Fred et Élodie forment un jeune couple et vivent avec leur fille dans une HLM de Saint-Etienne. Un jour, Élodie, lassée par la générosité irresponsable de Fred, le quitte.

Celui-ci, désespéré poursuit avec une hache le voisin qu'il pense responsable de sa fuite mais finit par être calmé par sa grand-mère qui habite le même immeuble. Effondré, il rend visite à Sandrine, son amie postière. Lorsque la responsable refuse un crédit à un vieillard miséreux, Fred, à bout, commet un hold-up. Sandrine l'aide à fuir. Ils seraient sur le point d'être pris si Fred ne distribuait pas généreusement une grande partie des billets à la foule qui fait écran entre eux et les policiers.

Ils vont ensuite se cacher dans un lycée de la ville. Là ils font la connaissance de Maguette, noir, vêtu d'un pagne traditionnel qui se prétend le fils d'un roi qu'une révolution inique a renversé. Pendant que Fred dort, Maguette explique à Sandrine que les savates du bon dieu ce sont les prolétaires comme eux qui travaillent dur sans jamais rien gagner seulement faire le bien et la vertu que la croyance en dieu qui, peut-être ne sera pas là le jour du rendez-vous.

Fred part chercher des renseignements au sujet d'Elodie auprès de ses deux potes Miguel et Marouf dans une boite souterraine. Il est repéré par la police qui le suit jusqu'au lycée. Réfugiés dans la dernière salle de classe, Fred et Elodie sont sur le point d'être arrêtés quand surgit Maguette qui s'est fait passer pour un inspecteur général de l'éducation nationale. Il interrompt le cours chahuté de la professeur de français et fait chanter aux enfants "je ne suis plus un bébé " jusqu'à déclencher une vague de liberté qui emporte tous les lycéens... ainsi que lui, Sandrine et Fred qui s'enfuient vers le Lubéron où, selon Miguel et Marouf, Elodie a été emportée par un riche inconnu.

Sur les conseils de Maguette, ils commettent des hold-up qui leur permettent de vive princièrement dans une luxueuse villa où Fred apprend à lire sous la conduite de Sandrine. Celle-ci essaie de lui faire oublier Elodie en le faisant draguer par une joie blonde mais Fred préfère finalement faire l'amour avec Sandrine. Bien qu'il sache maintenant lire, bien qu'il envoie régulièrement le produit de leurs larcins aux amis de Saint-Etienne, Fred n'arrive pas à oublier Elodie. Revenu faire visiter sa cité de Saint-Etienne à Maguette, ils reprennent contact avec Miguel et Morouf. Ceux-ci, ayant pris goût au luxe par l'argent qu'il leur a envoyé, ont "doublé" trois dangereux gangsters. Ceux-ci en suivant Fred abat les deux amis de Fred qui, aidé de Sandrine et Maguette les abat à son tour en légitime défense. Repérés par la police, ils vont être arrêtés quand ils sont caillassé par la cité en révolte.

Les savates du bon Dieu, ce sont les laissés-pour-compte, les condamnés au malheur et autres prolétaires résignés auxquels Jean-Claude Brisseau s'intéresse depuis toujours.

L'ouverture vers les mondes originaires passe cette fois par l'amour, mis en scène dès les premiers plans où le jeune mari d'Elodie mari dit, off, son exaltation de savoir son travail terminé : "Je cours vers elle, je cours vers elle" et où cet amour lumineux comme les plans qui l'incarne est scandé par de brefs plans noirs et magnifiée par la musique.

Après la disparition d'Elodie pour Fred, la nature sera d'une beauté artificielle aux couleurs frelatées. D'ailleurs comme le dit Maguette, la région est bourrée de gens riches, des artistes, des gens de cinéma, des socialistes
Les riches y habitent des maisons musées


La littérature ou plutôt l'éducation littéraire tiennent ici une grande place. C'est la lettre de rupture avec les fautes corrigées, la leçon de français et "je ne suis pas un bébé", les poèmes de Prevert :


Me penchant vers toi
Reine des adorées
Je croyais respirer le parfum de ton sang..
( Le balcon, Baudelaire)

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire...
(Cet amour dans Paroles de Prévert)


Le poème de Prévert sert d'embrayeur lyrique pendant que se déploie la musique et des flashs sur des scènes de hold-up, de fuite, et du corps d'Elodie.

Au monde originaire auxquels appartiennent sans conteste Fred l'innocent, Elodie, princesse du capitalisme et Sandrine, amoureuse sans espoir, vient se joindre pour une fois chez Brisseau une figure lumineuse et légère, celle de Maguette sorte de, prince des mille et une nuit. Indiffèrent aux souffrances de l'amour : "Seul les pauvres ont des malheurs d'amoureux. Les rois ne sont pas abattus parce que leurs femmes ou leur maîtresse les ont abandonnés" ; sorte de Christ porte-parole d'une éducation libérée : "Mes petits enfants en vérité je vous le dis vous êtes libres allez répandre la bonne nouvelle partout. Faites désormais ce que bon vous semble."

 

Analyse du DVD

Editeur : Blaq out, mai 2008. Version française en Dolby Stéréo 2.0. Sous-titres en anglais.

DVD 1 : La vie comme ça. DVD 2 : Céline. DVD 3 : L'ange noir. DVD 4 : Les savates du bon dieu.
Suppléments : Documentaire "L'ange et la femme" (52 mn) et préfaces de Luc Moullet, Philippe Le Guay, Marie-Christine Questerbert et André S. Labarthe.

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Genre : Film noir
Avec : Stanislas Merhar (Fred), Raphaële Godin (Sandrine), Emile Abossolo M'bo (Maguette), Coralie Revel (Elodie), Paulette Dubost (La Grand-Mère), Philippe Caroit (Jacques), Christian Pernet (Le Garagiste), Romain R'Bibo (Miguel), Samir Fouzari (Marouf), Abder-Kader Dahou (Kamel), Albert Montias (Mangin). 1h47.
Les savates du bon Dieu
2000
Voir : photogrammes
dvd éditions Blaq out