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Dans les années 60 et 70 des centaines de milliers de Chinois furent déplacés des grandes villes, comme Shanghai ou Pékin, vers des campagnes perdues, avec les usines dans lesquelles ils travaillaient. Ils devaient former des gens là-bas puis revenir dans leur mégalopole. Le problème c’est qu’aucun n’y parvient. Il semble que les familles déracinées soient condamnées à y rester ad vitam.
Expatriés de Shanghai perdus dans la province de Guizhou au tout début des années 80, la famille Wu. Quihong est la fille d’un ouvrier. Adolescente timide et soumise elle subit la pression du sentiment de ratage qui habite ses parents : floués, trompés, ils ne supportent plus de vivre dans cette région reculée. Par peur qu’elle ne croupisse ici comme eux, le père lui interdit toute liberté la forçant à travailler dur à l’école pour qu’elle aille à la faculté, à Shanghai.
Ne pouvant plus sortir, elle sombre peu à peu dans le desespoir et donne rendez-vous in extremis à son petit ami. Desespéré du départ de celle qu'il aime, celui-ci la viole. le père porte plainte, ils era exécuté le jour du départ de la famille Wu pour Shahai un jour de pluie.
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Le film fait bien ressortir la position dans laquelle se trouve la jeune fille : coincée, acculée, puis meurtie elel est condamnée au suicide ou à la fuite
Ppour autant le metteur en scène n’accable pas le père : sa dureté excessive est le fruit de son échec personnel et se faisant il croit protéger (et il la protège effectivement) sa fille d’une grossesse accidentelle qui la clouerait eternellement dans ce sinistre lieu.
Parallèlement à ces constats guère réjouissants, le film s’aère sur quelques scènes assez amusantes : la description des ados, leur aspect vestimentaire, leurs loisirs…mais le sourire est amer, car derrière ces détails légers plane le vide, l’absence de perspective, le poids d’une dictature pas seulement politique mais aussi traditionnelle. Etouffés par l’omniprésence des traditions, pour certaines vraiment liberticides et réactionnaires, ces jeunes n’ont qu’un espace extrêmement réduit pour tenter de s’épanouir.
Wang filme son histoire avec beaucoup de simplicité et d’humilité, il laisse à ses personnages des chances en leur donnant la complexité nécessaire à en faire autre chose que des pantins écrasés par un déterminisme absolu.
Jean-Sébastien Leclercq le 20/08/2006
(Qing hong). Avec :
Yuanyuan Gao (Qinghong),
Bin Li (Xiao Gen Er). 2h03.
