Paul Leni naît le 8 juillet 1885 à Stuttgart. Il vient à Berlin à quinze ans et se destine à une carrière artistique. Il acquiert une certaine réputation comme peintre d'avant-garde en appartenant au groupe "Der Sturm". Puis il s'oriente vers la décoration théâtrale et s'intègre à l'équipe du célèbre Max Reinhardt. Devenu décorateur de cinéma, il collabore avec les cinéastes allemands les plus actifs : Joe May, E.A. Dupont, Karl Grüne, Arthur Robison, Richard Oswald.

Tout en exerçant son métier de décorateur de 1914 à 1926, il commence à réaliser des films dès 1916, et signe jusqu'en 1921 la mise en scène de six films totalement perdus. En 1921, L'escalier de service attire l'attention sur lui : le film est une charnière entre le Kammerspiel et l'Expressionnisme. Mais c'est en 1924, avec Le cabinet des figures de cire que Paul Leni devient l'un des grands cinéastes allemands. Son film (à sketches), bâti pour exploiter la notoriété du Cabinet du docteur Caligari obtient un énorme retentissement et demeure l'un des monuments du cinéma expressionniste.

En 1927, Carl Laemmle, le grand patron des studios Universal, qui était lui-même d'origine allemande et qui avait favorisé la venue aux États-unis de bon nombre de ses compatriotes propose à Paul Leni de tourner à Hollywood. Leni réalise en 1927 son premier film américain, La volonté du mort : longs couloirs de château la nuit, vent dans les rideaux, ombres furtives, passages secrets, mains menaçantes surgies des murs... L'insolite, le bizarre, le fantastique de style gothique font une entrée remarquée dans le cinéma américain

Après Le perroquet chinois, une adaptation d'un roman d'Earl Derr Biggers, le créateur du policier chinois Charlie Chan appelé à une gloire retentissante dans les années trente, Leni s'impose, avec L'homme qui rit, adapté de Victor Hugo, comme l'une des valeurs les plus originales et les plus sûres du cinéma contemporain. Son film est servi par un goût prononcé du baroque, un ton profondément morbide, et la création exceptionnelle d'un grand comédien, allemand lui aussi, Conrad Veidt.

Avec Le dernier avertissement, Paul Leni revient à l'exploitation du bizarre et du fantastique: l'histoire raconte une série d'assassinats dans un théâtre, mais le scénario n'a que peu d'intérêt en dehors du prétexte dramatique: ce qui compte, c'est la création d'atmosphère.

L'oeuvre de Paul Leni a contribué à créer, établir et codifier les bases d'une écriture filmique qui donnera naissance, au cours de la décennie suivante, au courant du cinéma fantastique américain. Leni aurait pu lui-même collaborer encore à ce domaine encore en gestation... Mais le destin ne devait pas lui permettre de pousser plus avant ses expériences. Il devait mourir d'une septicémie, à Los Angeles, le 2 septembre 1929, à l'âge de 44 ans.

FILMOGRAPHIE :

1916

Das tagebuch des dr Hart
   
   
1917 Dornroschen
   
   

1917

Platonische ehe
   
   
1919 Prinz Kuckuck
   
   
1920 Patience
   
   

1921

Die verschworung zu genua
   
   
1921 L'escalier de service
  (Hintertreppe)
   
1924 Le cabinet des figures de cire
  (Das Wachfigurenkabinett). Un jeune homme est engagé par le directeur d'une baraque foraine pour rédiger des contes illustrant la vie de trois mannequins exhibés dans son Musée de Cire : Haroun al-Rachid, Ivan le Terrible et Jack l'Éventreur. Amoureux de la fille du patron, le jeune homme va se projeter avec elle dans chacune des aventures qu'il compose...
   

1927

La volonté du mort
  (The Cat and the Canary)
   
1927 Le perroquet chinois
  (The Chinese Parrot).
   
1928 L'homme qui rit
(The Man Who Laughs).

Au XVIIe siècle en Angleterre, un tout,jeune enfant, Gwynplaine, dont le père, ennemi juré du Roi James 11, a été assassiné, est défiguré - on lui a fendu la bouche d'un coup de couteau jusqu'aux oreilles - et vendu à des bohémiens sur ordre du souverain.

Devenu phénomène de foire, le jeune homme est exhibé dans la tente d'Ursus. Il aime Dea qu'il a sauvée du froid, une nuit, dans le blizzard. La jeune fille, aveugle, n'est pas rebutée par son horrible apparence.

   
1929 Le dernier avertissement
  (The Last Warning)
   
   
   
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(1885-1929)
12 films
   
   
2
histoire du cinéma : expressionnisme