Toby Dammit, star du cinéma britannique, vient à Rome pour un projet de film produit par des prêtres: en style western, le mythe de la rédemption. Le producteur et les deux réalisateurs ont des idées bien arrêtées. Ce sera une nouvelle manifestation du Christ, le retour du christ dans la pairie morne et désolée. Ce sera un cinéma de structure pour retrouver une poésie à travers des images dépouillées, éloquentes dans leur pauvreté, syntagmatiques comme dirait mon ami Roland Barthes. Je dirai entre Dreyer et Pasolini avec un soupçon de John Ford. Les deux hors-la-loi, ce seront l'irresponsabilité et la lâcheté ; la fille aux seins généreux, c'est le refuge dans l'irrationnel ; la prairie, c'est la région en marge de l'histoire.

Toby Dammit est d'abord interviewé par la télévision où il répond de manière cynique et grossière. Il est ensuite l'invité d'honneur d'une grande soirée médiatique, Les louves d'or du cinéma italien. Les jeune récipiendaires, belles et stupides ânonnent : "Je suis muette d'émotion, je ne peux vous dire qu'une seule chose : merci". L'attention de Toby, déjà passablement altérée par la drogue et l'alcool, plus que par la bizarre cérémonie romaine où défilent prêtres et journalistes, est surtout attirée par la belle Ferrari qu'on lui fait miroiter pour le séduire et aussi par une étrange fillette blonde qui joue avec une sorte de balle rouge... Il trouvera la mort au volant de sa voiture pour avoir voulu rejoindre la fillette.



 

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Toby Dammit
1968
Troisième et dernier segment des Histoires extraordinaires, coréalisé avec Louis Malle et Roger Vadim. Avec : Terence Stamp (Toby Dammit), Salvo Randone (le prêtre).