La dernière maison sur la gauche

1972

Voir : Photogrammes

(Last House on the Left). Avec : Sandra Cassel (Mari Collingwood), Lucy Grantham (Phyllis Stone), David Hess (Krug Stillo), Fred J. Lincoln (Fred 'Weasel' Podowski), Jeramie Rain (Sadie). 1h21.

Krug et ses compagnons ne jurent que par la violence, le sexe et la drogue. Ils tuent pour le plaisir, par sadisme pur. Mais en torturant à mort la fille d'un dentiste, les quatre psycopathes font une victime de trop. Désormais ce sont eux les proies, traqués par un homme déterminé à se venger. Ils vont apprendrent ce que le mot "peur" signifie...

Wes Craven reprend les prémices de La source de Bergman. Un père et une mère riches qui vivent dans le confort de la bourgeoisie. Leur fille va se promener avec une jeune femme plus aventureuse et elles sont attaquées par des bergers qui rodent dans les bois qui les violent et les tuent. Puis les bergers se réfugient chez les parents à cause de l'orage. La nuit, les parents découvrent les vêtements ensanglantés de leur fille et assassinent les bergers.

Wes Craven a reçu une éducation très stricte qui lui interdit le cinéma avant l'âge adulte. Pour son premier film, ce jeune homme en colère est marqué par la guerre du Viêt Nam et ses images sadiques sans bons ni méchants vues à la télévision aux connotations sexuelles. Il veut faire le contraire des films de westerns spaghetti où la mort est artificielle et qui désensibilisent les gens. Ici les gens pacifiques deviennent violents et on prend en pitié ceux qui étaient violents au départ car ils ont peur et deviennent des victimes.

Tourné en 16 mm pour 90 000 dollars apportés par des exploitants de drive-in, le film possède une esthétique similaire aux documentaires américains sur le Viêt Nam avec une image floue et granuleuse.

Wes Craven et Sean S. Cunningham, son producteur, veulent briser tous les tabous. Non seulement, ils veulent se rapprocher des images du Viêt Nam que l'on ne voit pas dans les salles de cinéma, mais ils envisagent aussi un film porno d'horreur. Les viols devaient être plus crus et Sadie devait couper les seins d'une femme et les manger.

Les anti- héros sont une anti-famille avec père, mère, fils et ami de la famille, tous pervers et assassins. De la faute à Freud dira Sadie : " Dès que je vois le grand canyon, je croise les jambes. Dès qu'on voit un poteau télégraphique, on voit un penis."

Craven écrit le premier scénario en une nuit. Ce sera Night of vengeance. Puis le titre devient Sexe crime of the century et Krug and company. Puis quelqu'un lance le titre final qui plaît au producteur : "dernière" ça fait penser à la mort, "maison" à maisons hantées, "gauche" à sinistra donc méfiance. L'accroche "Ce n'est qu'un film" participera aussi au succès.

Le film est tourné durant une semaine à New York puis quatre dans le Connecticut. Ce sera un énorme succès de scandale. Pourtant la violence n'est jamais montrée comme quelque chose qui permet de devenir un héros. Monstrueuse, elle salit qui s'y adonne. Interdit en Angleterre et en Australie il est encore censuré de certaines scènes en Angleterre "pour ne pas générer de comportements amoraux".

 

Source : entretien avec Wes Craven et Sean S. Cunningham sur le DVD ci-dessous.

Test du DVD

Editeur : Wild Side Video, mai 2008. Edition collector 2DVD. 1h21 Master restauré VO et VF.

Test du DVD

suppléments : Commentaire audio du réalisateur Wes Craven et du producteur Sean S. Cunningham. Krug & company : la version alternative britannique du film (1h20). Le théâtre de la violence : entretien inédit avec le producteur Sean S. Cunningham (21’). Le crime qui a changé le cinéma (40’). Krug fait plier l’Angleterre (24’). Composition pour un meurtre (10’). Tales that will tear your heart out : court-métrage de Wes Craven (11’). Prises alternatives (25’). Galerie photos, filmographie, liens Internet.