Les dames du bois de Boulogne

1945

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Avec : Paul Bernard (Jean), Lucienne Bogaert (Mme. D Blanchette Brunoy), Maria Casares (Helène), Elina Labourdette (Agnès). 1h35.

Hélène, une jeune veuve, sent que l'amour de Jean son amant lui échappe : Pour vérifier ses soupçons elle feint elle-même de lui avouer son indifférence. Jean lui avoue alors qu'il ne tient plus à elle. Ils se quittent. Hélène ne songe plus qu'à se venger.

Elle s'arrange pour que Jean rencontre par hasard au bois de Boulogne une danseuse, Agnès fille de l'une de ses anciennes relations ruinées. Pour survivre et faire vivre sa mère, Agnès accepte de temps en temps les hommages des hommes. Hélène s'arrange pour favoriser des rencontres de plus en plus fréquentes.

Agnès manque de faire échouer le projet d'Hélène : elle donne à Jean une lettre où elle lui avoue le métier qu'elle a exercé. Mais Jean refuse de la lire. Agnès accepte d'épouser Jean qu'elle aime. A l'issue de la cérémonie, Hélène révèle la vérité à Jean : sa femme n'était qu'une fille perdue. Jean s'enfuit... puis pardonne à Agnès, entre-temps victime d'une crise cardiaque. Il lui demande de lutter contre la mort.

L'histoire est emprunté à un roman de Diderot fondé sur ce qu'avait d'intolérable, à l'époque, la mésalliance.

Le conte qu'en a tiré Bresson, admirablement dialogué par Cocteau ("Il n'y a pas d'amour Hélène. Il n'y a que des peuves d'amour". "Je voulais vous mettre en garde. Moi, je ne vous aime que de tout mon coeur"), a quelque chose d'intemporel, ou si l'on préfère, valeur d'éternité. Agnès, coiffée d'un haut de forme, les jambes gainées de noir et le costume de scène brillant de paillettes est l'essence de la sensualité offerte. C'est l'image sublimée de la prostitution haut de gamme. De même le personnage de Maria Casarès évoque moins une femme délaissée qui, par dépit, cherche à se venger que le principe de la vengeance, presque la déesse de la vengeance.