer.

Marthe devient la maîtresse de Barthélemy. Elle s'attire l'hostilité des parents de Noël, qu'elle contraint à quitter leur maison pour l'hospice. Son mari cède à tous ses caprices. Mais le "sauvage ", un ouvrier taciturne et solitaire, a surpris les rendez-vous galants de Marthe et du marinier. Un jour, il fait en sorte que l'infidèle, dans la carrière, prenne un chemin qu'il sait miné. Et c'est l'accident fatal... Veuf à nouveau, Noël retrouve ses parents. Et lorsque Bastien, repentant frappe à sa porte, le brave homme lui ouvre ses bras.

   
1944 Cécile est morte !

Avec : Albert Préjean (Le commissaire Maigret), Santa Relli (Cécile), Germaine Kerjean (Madame Boynet), Liliane Maigné (Nouchi). 1h30.

Au Quai des Orfèvres, tout le monde sourit en voyant arriver Cécile Pardon. Depuis six mois, en effet, cette jeune fille gauche et terne demande à s’entretenir avec le commissaire Maigret. Agacé par les railleries de ses collègues, Maigret accorde peu d’intérêt aux propos de Cécile, qui est persuadée que quelqu’un s’introduit la nuit dans l’appartement qu’elle occupe avec Mme Boynet, sa tante, et demande la protection de la police....

   
1948 Après l'amour

Avec : Pierre Blanchar (François Mesaule), Simone Renant (Nicole Mesaule), Gisèle Pascal (Germaine), Fernand Fabre (Fournier), Gabrielle Fontan (Catou). 1h35.

Le jour où le tout-Paris fête l'écrivain François Mesaule, qui a reçu le Prix Nobel de littérature, son épouse Nicole apprend que son mari mène une double vie dans une villa de Ville-d'Avray sous le nom de M. Richard. Le lendemain, François lui explique que tout a débuté neuf ans plus tôt. Alors qu'il faisait une conférence à la Sorbonne, il a appris que Nicole avait un amant, le journaliste Robert Fournier, qui l'emmenait souvent en week-end à la mer. Le même jour, il a rencontré Germaine, une jeune licenciée en lettres, qui lui a avoué être amoureuse de lui. Leur liaison a commencé à cette date.
Quelques mois plus tard, alors que Nicole devait s'absenter pour un court voyage en Suisse, François avait découvert qu'elle projetait de quitter la France pour les États-Unis en compagnie de Fournier. Ce jour-là, il avait loué à Ville-d'Avray une villa pour y abriter son amour avec Germaine. Mais Nicole était rentrée le soir même sans explication. Et son mari avait compris que son amant l'avait abandonnée lorsqu'elle lui avait révélé être enceinte de lui. De son côté, Germaine attendait elle aussi un enfant. Mais elle était morte en donnant naissance à François, que Henri a gardé auprès de lui tandis qu'il a confié le petit Philippe, fils de Nicole et de son amant, à Cattou, la vieille bonne de Ville d'Avray. En interrogeant celle-ci, Nicole comprendra que François avait échangé les enfants à son insu. Nicole et François finiront par se réconcilier et élèveront désormais les deux garçons ensemble.

   
1948 Impasse des deux anges

Avec : Simone Signoret (Marianne), Paul Meurisse (Jean), Jacques Castelot (le Vicomte), Marcel Herrand (Antoine de Fontaines), Marcelle Praince (la Duchesse) 1h24.

Alors que Marianne, une ancienne actrice, donne une réception à la veille de son mariage avec un riche Marquis, des cambrioleurs se préparent à faire un casse. Elle les surprend mais Marianne reconnaît en l'un d'eux un ancien amant qu'elle a beaucoup aimé et décide sur un coup de tête de le suivre...

   
   
   
   
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