Intouchables

Olivier Nakache et Eric Toledano
2011

Avec : François Cluzet (Philippe), Omar Sy (Driss), Anne Le Ny (Yvonne), Audrey Fleurot (Magalie), Clotilde Mollet (Marcelle), Alba Gaïa Bellugi (Elisa). 1h51.

A la suite d'un accident de parapente, Philippe, riche aristocrate, engage comme aide à domicile Driss, un jeune de banlieue tout juste sorti de prison que sa désinvolture au sujet des codes sociaux à irrité.

Driss, séduit par Magalie, la rousse assistante de Philippe et mis au défi de se tenir à des horaires accepte les consignes que lui transmet Yvonne, accepte les taches les plus ingrates de l'aide à la personnes (nettoyages intimes et enfilage de bas de contention) en contrepartie de la liberté que lui laisse, pour son plus grand plaisir, Philippe, joyeux de retrouver sa voiture de course et le gout de la vitesse fut-elle limité à 12 kilomètres/heure sur son fauteuil motorisé.

Ensemble Driss et Philippe vont faire cohabiter Vivaldi et Earth Wind and Fire mais aussi se retrouver sur le plaisir de la parole, des beaux costumes et du désir des femmes...

3e plus gros succès en salle en France depuis 1945, Intouchables s'appuie sur un ressort classique de la comédie : tirer parti des différences de culture, de physique ou d'énergie de ses deux protagonistes principaux. Intouchables se permet cependant d'être politiquement incorrecte, se moquant des handicapés, des noirs, des tendances homosexuelles (bien que l'homosexualité de Magalie soit une sorte de réponse équilibrée aux vannes tendancieuses du début) et des nazis dans une sorte d'ilot de bonne humeur ou rien ne semble ne devoir être pris au sérieux... et pourtant.

La richesse n'est pas enviable

Puisque rien ne doit être pris au sérieux, ce sont dès lors les valeurs de la culture haute qui sont moquées, la peinture abstraite (ridicule ou à la portée de tous) ou les costumes symboliques de l'opéra. On ne s'en offusquera pas car ceux qui en sont victimes sont de faux amateurs d'art : Philippe, élève de science-po à la culture superficielle, tenant d'une sorte de "capitalisme aérien" d'où il pouvait "pisser sur les gens", un spectateur visiblement plus préoccupé de sa jeune maitresse que d'opéra ou un ami bien trop influençable et seulement préoccupé d'investissement.

Le monde de Philippe n'est ainsi jamais montré comme séduisant alors que celui de Driss pèse son poids de réalité. La mère travaille tard dans la nuit à laver les carreaux et Driss, saisi en plongé au pied de son immeuble puis inclus dans un ample mouvement d'appareil cadrant les barres de la cité Berlioz, semblait condamné d'avance avant le caprice social de Philippe. Enfin la culture de Driss fait la preuve par sa danse sur Earth Wind and Fire qu'elle est bien plus séduisante que les regards de merlans frits sur la musique classique.

Seul compte le goût de l'aventure

Avec sa rencontre avec Driss, Philippe retrouve le goût de l'aventure qu'il avait perdu. Non seulement celui de la voiture de sport ou du parapente mais aussi celui de l'aventure amoureuse, d'une rencontre risquée qu'il compromet une première fois en se montrant trop beau pour être vrai. Driss lui comprend les codes sociaux qui permettent aux riches de s'en tirer. La discussion avec l'automobiliste mal garé succède à l'attaque violente du début et lui permet sans doute de régler le diffèrent avec les caïds dont est victime son petit cousin, l'habillement correct lui permet d'être embauché autant que sa connaissance toute fraiche de Salvador Dali.

Le message social parfaitement consensuel où chacun s'en tire avec un peu de compréhension ou de "recadrage" de la part des autres est aussi rassembleur qu'anodin.

Jean-Luc Lacuve le 23/12/2011.