De bruit et de fureur Jean-Claude Brisseau, 1988)
L’esquive (Abdellatif Kechiche, 2003)

Deux ou trois choses que je sais d'elle (Jean-Luc Godard, 1967) et Elle court, elle court la banlieue (Gérard Pires, 1973) précèdent les films de ghettos américains, notamment Do the right thing (Spike Lee, 1988), filmé à Brooklyn, ou Boyz’n the Hood (John Singleton, 1991), qui se déroule dans le quartier de South Central à Los Angeles.

De bruit et de fureur (Jean-Claude Brisseau, 1988) suit un jeune adolescent, Bruno, qui, qui s’installe dans la cité des Guillands à Montreuil et fait face à l'échec scolaire, la violence familiale, et trafics de drogue à Bagnolet, commune de la Seine Saint Denis

Avril 1993 : le décès du jeune Makomé M'Bowolé, abattu par un agent de police, secoue la France. Les rapports entre la jeunesse et les forces de l'ordre font alors l'objet d'un vif débat amplifié par les affrontements qui ont suivi la tragédie. Avec La haine (Mathieu Kassovitz, 1995) fait entrer le genre dans une nouvelle dimension. L’écho médiatique, la présentation du film à Cannes puis la sortie et le succès (plus de 2 millions d’entrées) sont énormes. La stylisation extrême de l’image en noir et blanc, la dégaine du trio black-blanc-beur des personnages principaux et surtout leur tchatche inédite dans le cinéma français (ici on «transpire sa race» et on «nique sa mère» à flux tendu) pose le film en véritable pierre angulaire du genre, voué à être imité, copié, ou critiqué par ses successeurs. Le climat d’émeute et la forte polarisation urbaine entre habitants de Paris intramuros (les bourges, en gros) et les crevards de la zone, en l'occurence ceux de Chanteloup-les-Vignes dans les Yvelines fonctionnent à plein régime, y compris pour alimenter la machine à clichés.

Dans une cité de la ville de Meaux, dans le département de la Seine-et-Marne, au cours d'une soirée hip-hop, très attendue par les jeunes d'un quartier, une fusillade éclate. La police intervient, un policier tire. Un mort. Les jeunes du quartier, désorientés, se révoltent. Avec Ma 6-T va crack-er (Jean-Francois Richet, 1997) il est déjà reproché au réalisateur une exaltation de la violence et un appel à la révolte sociale, renforcé par une bande-son révolutionnaire, avec les partitions de 2 Bal et 2 Neg, Krs-One, Assassin..

Petits frères (Jacques Doillon, 1999) se déroule à Pantin.

Les films de banlieue peuvent aussi êre racoleurs ainsi de Yamakasi (Ariel Zeitoun, 2001). Luc Besson, producteur, a toujours su qu’une bonne partie de son public se trouve dans les quartiers populaires des différentes banlieues de France. Se vivant comme un indépendant antisystème, il a su fabriquer du cinéma populaire jeune avec la franchise Taxi ou encore ce Yamakasi qui profite des prouesses acrobatiques d’athlètes de rue repérés à la télévision. Le film est par ailleurs assez révoltant dans son fond démago, puisqu’en dépit de toute vraisemblance sur le système médical français, on y voit les yamakasi, «samouraï des temps modernes», se démener pour rassembler les 400 000 francs que coûte à l’époque un cœur qu’il faudrait transplanter à un gamin victime d’une chute d’arbre. Les banlieusards sont évidemment pauvres et sympas, tandis que les chirurgiens sont des salauds assoiffés de fric. Même désinvolture avec Banlieue 13 (Pierre Morel, 2004). Les "Cités Ghettos" de Paris 2013 sont devenues des zones de non droit absolue, terrain de jeu urbain idéal pour les gangs

Dans Wesh Wesh, qu'est-ce qui se passe ? (Rabah Ameur-Zaïmeche, 2002) l Kamel est de retour dans sa cité des Bosquets, en Seine-Saint-Denis après avoir purgé une double peine de prison. Il tente, avec le soutien de sa famille, de se réinsérer dans le monde du travail. Mais il devient le témoin impuissant de la fracture sociale de son quartier.

Les personnages de L’esquive (Abdellatif Kechiche, 2003), des élèves d’une cité HLM du quartier de Franc-Moisin à Saint-Denis, s'apprivoisent dans les répétitions d’une pièce de Marivaux (le Jeu de l’amour et du hasard)

Dans une cité de l’agglomération lilloise, Ali, Nasser et Hamza, la vingtaine, rencontrent Djamel, leur aîné de dix ans, qui peu à peu les endoctrine au point de les transformer en terroristes islamistes prêts à se faire exploser. C'est La Désintégration (Philippe Faucon>, 2001)

Dheepan (Jacques Audiard, 2015) installé légalement en France, trouve une place de gardien au Près, cité sensible de Poissy.

La banlieue au cinéma
       
Swagger Olivier Babinet France 2016
Divines Houda Benyamina France 2016
Dheepan Jacques Audiard France 2015
Bande de filles Céline Sciamma France 2011
La désintégration Philippe Faucon France 2011
93 la belle rebelle Jean-Pierre Thorn France 2010
Hadewijch Bruno Dumont France 2009
Banlieue 13 Pierre Morel France 2004
L’esquive Abdellatif Kechiche France 2003
Wesh Wesh, qu'est-ce qui se passe ? Rabah Ameur-Zaïmeche France 2002
Petits frères Jacques Doillon France 1999
Ma 6-T va crack-er Jean-Francois Richet France 1997
La haine Mathieu Kassovitz France 1995
De bruit et de fureur Jean-Claude Brisseau France 1988
Question d'identité Denis Gheerbrant France 1986
Elle court, elle court la banlieue Gérard Pirès France 1973
Deux ou trois choses que je sais d'elle Jean-Luc Godard France 1967